Portraits

CHARLES-ÉDOUARD CATHERINE – Plongée au cœur de Surgeons of Hope

Expatrié à New-York en 2012, c’est aussi à ce moment là que Charles-Édouard perd la vue. Son mental d’acier et sa solide détermination ne l’empêcheront pas de devenir, à tout juste 25 ans, le directeur de Surgeons of Hope, une ONG spécialisée dans la chirurgie cardiaque pédiatrique dans les pays en voie de développement. C’est le lauréat du Trophée CFE Humanitaire et social.

Créée en 2001, Surgeons of Hope est une ONG américaine basée à New-York spécialisée dans la chirurgie cardiaque pédiatrique. Toutes les 30 secondes, à travers le monde, un enfant nait avec une malformation cardiaque. Des affections qui peuvent difficilement être traitées dans les pays en voie de développement. Surgeons of Hope vient en aide à ces populations, principalement en Amérique du Sud, en « formant avant tout des médecins ». L’objectif n’est pas « d’aller dans ces pays pour faire un maximum d’opérations et repartir, explique Charles-Edouard Catherine, le lauréat 2017 du Trophée CFE Humanitaire et social. On veut aller là-bas pour créer une capacité locale à traiter ces enfants. Ça passe bien sûr par des opérations, mais ce sont des opérations qu’on fait en tant que professeur, je dirais même plus en tant que consultant ».

L’organisation a par exemple construit un hôpital au Nicaragua il y a quelques années. L’équipe des volontaires de Surgeons of Hope y a entraîné aux interventions toute l’équipe médicale locale, et aujourd’hui « 70% des opérations sont réalisées en autonomie totale ». À terme, l’objectif serait même qu’il n’y ait « plus besoin d’y aller ».

Toute la problématique pour Surgeons of Hope est donc de trouver des chefs d’équipes qui puissent « comprendre cette philosophie ». Ces médecins sont « des volontaires qui prennent une semaine de vacances pour partir avec nous. On ne les rémunère absolument pas ».

La devise des équipes de Surgeons of Hope est de dire que « ce qui compte ce n’est pas ce que tu apportes avec toi, mais c’est ce que tu vas laisser derrière toi ». 

« Un métier qui n’est pas vraiment un métier »

Devenir directeur à 25 ans d’une organisation de cette envergure n’est pas banal. « Aux Etats-Unis, l’âge ne compte pas autant qu’en France. C’est plus en terme de potentiel et de personnalité qu’on donne la priorité. » Malvoyant, il nous explique également, que son handicap a plutôt eu « un impact positif » dans l’obtention de ce « job » car cela a « tout de suite permis de montrer aux personnes qui voulaient m’engager que j’étais capable de surmonter beaucoup de difficultés, que j’étais capable d’avoir une certaine maturité et un certain recul ».

Son travailest devenu« une véritable passion. » Chaque jour, il tente de convaincre « des volontaires de partir travailler avec l’organisation », de persuader les « donateurs de soutenir (ses) projets » ou encore expliquer aux partenaires que « Surgeons of Hope est capable d’améliorer leurs systèmes de santé ».

Il y a aussi un côté aussi un peu plus « paillette » quand il s’agit de faire du « fundraising », d’organiser des galas, des soirées et « d’entretenir des relations avec des philanthropes américains ».

Le prochain gala de Surgeons of Hope aura d’ailleurs lieu à l’Essex House de New-York, le 4 mai prochain. Le compositeur Philip Glass en sera l’invité d’honneur. Et l’ONG espère lever à cette occasion « entre 200 et 300 milles dollars ». 

« Une rencontre marquante »

Lors d’une mission à Masaya, dans le Nord-Est du Nicaragua, Charles-Édouard, accompagné des médecins volontaires qui se trouvaient avec lui, retrouve par hasard Holman. Ce patient de Surgeons of Hope, opéré en 2008 (« bien avant que je n’arrive » nous glisse Charles-Édouard) a aujourd’hui 19 ans. Le hasard a fait que le médecin qui l’a opéré se trouvait là lui aussi… On imagine facilement des retrouvailles inoubliables. Le jeune garçon étudie maintenant la médecine. « Ça a été formidable d’apprendre ça ! C’était vraiment la ‘’cherry on the cake’’ ». Il est le premier de sa famille à aller à l’Université, « c’est quelqu’un de très déterminé, mais il n’aurait très certainement pas été là aujourd’hui s’il n’avait pas reçu d’opération ». 

Le sport comme exutoire

Il n’y a d’ailleurs pas que lors de ses galas que l’ONG récolte de l’argent. Grand sportif Charles-Édouard n’hésite pas non plus à donner de sa personne quand il le faut. En 2015, il a participé au Marathon de New-York dans le but de lever des fonds pour son organisation. Lorsqu’il a perdu la vue, le sport est devenue une véritable « thérapie » pour lui : « j’avais besoin de rester positif ».

« J’ai commencé à courir il y a 3 ans, j’étais nul » nous dit-il. Mais à force de volonté et d’entraînements, il a rapidement progressé. Il pratique maintenant le triathlon, et aujourd’hui il tente même de se qualifier pour les « jeux paralympiques de 2020 à Tokyo. » 

Une belle surprise ! 

Avec le Trophée des Français de l’étranger, Charles-Édouard éprouve une « grande satisfaction », à titre personnel, mais aussi pour la fondation. Cette victoire était pour lui une vraie « surprise », qu’il a immédiatement eu envie de partager avec son Conseil d’Administration. « Avoir un certain écho en France » pour une organisation qui se considère comme « héritière de médecins sans frontières » est quelque chose qui lui « tient beaucoup à cœur ».  

Noémie Choimet (www.lepetitjournal.com) mercredi 8 mars 2017. 

Site de l’association : https://surgeonsofhope.org
Page Facebook : https://www.facebook.com/surgeonsofhope
Chaîne Youtube : https://www.youtube.com/channel/UCV19abPBC4lhy2uOMOs2J8A

 
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