Cambodge

MONDULKIRI - "L'idée de Nomad RSI, c'est d'être une ONG qui appartienne aux communautés"

Créée en 1997 au Cambodge, l'association Nomad Recherche et Soutien International (Nomad RSI) est une ONG qui promeut la diversité thérapeutique et la protection de l'environnement. Un temps investie dans la lutte contre le paludisme au Cambodge, l'ONG se diversifie sans cesse.



C'est après avoir fait sa thèse sur les plantes médicinales utilisées par les Bunong du Mondulkiri contre les fièvres, que Laurent Pordié décide de créer Nomad RSI en 1997. Cet anthropologue et pharmacien veut combiner recherche et développement au sein d'une même ONG. L'idée est de mettre en place des projets concrets en s'appuyant sur le travail de chercheurs spécialisés en sciences sociales et de l'environnement afin d'appréhender au mieux le contexte local. Le premier projet mis en place consiste à sensibiliser les habitants du Mondulkiri au paludisme grâce au théâtre. De 2005 à 2010, l'ONG reçoit des financements de la part du Fonds mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Un soutien qui permet d'agrandir les équipes et les zones d'intervention. Au final, tous les villages de la région ont été concernés par cette action. « Il y a eu un temps de réflexion à la fin du financement du Fonds mondial car on était très spécialisés dans le paludisme. On était « l'ONG des moustiques » alors qu'on a plus de dix ans d'expertise et de recherches sur toutes la province du Mondolkiri », explique Nicolas Savajol, directeur technique chez Nomad RSI.

« Partager les connaissances, avec leurs mots »

La volonté de préserver les plantes médicinales utilisées par les médecins traditionnels Bunong amène l'équipe de Nomad RSI à mettre en place d'autres projets. Ainsi, grâce à un financement du fonds français pour l'environnement mondial, il a été possible de collecter les plantes médicinales, de les identifier et de répertorier les savoirs médicaux traditionnels. Aujourd'hui, ces recherches sont visibles au Centre de ressources et de documentation, avec les autres travaux de recherche concernant les minorités ethniques du Mondulkiri. Situé dans la rue principale de Sen Monorom, ce centre est une première dans la région. Entre temps, l'ONG met en place une formation de base de santé pour les villageois motivés, dans des endroits où il n'y a aucune structure médicale. Ils sont désormais capables de faire un premier diagnostique et d'orienter les malades vers la structure de santé la plus adaptée à leur pathologie. Une formation sur la santé maternelle et infantile leur est également proposée dès 2010. « Le paludisme a diminué dans la région mais les femmes ont peu accès aux soins pendant leur grossesse », souligne Nicolas Savajol avant d'ajouter : « On leur propose une formation, notamment sur les dangers de la maternité, la nutrition et le développement cognitif des enfants. Ensuite, nous les encourageons à partager les informations et connaissances qu'on leur a transmises, avec leurs mots et leur propre modèle de transmission. On imagine que ça a plus de portée ». C'est grâce aux recherches de Brigitte Nikles, une anthropologue qui a travaillé sur le rôle des accoucheuses traditionnelles, ainsi qu'au soutien de la région Midi-Pyrénées et d'une fondation à Hong-Kong, que ce projet a pu voir le jour.

« Mettre en place un modèle d'économie sociale et solidaire »

Les villageois regroupés en onze groupes d'entraides ont également reçu une subvention pour faire du micro-crédit. « La plupart du temps, ce sont des projets individuels d'activité économique mais il y a aussi des projets collectifs comme du tourisme, des jardins collectifs... », énumère Nicolas Savajol. Pour que les groupes d'entraides soient à la base des projets, des représentants locaux ont été élus lors d'une assemblée générale organisée en janvier. « L'idée, c'est d'être une ONG qui appartienne aux communautés même si Nomad RSI les aide à s'organiser, notamment pour trouver des financements ».

Ainsi est né Mipad (Mondulkiri Indegenious People Association for Developpment), l'association locale qui fédère l'ensemble des groupes et reprend maintenant le travail de Nomad RSI. Les groupes d'entraide travaillent autour de la gestion des ressources naturelles et la mise en place de l'écotourisme. Le but est de développer des micro-entreprises villageoises. Une entreprise de pousses de bambou et l'aménagement d'un site touristique aux abords d'une cascade sont en projets. Aujourd'hui, 14 personnes travaillent pour Nomad RSI au Cambodge mais dès juillet, les effectifs vont baisser car la plupart des employés vont devenir salariés de l'ONG locale Mipad. Comme l'explique Nicolas Savajol, « à terme, l'idée c'est de mettre en place un modèle d'économie sociale et solidaire pour que les groupes d'entraide se développent avec le moins de dépendance possible envers des bailleurs. Aujourd'hui, on est plus dans l'assistance mais l'idée, c'est que les membres cotisent en échange de ce service ».


Anaïs Amans -www.lepetitjournal.com/cambodge - mardi 17 juin 2014

 

 
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