Varsovie

REFORME DES TRIBUNAUX - L'après veto présidentiel

La presse polonaise se concentrait hier sur les déclarations de Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne portant sur les réformes de la justice en Pologne.

Certes, « des choses ont changé en Pologne depuis [le début des débats] » a admis M. Timmermans, en faisant référence au veto du président Duda sur deux des projets de lois menaçant l’indépendance de la justice « mais les préoccupations de l’exécutif européen sont loin d’être éteintes » a-t-il souligné. Ainsi, la Commission a donné un mois à la Pologne pour répondre à une nouvelle « recommandation » contre les risques pesant sur l’Etat de droit en Pologne. M.Timmerlans a par ailleurs annoncé que la CE allait déclencher une procédure d'infraction contre Varsovie dès la publication officielle de la nouvelle loi sur l'organisation des tribunaux de droit commun, laquelle n’a pas été bloquée par le président. Concernant en particulier la réforme de la Cour suprême, il a demandé « aux autorités polonaises de ne prendre aucune mesure pour révoquer ou mettre à la retraite forcée les juges de la Cour suprême ». « Si une telle mesure est prise, la Commission est prête à déclencher immédiatement la procédure de l'article 7 » a t-il averti.

Les autorités polonaises ont réagi immédiatement. Rafal Bochenek, porte-parole du gouvernement a déclaré que la Pologne « n’acceptera aucun chantage de la part des fonctionnaires de l’UE, notamment si ce chantage n’est pas fondé sur des faits concrets puisque toutes les propositions de loi préparées par le parlement polonais respectent la Constitution polonaise et les règles démocratiques ». Le ministre de la Justice, Zbigniew Zioro, a réclamé quant à lui appelé M. Timmermans « à cesser de parler avec une telle insolence et arrogance de la Pologne et des Polonais. Ceux-ci attendent et exigent catégoriquement d’être respectés. »

Les commentaires des journaux ont été plus mitigés. Gazeta Wyborcza se félicite de la détermination de la Commission à aller jusqu’au bout de ses engagements et prévoit que la Pologne sera dans quelques temps saisie par la Cour de Justice de l’UE. Dziennik Gazeta Prawna explique « que Bruxelles lance un avertissement mais sur un ton plus doux » car finalement aucune mesure annoncée la semaine dernière n’a été déclenchée. Le quotidien catholique Nasz Dziennik ne croit pas aux menaces de Bruxelles en précisant, à partir des propos d’un député du parti Kukiz’15, M. Piotr Appel, que « le chemin pour déclencher les sanctions est long et à vrai dire irréalisable ». Pour lui, l’acte de Bruxelles est politique et pourra être contesté par la Pologne devant la CJUE. Enfin, le chroniqueur de Rzeczpospolita a comparé le vice-président de la CE « à un éléphant dans un magasin de porcelaine » déplorant son manque de sensibilité et de doigté à l’égard de la Pologne. Selon lui, l’ultimatum d’un mois posé par la CE est irréalisable étant donné qu’aucune décision ne risque d’être prise en Pologne au mois d’août. Le journaliste souligne que les propos de Timmermans ne sont plus d’actualité après le double veto présidentiel et qu’il faudrait donner davantage de temps à la Pologne pour répondre aux recommandations de la CE. Ce genre d’intervention nuit à l’image de Bruxelles en Pologne remarque le journaliste ce qui, selon lui, pousse progressivement la Pologne à envisager le scénario de sortie de l’UE. 

La Rédaction (lepetitjournal.com/Varsovie) - Vendredi 28 juillet 2017

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ACCUEIL RÉFUGIÉS - Sanctions à l'horizon pour la Pologne

La Commission européenne est passée mercredi 26 juillet à la deuxième étape de la procédure d’infraction ouverte en juin dernier contre la Pologne, la Hongrie et la République tchèque pour leur refus d’accueillir des réfugiés conformément à la décision du Conseil européen de 2015. Bruxelles envoie à ces trois Etats membres « des avis motivés » et leur donne un mois pour répondre. Si Varsovie, Budapest et Prague ne s’y conforment pas, la Commission européenne pourra saisir la Cour de justice de l’Union européenne à Luxembourg. Cette procédure peut déboucher sur des sanctions pour ces trois pays.

