Édition internationale

TEMOIGNAGE - Se former pour devenir guide de musée

Écrit par Lepetitjournal Singapour
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 20 novembre 2012

 

Singapour fourmille d'opportunités pour qui veut joindre l'utile à l'agréable, participer à une activité utile socialement, prendre du plaisir et acquérir de vraies compétences. Laurence qui a suivi le programme de l'association Friends of the Museum, nous fait partager son expérience

L'association Friends of the Museum (FOM) forme des guides bénévoles. Elle permet ainsi aux quatre grands musées de Singapour, le Musée National, Le Musée des Arts et Civilisations Asiatiques, le Singapore Art Museum et le Musée Peranakan, de proposer à leurs visiteurs des parcours guidés de qualité. En contrepartie, elle offre aux intéressés un parcours de formation riche et bien construit, et l'opportunité de pratiquer en animant régulièrement des visites guidées du musée de son choix. Laurence est arrivée en 2010 à Singapour, Diplômée de Sciences Po et Professeur d'histoire-géographie, elle a interrompu son activité pendant cette expatriation, avec l'envie de continuer d'être active, en exerçant une activité qui lui fasse découvrir autre chose et qui soit en phase avec le pays.

LePetitjournal.com : Quelles étaient vos motivations pour ce programme du FOM ?
Laurence - J'avais tout d'abord envie de connaître le lieu où je vis, d'apprendre des choses qui rendent mieux lisibles le "Singapour" d'aujourd'hui. Personnellement, j'ai choisi de devenir guide pour le Musée National parce que c'est celui qui correspondait le mieux à ma personnalité et à ce que je recherchais. Le Musée National se compose d'une galerie historique et de salles permanentes consacrées à ce qu'aiment les Singapouriens : la nourriture, la mode,? C'est une manière d'approcher Singapour par l'Histoire mais aussi par toutes les petites histoires.

Les petites histoires ?
Oui, les histoires telles qu'elles sont rapportées par les personnes qui les ont vécues. Ce qui est d'ailleurs intéressant, c'est de voir comment Singapour met en scène ces histoires avec la volonté de construire une identité ; avec le souci d'entretenir tolérance et diversité et de maintenir un strict équilibre entre les communautés.

Comment se déroule la formation ?


Très progressivement. Tout le principe de la formation est de préparer les personnes à réaliser finalement des visites guidées d'1h15. Cela se fait pas à pas, en rédigeant progressivement son commentaire de visite et en faisant des simulations de visite guidée, d'abord d'une partie du Musée, puis d'une autre,? jusqu'à assembler chacune de ses parties pour réaliser une visite complète. Tous les mardis matin, les stagiaires assistent à des conférences, animées par des professeurs d'universités, des représentants d'Institutions telles que le Ministère de l'Education, ou des témoins de l'histoire de Singapour, à l'instar de ce Singapourien, d'origine indienne, venu témoigner sur l'activité de son grand père immigé et travaillant à Singapour, au début du XXème siècle comme chettiar*. Ils réalisent aussi, en groupe, de nombreux exercices qui permettent de s'entraîner à raconter des histoires qui captent l'attention, à faire des transitions,?

Quel est le contenu de ces conférences ?
L'enseignement comporte un tronc commun où l'on aborde des thématiques aussi diverses que les grandes religions, la calligraphie ou la symbolique chinoise. Il est soutenu par une documentation très bien faite et par de nombreux témoignages dans chaque musée.

Est-ce très prenant ?
Non pas tant que cela. C'est exigeant parce que l'on s'engage à participer à toutes les conférences et qu'il faut faire de nombreuses lectures. Mais celles-ci se font au fil de l'eau. Il faut aussi rédiger son propre commentaire de visite. Pour certains qui ont plus de mal à écrire, cela peut prendre un peu plus de temps.

Quelle est l'ambiance ?
L'ambiance générale est extrêmement sympathique. Les participants sont de toutes nationalités. Dans leur majorité ce sont des femmes, mais il y a aussi quelques hommes.

Quelles impressions retenez-vous de cette expérience ?
C'est vraiment un outil de développement personnel. Ce que j'ai trouvé formidable avec cette formation, c'est qu'elle donne confiance. Parler en public, qui plus est en anglais, n'a rien d'évident. Il faut trouver le moyen de sélectionner l'information pour ne garder que l'essentiel et faire une présentation intéressante. Il faut être capable de s'adapter à des publics très variés. Mais la progression est bien construite et l'on avance sans stress particulier. A l'arrivée, c'est quand même formidable de se retrouver, par exemple lors d'une exposition comme celle des collections du Musée d'Orsay, en situation de commenter un tableau de Van Gogh auprès d'un groupe de visiteurs singapouriens.

Des conseils pour nos lecteurs/lectrices ?
Pour celles et ceux qui arrivent à Singapour en septembre, il est probablement trop tard pour s'inscrire à la formation cette année. C'est plutôt à envisager pour la rentrée suivante, ce qui n'est peut-être pas une mauvaise chose, car cela donne une année pleine pour s'installer et, le cas échéant, améliorer sa pratique de l'anglais, tout en participant dans un premier temps aux activités du FOM dans le cadre des cycles de conférences publiques que l'association organise.

Propos recueillis par Bertrand Fouquoire (www.lepetitjournal.com-Singapour) mardi 28 août 2012

* Illustration : « from chettiars to financiers », une ?uvre de 2002 du sculpteur Chern Lian Shan.


logofbsingapour
Publié le 28 août 2012, mis à jour le 20 novembre 2012
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.