

Depuis plusieurs années, l'Edificio España hante, vide et fantomatique, le centre de Madrid. Emblème franquiste, chef d'?uvre architectural, le bâtiment fait aujourd'hui triste mine. Quel projet cachent donc les échafaudages ?
Un symbole de l'Espagne franquiste
L'Edificio España fait partie des immeubles emblématiques de la capitale espagnole, à l'instar de la Torre España ou de l'Edificio Metropolis. A ce titre, il est protégé par les autorités de la ville : les propriétaires des lieux ne peuvent en rien modifier la façade du bâtiment qui est classée. Inauguré en 1953 sous impulsion franquiste, le bâtiment avait été dessiné par les frères Joaquín et Julián Otamendi, et commandité par la compagnie immobilière Metropolitana. L'édifice comporte 28 étages pour une hauteur de 117 mètres, faisant de lui le huitième bâtiment le plus élevé de la capitale madrilène. Pour anecdote, l'immeuble ne possède pas moins de 32 ascenseurs.
De main en main
Avant d'entreprendre un lifting en profondeur, en cours depuis trois ans, l'immeuble a abrité divers locataires. Jusqu'en 2006, on pouvait y trouver l'hôtel de luxe Crowne Plaza mais aussi un centre commercial, des bureaux et des appartements privés. L'immeuble avait été cédé en 2005 par Metrovesca, poids lourd de l'immobilier espagnol, pour la somme de 277 millions d'euros, destinés à financer le rachat du Français Gecina. C'est la branche immobilière du groupe Santander qui s'est portée acheteuse.
Une rénovation qui tourne au ralenti
Le groupe Santander souhaitait alors redistribuer l'espace intérieur de l'immeuble pour mieux l'utiliser. On sait d'ores et déjà que l'immeuble devrait héberger des commerces au rez-de-chaussée, des appartements de luxe et des bureaux et que le Crowne Plaza devrait ré-ouvrir ses portes. La date de fin des travaux, annoncée au premier semestre 2010, n'est pas encore déterminée, et derrière la maille jaune qui cache la belle façade du gratte-ciel, le mystère plane. En 2008, El Mundo évoque la présence d'un fantôme, à l'étage 14. Les ouvriers parlaient alors d'ascenseurs dont les portes s'ouvraient et se fermaient à leur guise. Les travaux s'enlisaient. Une chose paraît certaine : au fil des ans, moult modifications illégales ont affectées les plans d'origines du bâtiment, compliquant sa réhabilitation.
Une communication opaque
En attente des autorisations nécessaires à l'habilitation mixte du bâtiment (hôtellerie et habitat de luxe), les responsables du projet laissaient entendre cet été, que ces dernières devaient pouvoir être obtenues sans entraves. En juin 2009, El Pais annonçait cependant que "le projet est en train d'être révisé et ne devrait pas voir le jour avant 24 mois". Il faudra donc certainement encore s'armer d'un peu de patience avant de pouvoir à nouveau profiter de cette imposante façade en escalier et des briques rouges qui font tout son charme.
François KOCH et Antoine TESSON (www.lepetitjournal.com - Madrid) jeudi 10 décembre 2009
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