Source:Gazeta Wyborcza - 27 juillet

La Rédaction (lepetitjournal.com/Varsovie) - Vendredi 28 juillet 2017

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DUDA / PARTI PiS - Quelles relations au lendemain du veto?

Tous les journaux polonais évoquaient hier un certain apaisement politique après le double veto présidentiel, mais aussi les scénarios possibles pour la réforme. D’autres encore spéculent sur les relations entre le Président Duda et Jaroslaw Kaczynski, chef du parti Droit et Justice. 

Selon Rzeczpospolita, le double veto du Président Duda a provoqué une sérieuse fissure dans le  tandem Duda-Kaczynski et un fossé se creuserait au sein même de la droite entre l’aile radicale et l’aile modérée. Selon le journal, l’opposition, qui reste faible, demeure  centrée sur une politique anti-PiS. Il se réjouit du fait que les manifestations spontanées des opposants à la réforme de la justice aient dévoilé un potentiel politique important qui pourrait être à la base d’une nouvelle formation politique.

Rzeczpospolita publie une interview intéressante de l’ancien leader du parti Droit et Justice, Ludwik Dorn, surnommé autrefois ‘le troisième jumeau’ de la fratrie des Kaczynski, sur les relations entre le Président et le chef du PiS. Il pense que le Président s’est émancipé et révolté car il a été à plusieurs reprises et de façon ostentatoire humilié et contourné le PiS. Ludwik Dorn se montre très pessimiste quant à l’avenir des relations du tandem président-dirigeant du parti, car selon lui, le PiS ne reconnaîtra jamais que le Président peut prendre des décisions en toute indépendance. Certes, il indique que le Président a un fort atout, le veto, mais au Parlement c’est le PiS qui est en force. Il prévoit qu’à l’automne le projet de loi du président sera amendé par le PiS, et par conséquent que le Président sera contraint soit d’accepter les principes qu’il aura auparavant rejetés, soit de rejeter « son projet » avec les amendements du PiS. Selon Ludwik Dorn, il n’y aura aucune entente possible entre les deux camps car telle est la logique du conflit de Kaczynski. Plus loin, la correspondante du journal à Bruxelles, qui attend les décisions de la Commission européenne sur l’Etat de droit en Pologne, note que le Président s’est acheté un sursis mais que l’opinion sur le respect des droits en Pologne reste de toute façon négative.

Gazeta Wyborcza parle d’une vraie guerre entre le Palais présidentiel et le PiS et prévoit que le PiS « isolera » le Président. « L’ambiance est comme suite à une trahison, le Président a perdu notre soutien au Parlement, il s’est émancipé mais il n’a aucun soutien politique. Cette décision ne lui a apporté aucune voix, au contraire il en a perdu beaucoup », explique un militant du PiS anonyme.  

Enfin, Nasz Dziennik (Une) fait savoir que selon l’Institut de la Mémoire nationale (IPN), 700 juges de l’époque communiste travaillent toujours au sein de la juridiction polonaise. Le journal cite les noms de deux juges de la Cour suprême qui ont condamné dans les années 1980 des membres de Solidarność. D’après l’IPN, il n’y pas eu de lustration effective de la juridiction polonaise après 1989. À la Une, Nasz Dziennik publie également un entretien avec Leszek Żebrowski, historien, ancien membre de Solidarność, qui prévient que les juges de l’époque communiste et leurs disciples influencent l’actuel régime de droit commun et pourraient faire passer en Pologne des lois sur les mœurs pareilles à celles adoptées à l’Occident, par exemple sur les mariages homosexuels et l’adoption par les parents de même sexe. « Ce sont les tribunaux qui ont donné le feu vert à ces changements aux pays de l’Ouest », fustige-t-il.

