Tel-Aviv

PESSAH - Que signifie cette fête ?

Pessah (hébreu פֶּסַח ; latin : Pascha « Pâque ») est l’une des trois fêtes de pèlerinage du judaïsme prescrites par la Bible hébraïque (Torah), au cours de laquelle on célèbre l’Exode hors d’Égypte des Hébreux et le début de la saison de la moisson de l’orge qui inaugure le cycle agricole annuel. Explications en détails...

Elle commence le 14 du mois de Nissan (fin mars ou mi-avril) à la tombée de la nuit et dure huit jours (sept jours en terre d'Israël) dont seuls les premiers et les derniers sont totalement fériés. Elle aura lieu cette année du 10 avril au soir au 18 avril au soir.

Elle inaugure en outre la période du décompte de l’Omer au terme de laquelle est célébrée la fête de Chavouot*.

Sens du terme « Pessah »

Le terme Pessah (פסח) siginifie « sauter, passer par-dessus » en souvenir des dix plaies, et notamment celle de la mort des premiers nés, desquelles les Hébreux ont été épargnés face aux Egyptiens. On dit que D-ieu est passé « au dessus » de leurs maisons qui se distinguaient d’une marque rouge sur leurs linteaux (réalisée avec du sang d’agneau) : « Je reconnaîtrai ce sang et je passerai au-dessus de vous (hébreu: עֲלֵכֶם ופָסַחְתִּי oufassa'hti alekhem) ; le fléau n'aura pas prise sur vous ». Par extension, c’est pour être protégé de tout malheur que les maisons juives portent une mezouza (boitier contenant deux passages bibliques rédigés sur un petit parchemin) à droite de leurs portes d’entrée.

On appelle aussi cette fête :

            - « Fête des Azymes » (Hag Ha matsot / חג חגהמצות),

            - « Fête de notre liberté » ou « Le temps de notre liberté »  (Zman Khiroténou / זמן חירותנו , Hag Hakhirout / חג החירות)

           - « Fête de la germination de l’orge/du printemps » (Hag Ha Aviv /חג האביב).

Les traditions associées à Pessah

Particulièrement riche en rites et coutumes, la fête se distinguait originellement par l’offrande pascale (agneau) que les Juifs ne peuvent réaliser depuis la destruction du Temple (les Samaritains continuent à l’offrir sur le mont Garizim). Mais aussi :

 1. Le grand ménage  de « Pessah » (ou de Printemps )

...où le levain (hamets) doit être éliminé du foyer. Il s’agit de tout aliment ou produit qui provient ou dérive de la fermentation des cinq espèces céréalières (blé, orge, seigle, avoine, épeautre) par adjonction de ferments, réchauffement ou contact avec l’humidité ou l’eau et ayant levé plus de 18 minutes.  

Ce nettoyage débute généralement après la fête de Pourim (un mois avant), ce qui n’empêche pas une recherche minutieuse du hamets à la veille de la fête, soit le 13 Nissan au soir (cet engouement sera expliqué dans la littérature hassidique par la volonté de chasser le « hamets spirituel », c’est-à-dire le « mauvais penchant », au travers du matériel).

Le hamets doit être ensuite recherché dans toute la maison à la lueur d’une bougie, dès la tombée de la nuit qui précède la fête. Ce qui a été trouvé durant cette recherche doit être brûlé dans la matinée de la veille de Pessah. Les ustensiles de cuisine doivent également en être débarrassés, par ébouillantage ou chauffage à blanc ; tous les ustensiles ne pouvant subir de tels procédés, il est de coutume de posséder un service de vaisselle réservé à la semaine de Pessah. Alternativement, certains vendent leur hamets à un non-Juif, en prévoyant éventuellement de le racheter après la semaine de fête.

2. Les pratiques

Selon la loi rabbinique, ces pratiques comprennent :

     - l’interdiction de consommer, posséder, tirer profit ou voir du hamets  

     - l’obligation de manger des matzot  (pain azyme composé d’eau et de farine de blé, sans levure et confectionné en moins de 18 min) et du maror  (herbes amères symbolisant la vie dure menée par les Hébreux en esclavage en Egypte)

    

 

 

 

 

 

 

 

  

     - le Seder  (repas de fête avec un ordre de prières à respecter) avec

  • la lecture de la Haggada (livre racontant la vie des Hébreux au temps de Pharaon et la sortie d’Egypte), répondant ainsi aux quatre questions posées par les plus jeunes enfants (sous forme de chant : « Ma nichtana » ? » et contenant le récit des 10 plaies dont ont été affligés les Egyptiens

 

 

  • les quatre coupes de vins, symbolisant le repas de fête et la liberté suite à l'esclavage,

 

  • le plateau composé de harosset (pâte de dattes, noix et jus de raisin) rappelant le mortier que fabriquaient les Hébreux esclaves de Pharaon, des herbes amères (maror), de l’os (zroha) symbolisant le bras fort avec lequel D-ieu a fait sortir les Hébreux de l’esclavage en Egypte et d'un œuf symbolisant l'unité du peuple juif.

 

 

Si vous souhaitez voir l’histoire racontée dans la Haggada en 6 minutes, voici un synthèse bien faite en vidéo :



Le séder s’achève sur l'espérance de rester toujours libres et est marquée par la prononciation de la phrase « l’an prochain à Jérusalem ! »

-       le début du décompte de l’Omer*

 

3. Traditions culinaires 

Un repas de fête dont le menu varie selon les communautés est servi. Il est de coutume de consommer des plats à base d’agneau.

Pendant les huit jours de fête, c’est l’occasion pour beaucoup d’Israéliens de sortir en « tiyoul » (ballade) dans les parcs, à la mer, à la campagne et d’organiser des pique-niques !

Où manger casher pendant Pessah? Voir notre article : http://www.lepetitjournal.com/tel-aviv/a-voir-a-faire/gastronomie/276134-pessah-ou-manger-cacher-pendant-pessah 

 

*NDLR : L'Omer, qui signifie "gerbe", est une prescription biblique commandant de décompter chaque jour des sept semaines qui séparent le lendemain de Pessah de la fête de Chavouot (début juin). Le décompte de 49 jours était le temps où il était possible d’apporter une offrande de blé pour « la fête des prémices » (Chavouot) au Temple de Jérusalem. Chavouot fera l'objet d'un article le 1er juin prochain.

 

Sources et Crédit photos : Wikipédia, Orthodox Union, Univers Torah.

Virginie SABAG (www.lepetitjournal.com/tel-aviv) – vendredi 07 avril 2017

 

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