

Des centaines de manifestants pro-cannabis se sont réunis vendredi dernier dans Hyde Park pour réclamer la dépénalisation de la consommation de cannabis. Le mouvement s'appelle 4:20 (prononcez four twenty) et existe depuis plus de 40 ans
(Crédit : Elisabeth Blanchet)
"Je pense que la consommation du cannabis devrait être décriminalisée, souligne Harry, 17 ans, en train d'allumer sa pipe à cannabis, ça couterait sans doute moins cher. Je pense vraiment qu'on devrait suivre l'exemple de l'Espagne", poursuit-il. C'est l'avis de tous les manifestants qui se sont retrouvés vendredi à l'occasion de ce 4:20, rendez-vous annuel qui vous l'aurez deviné a lieu le 20/04. Mais d'où vient donc cette appellation non contrôlée ?

4:20 ou la quête d'un plant de cannabis
Elle remonte à 1971 : un groupe d'adolescents américains californiens se réunissaient régulièrement après l'école à 4h20 pour partir à la quête d'un plant de cannabis. Ils n'ont jamais trouvé le plant en question mais 4:20 est devenu une sorte de nom de code pour tout rassemblement évoquant la fumette de pétards. Au fil du temps, les 4:20 ont même pris une tournure politique revendiquant la dépénalisation du cannabis tous les 20 avril.
Sur la pelouse de Hyde Park, on fume à gogo, à visage et hoodie découverts. La police a fait une petite apparition puis elle est vite repartie. "Ils voient bien que c'est un événement bon enfant et ils nous laissent faire", explique Jim, 37 ans, consommateur régulier de cannabis médical. "Si les autorités pouvaient déjà tolérer comme les Hollandais que l'on puisse se promener avec 7 grammes de cannabis dans la poche, ce serait un premier pas", poursuit Jim.
(Crédit : Elisabeth Blanchet)
Le débat national relancé
Du point de vue des autorités, la loi anti-consommation de cannabis est l'une des plus dures d'Europe et en 2007, le cannabis a même été reclassé de drogue de classe B en drogue de classe C. Un reclassement qui a suscité des remous et relancé l'an passé le débat de la dépénalisation, notamment amené sur les bancs du parlement par la Baronne Mannigham-Buller, ancienne responsable du MI5. Suivie par des personnalités comme Dame Judi Dench, Sir Richard Branson et des hauts responsables de la police, elle préconise la régularisation du cannabis.
Ainsi, selon elle, la société se concentrerait plus sur l'aspect santé de la consommation de cannabis plutôt que sur la criminalisation des consommateurs. À suivre...
Elisabeth Blanchet (www.lepetitjournal.com/londres) mercredi 25 avril 2012



















