SOLIDARITE – Une fête de Noël à la Crèche Gabrielle

En Afrique du Sud, les services publics d’éducation de la petite enfance sont très limités. En réponse à cette problématique, la Crèche Gabrielle prend en charge les jeunes enfants démunis du township de Vlakfontein, dans le sud de Johannesburg, où un groupe de bénévoles de Jo’bourg Accueil, l’association d’accueil des expatriés francophones à Johannesburg, y anime régulièrement des ateliers pédagogiques. Chaque année, la magie de Noël opère auprès des tout-petits avec l’organisation d’une fête de fin d’année. Retour sur cette jolie matinée pleine de sourires.


Des liens forts entre Vlakfontein et la communauté francophone

A 8h30 comme toutes les trois semaines, une quinzaine de bénévoles sont heureux de se retrouver devant le lycée français de Johannesburg, avant de se répartir dans les voitures qui les conduiront vers Vlakfontein. Les coffres sont pleins de décoration de Noël scintillantes, de cadeaux emballés soigneusement, de boissons et de gâteaux préparés avec amour par les bénévoles à l’occasion de la fête que le petit groupe a organisé pour les enfants de la Crèche Gabrielle.

Entre la communauté de Vlakfontein et la communauté francophone, c’est une longue histoire. Les premiers liens sont tissés par le Père Jacques Amyot d’Inville, un Français en mission en Afrique du Sud de 1989 à 2007 qui a notamment œuvré en faveur des enfants orphelins ou malades du SIDA dans ce township. En 2007, Khomanani, une association locale en relation avec la communauté francophone, fait part de son ambition de créer une structure pour prendre en charge les tout-petits à Vlakfontein. En Afrique du Sud en effet, un grand nombre d’enfants de moins de 7 ans, âge de la scolarité obligatoire, sont gardés à la maison par leurs familles ou d’autres membres de la communauté, ou bien sont livrés à eux-mêmes. Pourtant, il est reconnu que les premières années de vie sont cruciales dans le développement psychomoteur, en construisant les bases de l’apprentissage futur. 


C’est ainsi que la crèche voit le jour peu de temps après, notamment grâce à une famille d’expatriés à Johannesburg qui a financé une grande partie de l’équipement afin que la mémoire de leur fille de 6 ans, disparue tragiquement dans un accident de voiture en Namibie, soit associée à ce projet porteur de changement. Leur petite fille s’appelait Gabrielle.

Depuis, année après année, la communauté francophone continue de s’investir auprès de la crèche qui a accueilli jusqu’à 90 enfants vulnérables âgés de 1 à 6 ans dans les 4 containers aménagés en salles de classe. Les enfants y reçoivent deux ou trois repas par jour. La plupart d’entre eux ne parlant pas ou très peu l’anglais alors que cela constitue un prérequis pour accéder à l’école primaire, l’objectif est de les aider à acquérir les bases de cette langue à travers des activités pédagogiques qui leur enseignent également des notions d’hygiène et de santé. 

« Nous nous retrouvons avec le groupe de bénévoles pour concevoir le contenu des ateliers et le matériel nécessaire aux activités. L’objectif est d’apporter de la nouveauté aux enfants, de les changer de leur quotidien. Par exemple, nous avons organisé des sessions de jardinage et de création de décorations de Noël, une kermesse, des olympiades…», nous explique Christine, l’une des coordinatrices du projet. « Les enfants sont toujours positifs, heureux de ce qu’on leur propose », ajoute Arielle, tout sourire, bénévole depuis de nombreuses années.

Danse, cadeaux, sourires et goûter : les ingrédients d’une fête magique


Arrivés à la crèche ce matin-là, nous sommes accueillis par une cinquantaine d’élèves qui nous attendent sagement, avant de se lancer dans un spectacle de chant et de danse orchestré par Nozipo, une volontaire de la communauté de Vlakfontein qui s’occupe des 4-5 ans à la crèche.

Au quotidien, la crèche est gérée par 4 volontaires formés sur le tas au métier d’enseignant qui reçoivent un salaire versés par la municipalité. « Les ateliers organisés par les bénévoles de Jo’bourg Accueil nous aident beaucoup. Cela nous donne de nouvelles idées d’activités à faire avec les enfants, ce qui est pour eux très stimulant car ils intègrent absolument tout à cet âge-là », explique Bonita qui encadre les enfants de 5 à 6 ans. 

Après la danse vient l’heure du Père Noël qui arrive tout de rouge vêtu sous les regards émerveillés, ou parfois étonnés, des enfants. Un à un, ces derniers reçoivent un cadeau du Père Noël aidé d’une joyeuse équipe d’assistants chapeautés. « Offrir ces moments de bonheur aux enfants m’apporte beaucoup de joie. Et cette année, aucun d’entre eux n’a pleuré en me voyant », se réjouit le Père Noël.

Peu à peu, grâce aux déguisements offerts, la salle de classe se remplit de petites fées et de petits pirates qui se régalent des bons gâteaux préparés par les bénévoles.

« Je suis très heureuse d’avoir partagé cette fête avec les enfants. C’est toujours une grande émotion », exprime Eléanor, qui est bénévole depuis quelques mois. 

Des besoins et des projets

L’heure tourne et il est déjà temps pour notre petit groupe de regagner Sandton, avant de revenir à la rentrée 2016, des projets plein la tête. « Les besoins sont nombreux et souvent difficilement exprimés par l’équipe enseignante. Nous avons toutefois identifié deux priorités : organiser une nouvelle formation pour les enseignants afin de leur donner des outils pour structurer une journée de classe, et rénover le site en renforçant la sécurité et en repeignant les toilettes », explique Stéphanie, la deuxième coordinatrice du projet.

Les fonds reversés à la crèche par Jo’bourg Accueil serviront à financer ces deux priorités, mais aussi l’achat de livres et de matériel pour les activités manuelles. Ces fonds proviennent en grande partie de la vente de produits en shweshwe, le tissu sud-africain, très joliment confectionnés par les bénévoles et vendus à l’occasion des marchés et autres événements organisés par Jobourg Accueil plusieurs fois par an. Les dons en nature sont aussi toujours les bienvenus tels que des vêtements, du petit matériel, des jouets ou encore des boîtes de mouchoirs.



L’un des enjeux est de faire perdurer cette initiative au sein de la communauté francophone. « Nous sommes les garants de cette continuité et il est important de recruter de nouveaux bénévoles motivés pour assurer la relève après notre départ », explique Stéphanie.

Avis donc à toutes les bonnes volontés qui souhaiteraient donner de leur temps aux jeunes enfants de la Crèche Gabrielle, partager des sourires et transmettre un peu de soi. 

Pour plus de renseignements :
Consultez la page Facebook de la Crèche Gabrielle

Amélie Goudon-Sapet (www.lepetitjournal.com/johannesbourg) Mardi 20 décembre 2016 (Rediffusion)

Crédit photos : Amélie Goudon-Sapet/www.onefootprintontheworld.com

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