 

La Rédaction (lepetitjournal.com/Varsovie) - Jeudi 27 juillet 2017

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MOSCOU/VARSOVIE - Tensions

En réaction à la loi sur l’interdiction de propager le communisme ou tout autre régime totalitaire adoptée récemment par la Pologne, la Chambre haute du Parlement russe a demandé à Vladimir Poutine de geler la coopération avec Varsovie, voire d’instaurer des sanctions. En vertu de cette loi, des monuments soviétiques ainsi que des noms de rues liés au communisme doivent être supprimés de l’espace public polonais. Moscou accuse Varsovie de violer un accord de 1994 sur la protection mutuelle des lieux mémoriels. Le Parlement russe a demandé aux instances européennes d’intervenir sur cette question il y a une semaine et veut saisir prochainement le Conseil de sécurité de l’ONU. Les sénateurs russes veulent interdire l’accès au territoire russe aux parlementaires polonais ayant soutenu cette loi et instaurer un embargo sur les produits provenant de Pologne.

Source: Rzeczpospolita - 26 juillet 

 

La Rédaction (lepetitjournal.com/Varsovie) - Jeudi 27 juillet 2017

 

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EMMANUEL MACRON - Vu de Pologne

Rzeczpospolita du 26 juillet fait savoir que la cote de confiance du Président de la République chute à 54% en juillet suite aux récentes coupes des dépenses sociales. La réduction du budget des armées et la démission du chef d’état-major des armées sont également perçus de manière négative selon Rzeczpospolita. Le journal précise que les Français attendent du Président des réformes efficaces qui permettraient en premier lieu de réduire le chômage. La moralisation de la vie politique annoncée en campagne électorale n’est réussie qu’à moitié à cause de l’affaire des emplois fictifs du MoDem au Parlement européen. Le plus grand succès du Président Macron serait le renouveau de l’image de la Présidence française sur la scène internationale.

La Rédaction (lepetitjournal.com/Varsovie) - Jeudi 27 juillet 2017

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REFORMES DE LA JUSTICE - Le veto du président Duda

Tous les journaux de ces trois derniers jours s’interrogeaient sur la décision du Président qui joue ici son avenir pour son image de président élu et de futur candidat aux présidentielles en 2020. Lors d’une intervention devant la presse hier matin, Andrzej Duda a annoncé son intention de poser un double veto aux lois controversées sur la Cour suprême et sur le statut du Conseil national de la magistrature. Pour justifier sa décision, il a indiqué qu’« il n’y a pas en Pologne de coutume où le procureur général [et ministre de la justice] peut s’ingérer dans le travail de la Cour Suprême » et que « la réforme n’accroît ni le sentiment de sécurité, ni celui de justice ». Il a ajouté qu’il comptait s’entourer de collaborateurs et d’experts pour élaborer deux projets de lois qui seront présentés à la Diète dans un délai de deux mois. Pour finir, le Président a lancé un appel au calme et à la modération de la majorité parlementaire et des hommes politiques de l’opposition. « Lorsqu’un pays connaît des tensions, une guerre politique, il ne peut pas se développer comme un pays où le climat est apaisé ». 

Cette décision du président Duda sonne comme un acte d'indépendance vis à vis du PiS et surtout vient compliquer les projets de la majorité, qui tenait absolument à adopter cette réforme avant la pause estivale.

Voir notre article: COUR SUPRÊME - Le Sénat vote la loi 

La Rédaction (lepetitjournal.com/Varsovie) - Mardi 25 juillet 2017

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MEDIAS INDEPENDANTS - Le prochain chantier du PiS?

Selon Gazeta Wyborcza du 24 juillet, le gouvernement PiS pourrait bientôt s’en prendre aux médias indépendants. Le journal suggère qu’après s’être approprié le Conseil national audiovisuel (KRRiT et la juridiction), le PiS pourrait commencer à reprendre les concessions aux médias qui émettent des émissions « contraires à la raison d’Etat, immorales ou contraires à la culture nationale ». Le Conseil national audiovisuel (KRRiT) a la possibilité de reprendre la concession dans ces trois cas. Le média en question pourrait alors recourir à un tribunal. Mais le journal prévient qu’à partir du moment où le parti Droit et Justice aura nommé « ses présidents » dans les tribunaux, il est fort probable que les décisions du KRRiT soient maintenues. 

La Rédaction (lepetitjournal.com/Varsovie) - Mardi 25 juillet 2017

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