Hambourg

JACQUES HÉON – Co-fondateur de Jacques’ Wein-Depot

Il y a presque 40 ans, Jacques Héon lançait en collaboration avec le Dr. Müller-Soppart, le premier "Jacques Wein-Depot" à Düsseldorf. A 76 ans, l’entrepreneur, qui vient de quitter le conseil d’administration de la société, revient pour lepetitjournal.com Cologne sur cette belle aventure et sa carrière exceptionnelle au service des produits et vins français.

Lepetitjournal.com : Quel a été votre parcours avant l’aventure Jacques’ Wein-Depot ?
Jacques Héon : Après HEC, je suis entré en 1964 dans une société toute nouvelle, SOPEXA Paris, qui avait comme mission la promotion collective des produits agro-alimentaires à l’étranger. En 1966, j’ai été envoyé à Düsseldorf, premier bureau de Sopexa, pour installer le département marketing, concept très nouveau pour l’époque. L’année suivante, je me suis installé à mon compte pour aider les entreprises à s’implanter sur le marché allemand. En 1968, je me suis associé avec le Dr Müller-Soppart, un Allemand venant de la publicité. Nous avons créé Inket-Marketing.

Comment est venue l’idée de créer Jacques’ Wein-Depot ?
Nous connaissions très bien le marché du vin en Allemagne et nous nous sommes aperçus que les consommateurs allemands allaient acheter les vins eux-mêmes dans les zones de production. Ils partaient pour le week-end acheter leurs vins chez les vignerons et les faisaient ensuite livrer. On s’est alors dit : Et si on reproduisait cette même fonction d’achat ? Et si on faisait venir dans un vieux garage du vin sur palette, et qu’on les faisait goûter comme chez le vigneron français ? C’est parti comme ça. Je n’avais jamais vu un pied de vigne et je me suis retrouvé à aller acheter du vin ! On va fêter les 40 ans de Jacques’ Wein-Depot l’année prochaine.

Où et quand avez-vous inauguré le premier magasin ?
En octobre 1974 à Düsseldorf, au nord de l’aéroport. Une trentaine de vignerons français nous avaient fait parvenir chacun une palette de cartons que nous faisions déguster. Notre principe était : mieux vaut goûter avant d’acheter, comme chez le vigneron. Ce fut un succès presque immédiat. Nous avons ensuite cherché des emplacements avec parking dans les grandes villes autour de Düsseldorf : Bonn, Cologne, Essen…

Quel a été votre capital de départ ?
Aucun. Nous n’avions que du crédit fournisseurs alors qu’il nous fallait organiser une centrale, embaucher du personnel, louer des magasins par contrat. La banque nous ayant refusé un prêt, nous avons cherché un partenaire et trouvé la Britisch American Tobacco Deutschland. La société Jacques’ Wein-Depot a ensuite été revendue à la chaîne de grands magasins Horten, elle-même rachetée quelques années plus tard par Kaufhof, à son tour rachetée par METRO. En 1997, la société a été mise en Bourse à Francfort sous le chapeau de Hawesko Holding  A.G. J’étais jusqu'à l’année dernière au conseil d’administration de cette société.

Combien avez-vous de magasins en Allemagne et peut-être ailleurs aujourd´hui ?
280 en Allemagne et 4 en Autriche.

Quels sont les vins ou spiritueux les plus vendus en Allemagne ?
Nous vendons très peu de spiritueux. Quand je suis arrivé, nous vendions 60% de blancs et 40% de rouges, aujourd’hui c’est 55% de vins rouges et 45% de vins blancs. Nous avons commencé à vendre les vins allemands il y a seulement quelques années. Cela a été un grand succès. Le Riesling est le vin blanc préféré des Allemands, pour le vin rouge, c’est le Cabernet ou le Merlot. Nous avons été les premiers à refuser la vente de vins édulcorés. Notre succès a été de vendre des produits de vignerons français et de moyenne gamme.

Quel est le chiffre d'affaires de l’entreprise en 2012 ?
450 millions d’euros pour Hawesko Holding  A.G et 125 millions d’euros pour Jacques’ Wein-Depot qui vend chaque année plus de 20 millions de bouteilles de vins

Votre plus grande fierté en tant qu’entrepreneur ?
Je ne suis pas fier. Mais ma plus grande joie c’est d’avoir trouvé mon associé et que cela ait duré plus de 40 ans. C'est très rare ! Cette complémentarité entre l’allemand et le français a dynamisé tout ce qu’on a fait. C’est lui qui avait voulu que la société porte le nom de Jacques’ car nos premiers fournisseurs étaient des vignerons français.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées au cours de votre carrière d’entrepreneur ?
Je n’ai pas rencontré de difficultés. Quand je suis arrivé en Allemagne, la facilité d’entreprise était grande, on ne m’a rien demandé. J’ai loué un bureau et trouvé un Steuerberater. C’est beaucoup plus simple de s’installer en Allemagne. En France, il y a ce manque de flexibilité  avec la notion de fond de commerce qu’il faut acheter.

Et pour finir… Quel est votre vin préféré ?
Ce sont les bons vins de pays, notamment ceux du sud de la France, des vins rouges plutôt que des vins blancs.

Propos recueillis par Magali Hamon (www.lepetitjournal.com/cologne) jeudi 2 mai 2013 (1ere édition: mercredi 27 mars 2013)

Infos : www.jacques.de

 

ISCH LIEBEU DICHE – Christine et Jean-François : ”On est déracinés, on n’a plus de repères en France, on se sent chez nous en Allemagne”

Ce mois-ci, lepetitjournal.com/francfort a choisi de vous présenter, non pas un couple franco-allemand comme à l’accoutumée, mais un couple français vivant depuis près de vingt ans en Allemagne afin d’aborder l’interculturalité sous un autre angle. Comment en tant que Français, vivent-ils l’expatriation et les différences culturelles dans leur pays d’adoption ? Quelque peu surpris au départ et aujourd’hui parfaitement intégrés, Christine et…
Une internationale

REGARDS – La France vue par les Youtubers d’ailleurs

Ils adorent croquer nos travers, pointer nos lubies et nos drôles de manières… Certains étrangers résidant en France vont même jusqu’à faire des web séries pour raconter ce qui les étonne chez nous, et ça prête à sourire. Démonstration en vidéo
Actu internationale
En direct d'Europe
Bucarest Communauté

THIBAUT DESMONS - Entreprendre à Sibiu

Le 7 et 8 juin, le très dynamique Club francophone d'affaires de Sibiu organise dans la petite ville transylvaine des rencontres d'affaires…
Expat
Expat - Emploi

FUITE DES CERVEAUX – Est-ce qu’elle fragilise la France ?

La fuite des cerveaux semble inéluctable, c’est ce qu’indiquent deux chercheurs dans une note inédite présentée au Conseil d’analyse économique et social. Le nombre d’actifs français partis à l’étranger aurait doublé entre 2006 et 2011 mais les auteurs de la note relativisent le phénomène et proposent des solutions pour accompagner cette évolution et tirer profit de la mobilité internationale. 
Expat - Politique

MATTHIAS FEKL - « Pourquoi la France pourrait dire non au TTIP »

Matthias Fekl, Secrétaire d'Etat au commerce extérieur, a la semaine dernière déclaré officiellement l’opposition de la France au TTIP en l'état. Mais qu’est ce que le TTIP ? Retour sur l’historique et la nature de ce traité de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis. Un article de notre édition de Rome
Magazine