Édition internationale

MARIE GODINOT - "Il est possible d'être femme d'expatrié et créatrice d'entreprise"

Écrit par Parler Darija
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 30 avril 2013

 

Voilà 3 ans que Marie Godinot et Aurélie de Robien ont créé leur petite entreprise de confection de linge de maison "Au Fil de Tanger", un véritable "travail-passion" au milieu des tissus, des bobines de fil et des couleurs chatoyantes.
Si aujourd'hui Aurélie a quitté le Maroc pour suivre son conjoint dans une nouvelle expatriation, Marie continue l'aventure, triste d'avoir perdu sa moitié mais débordante d'énergie.


(Crédits photos: Gosia Berthe)

Le bénévolat comme déclencheur
Lorsque Marie est arrivée à Tanger il y a 8 ans, elle a commencé par s'investir dans différentes associations venant en aide aux enfants en difficultés. Puis l'idée lui est venue de créer une ligne de vêtements pour enfants en collaborant bénévolement avec l'association DARNA qui emploie des femmes "défavorisées". DARNA va mettre à disposition ses ateliers et ses ouvrières (brodeuses, couturières...) et Marie fournira le tissu, les idées, le style. Après 3 ans de collaboration fructueuse, l'activité de DARNA s'est significativement développée. Marie décide de passer le relais et de s'investir dans un autre projet.

"Cette expérience bénévole a été un déclencheur. Jamais je n'aurais pu créer ma propre entreprise sans être auparavant passée par cette période de bénévolat qui m'a tellement appris". Et d'ajouter encore "De donner, on reçoit beaucoup !". Riche de ses nouvelles compétences, de ses souvenirs d'enfance auprès d'une mère qui cousait énormément et de sa passion pour les couleurs, Marie décide de créer avec Aurélie une ligne de linge de maison comprenant nappes, sets et chemins de table, coussins mais aussi bijoux et accessoires.

"Créer une entreprise au Maroc n'a pas été difficile, même si je suis française. J'étais résidente et propriétaire de la maison dans laquelle j'ai créé mon atelier. J'ai une patente et ma comptable gère tout l'aspect administratif et financier ". En ce qui concerne l'organisation du travail, Marie n'a pas non plus rencontré de difficultés particulières. "Avec Aurélie, nous nous sommes partagées les tâches, l'une achetait le tissu pendant que l'autre dessinait les patrons et nous nous retrouvions deux jours par semaine pour mettre en commun nos idées, choisir les couleurs etc...". Grâce aux visites quotidiennes des deux amies aux brodeurs, passementiers, couturières et dinandiers, à leur atelier situé en plein coeur de la médina et à la langue darija que Marie maîtrisait, une relation s'est créée jour après jour entre elles et les artisans. Au fil des collections, une véritable collaboration s'est instaurée. "Je leur soumets mes idées, ils fixent librement leur prix car je leur fais confiance et en contrepartie, ils s'engagent sur la qualité et le respect des délais. Je crois même qu'ils commencent à apprécier mes sets de table !". A l'heure actuelle, Marie collabore avec 5 à 8 artisans et 2 couturières qui perçoivent un complément de salaire régulier.

Un travail entre passion et exigence
En matière de travail, Marie a un fil directeur. Elle exige avant tout un travail artisanal. "Il y a un savoir-faire extraordinaire qu'il faut perpétuer. Les irrégularités de la main me plaisent". Ainsi, chaque pièce est unique et si Marie ne s'occupe pas de la broderie, de la coupe ni de l'assemblage, elle gère tout le reste. "J'ai besoin de toucher le tissu avant de l'acheter, de choisir les couleurs. Je ne pourrais pas déléguer ce travail à quelqu'un d'autre". Une fois la pièce réalisée, Marie la lave elle-même puis la repasse afin d'assurer une qualité optimale aux articles.

L'autre principe de Marie est qu'elle refuse la confection de masse. Une nappe par exemple, sera réalisée en 3 ou 4 exemplaires tout au plus afin que ses clientes achètent des pièces quasi uniques. Cela l'oblige à être très créative et à se renouveler à chaque collection, que ce soit au niveau des motifs ou des coloris, même concernant les "basiques".

Marie nous confie qu'elle trouve son inspiration dans les couleurs du ciel et des paysages marocains. "J'adore les couleurs et c'est un vrai plaisir de les associer. J'ai ça en moi ".
Faire vivre le Fil de Tanger est une véritable passion qui l'anime chaque jour mais elle considère aussi que c'est un vrai travail, qu'elle prend très au sérieux. "C'est plus qu'un hobby, même si cela ne me permet pas vraiment d'en vivre. J'aimerais avoir mes propres salariés et mes propres machines mais ce n'est pas possible financièrement ".



Néanmoins, cette expérience lui apporte un "épanouissement incroyable" et elle conseille aux femmes qui souhaitent trouver une occupation de "prendre le temps de se regarder et de voir ce qu'elles aiment". Car "lorsque l'on change de vie en arrivant quelque part, c'est aussi l'occasion de changer de métier. Il faut tenter et ne pas avoir de regrets si cela ne fonctionne pas". Elle précise également qu'il ne faut pas se sentir bloqué par une expatriation que l'on sait limitée dans le temps. "En trois ans, on peut faire beaucoup de choses !".
Lorraine Pincemail (www.lepetitjournal.com/casablanca) Rediffusion du jeudi 21 mars 2013

Prochaine vente à Casablanca les 16 et 17 mai 2013
Au Fil de Tanger expose
- En permanence à LAS CHICAS, nouveau concept store Tangérois (52, rue Kacem Guenoun - Porte de la Kasbah - Tanger. Tél : 0539374510)
La collection printemps/été sortira lors des 3 jours événements des 15, 16 et 17 avril prochains.
- Lors de vente privées à Tanger, Rabat et Casablanca.

Contact via la page Facebook : aufil.detanger@facebook.com

parler darija
Publié le 5 mai 2013, mis à jour le 30 avril 2013
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