Varsovie

BACCALAUREAT – Passer son bac à l’étranger, ça change quoi ?

Ça y est, le bac a commencé hier, mercredi 7 juin, pour les Terminales du Lycée Français de Varsovie - René Goscinny. Lepetitjournal.com/Varsovie est allé à la rencontre du proviseur adjoint, d’un professeur de philosophie et de quelques élèves du lycée pour en savoir plus sur les différences avec la France que présente le fait de passer les examens du baccalauréat à l’étranger. 

Alors qu’en France les Terminales ont encore près d’une semaine pour réviser les écrits, ceux du Lycée Français de Varsovie ont déjà commencé leur première épreuve de langue vivante (1), mercredi 7 juin et finiront le 14 juin prochain. Mais les différences ne s’arrêtent pas là. 

Une organisation internationale

« Cette année nous avons 35 élèves de notre lycée qui passent le bac, auquel s’ajoutent 25 candidats de lycées d’autres pays », nous a confié  Marc Renaud, proviseur adjoint et responsable de l'organisation du bac du Lycée Français de Varsovie - René Goscinny.

A cet égard, l’organisation du baccalauréat au lycée français de Varsovie peut s’avérer être un véritable casse-tête : « Varsovie est centre d’examen depuis environ 25 ans. A l’époque, les élèves devaient se rendre à Berlin pour passer leur bac. Désormais, Varsovie couvre une zone géographique importante, c’est-à-dire la zone Europe Occidentale qui comprend cinq centres d’examens majeurs : Moscou, Berlin, Munich, Vienne et le nôtre. Nous accueillons des élèves du lycée français de Vilnius, de Kiev ou même  de Tbilissi en Géorgie et d’Erevan en Arménie, qui viennent passer leur bac dans notre lycée, ainsi que les épreuves anticipées en Première », nous explique Marc Renaud.

Se déplacer à Varsovie pour passer l’épreuve du baccalauréat, représente pour les élèves concernés une sacrée organisation, un certain coût, sans oublier une dose de stress supplémentaire et beaucoup d’énergie.  « Souvent l’un des enseignants accompagne les élèves durant toute la durée des épreuves. Forcément, c’est un coût car ils doivent loger dans des hôtels ou des auberges de jeunesse. Mais aussi pour certains, ça peut être un facteur de stress supplémentaire pour prendre l’avion en cas de retard ou d’annulation ou pour se retrouver dans un environnement qui ne leur est pas familier. Sans oublier la densité de l’épreuve. Pour des raisons pratiques, nous organisons à la fois l’oral et l’écrit dans la même semaine, alors qu’en temps normal, ces épreuves s’étalent sur deux semaines ». 

Une correction numérisée

En 2016, le dispositif de dématérialisation de la correction des copies du baccalauréat a été étendu à l’ensemble du réseau d’enseignement français à l’étranger. Ainsi, près de 136 000 copies ont été corrigées numériquement dans 110 pays centres d’examen.

Le principe est simple. Comme le mentionne l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) sur son site officiel, « les copies des candidats sont scannées dans les centres d’examen puis transférées via un système crypté vers un serveur sécurisé en France. Les académies partenaires attribuent tout de suite les lots de copies dématérialisées et anonymes aux professeurs qui disposent ainsi de plus de temps pour la correction proprement dite par rapport à la logistique et l’acheminement classiques. Grâce à la correction en ligne sur la plateforme Viatique, les enseignants ont également la possibilité d’échanger entre eux ainsi qu’avec des responsables pédagogiques sur des forums intégrés ».

Selon Marc Renaud, ce nouveau système facilite considérablement le bon déroulement des corrections des copies du bac entre les différents centres d’examen de la zone Europe Occidentale : « Nous sommes les derniers à bénéficier d’un tel système. En Asie, par exemple, ça existe depuis 2011. Il y a encore quelques années, nous devions envoyer les copies via DHL. Cela prenait beaucoup plus de temps et nous n’étions jamais à l’abri de perdre des copies ! Il nous est déjà arrivé, par exemple, d’avoir un paquet de copies bloquées à la frontière russe depuis Moscou... Cette dématérialisation des copies est une véritable sécurité, un gain de temps et d’argent et favorise une meilleure coordination entre les différents correcteurs ».

Cette nouvelle méthode s’avère être relativement efficace et avantageuse, même si pour certaines disciplines, travailler sur un support numérique semble plus contraignant. « Le logiciel est très simple à utiliser mais pour des matières comme la philosophie c’est plutôt fatiguant. Sachant que l’année dernière j’ai corrigé 60 copies dans un laps de temps très réduit », explique Yannis Bégard, professeur principal de la section ES et L et professeur de philosophie. 

Un timing serré

En France, traditionnellement, les épreuves écrites du bac commencent mi-juin, mais à l’étranger et plus particulièrement à Varsovie, elles débutent systématiquement au début de ce même mois dans un rythme soutenu pour les élèves comme pour les professeurs. « Le calendrier des examens n’est pas le même qu’en France. C’est la Commission nationale qui choisit nos dates. Les épreuves écrites et orales se passent souvent en une dizaine de jours. Cette année, elles doivent être corrigées pour le 19 juin. Quant à la délibération du jury, elle se fait deux jours après. Si les épreuves sont plus rapprochées et condensées qu’en France, c’est pour une question principalement d’organisation car en plus des élèves des autres pays, les membres du jury présélectionnés de chaque centre d’examen doivent également se déplacer », déclare le proviseur adjoint. 

Des élèves favorisés ? 

« Concernant le niveau de difficulté des épreuves, cela m’étonnerait que le bac à Pondichéry, par exemple, soit plus compliqué qu’en France », déclare Marc Renaud, le proviseur adjoint.

Ce dernier rappelle qu’il faut bien faire la distinction entre le baccalauréat qui est un examen national et donc commun à tous les lycées et les avantages qu’il peut y avoir d’être élève dans un lycée français pour son orientation future : « c’est la Commission nationale qui fixe les dates et les sujets. Il y a donc une stricte égalité entre la France et l’étranger en termes de niveau. Si vous passez votre bac à Strasbourg ou à Varsovie c’est la même chose. En revanche, faire son lycée à l’étranger est souvent plus avantageux. Votre niveau en langue étrangère est meilleur par exemple, ou certains lycées français à l’étranger peuvent avoir une très bonne réputation à l’échelle mondiale, ce qui facilite par conséquent l’accès à des études supérieures de renom ».

Effectivement, les élèves de Terminale du lycée de Varsovie reconnaissent que faire son lycée à l’étranger est une sacrée chance. « J’ai fait presque toute ma scolarité en France, je viens d’arriver en Pologne cette année et je vois clairement la différence. J’ai de meilleures notes ici car nous travaillons dans de meilleures conditions, avec un plus petit effectif et les professeurs sont vraiment de qualité et toujours à l’écoute », nous confie Jean –Baptiste, Terminale S.

De plus, les objectifs et ambitions des lycéens français à Varsovie sont bien différents. Comme nous l’expliquait Aspa, Terminale L, la plupart des élèves n’ont pas peur de rater leur bac mais de manquer la mention qu’ils souhaitent obtenir pour rentrer dans de bonnes écoles. C’est le cas de Jean-Baptiste qui espère avoir une mention « Très bien » pour aller dans une école d’ingénieur au Royaume-Uni. Le cas échéant, il retournera en France. Pour Aspa : « Les lycéens essaient de trouver les meilleures écoles et le plus souvent à l’étranger. Dans ma classe par exemple, tous repartent à l’étranger mais ceux qui veulent prépa préfèrent la France. Me concernant je vais faire une université aux Etats-Unis »

Les conseils du prof pour gérer son stress

Selon Yannis Bégard, professeur de philosophie, la clef de la réussite pour le baccalauréat c’est un travail assidu durant toute l’année scolaire : « l’entraînement régulier d’exercice pratiques qui sont fait en cours tout au long de l’année fait la différence. L’élève pourra ainsi partir plus confiant à l’épreuve le jour J. En tant qu’enseignant, nous faisons en sorte d’être à l’écoute de nos élèves au quotidien en insistant également sur les points à retravailler s’ils ne sont pas acquis. Ce n’est pas au dernier moment que le stress peut être correctement domestiqué, même s’il y aura toujours de l’appréhension car c’est un examen important dans une vie. Le mieux est d’adopter une bonne hygiène de vie tout en essayant de se vider l’esprit ! »

Eloïse Robert (lepetitjournal.com/Varsovie) - Jeudi 8 juin 2017

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