Zurich

JOACHIM SON FORGET - "Dans mon comité de soutien, il y a des gens qui sont de droite et d’autres qui sont de gauche"

À 34 ans, Joachim Son Forget fait partie de ceux qui se sont rapidement mis En Marche ! Diplômé de médecine, et musicien émérite, il incarne à lui tout seul une certaine idée du renouveau en politique souhaité par Emmanuel Macron. Cette année il compte bien représenter à l’Assemblée nationale, les Français de Suisse et du Liechtenstein. Rencontre.

Lepetitjournal.com : Pouvez-vous nous résumer votre parcours ?

Joachim Son Forget : Je suis Français, né en Corée et adopté dans une famille française. J’ai grandi dans le sud de la Haute-Marne puis à Dijon, où j’ai ensuite fait mes études de médecine. En parallèle de la médecine, j’ai également fait un master de sciences à l’École Normale Supérieure de Paris, et suis ensuite parti en Suisse, pour y réaliser mon doctorat et mes recherches sur la conscience à l’Ecole polytechnique de Lausanne.

Je suis travaille là-bas en tant que médecin depuis 2008. 

Qu’est-ce qui vous a incité à rejoindre En Marche ! ? Aviez-vous déjà fait de la politique auparavant ?

J’ai eu une courte expérience au PS, de  2 ans ½, au moment de la campagne de 2012. J’ai pu voir de l’intérieur ce qui se passait au sein d’un parti. Il y avait beaucoup d’hypocrites, de calculs politiciens… Des gens passaient leur temps à se tirer dans les pattes, et très franchement c’était une mauvaise expérience humaine. Ça m’a déplu, j’ai donc décidé d’arrêter. Je me disais même que je ne ferais plus de politique. Et en avril 2016, j’ai rencontré Emmanuel Macron.

Je me suis inscrit dans son mouvement dès le début. J’ai vraiment aimé le personnage. Il avait déjà un discours très proche de ce qu’il a tenu après. Il était déjà contre la société statutaire française : protéger les individus plus que les statuts, libérer les énergies, voilà ce qu’il prônait.

C’était vraiment la première fois que je me retrouvais dans une offre politique assez globale, où tout ou presque me convenait. J’ai foncé tête baissée.

Emmanuel Macron est au courant du travail qu’on a fait en Suisse. Il nous a d’ailleurs envoyé beaucoup de ses proches : Anne-Marie Idrac par exemple, la première à rejoindre mon comité de soutien, Françoise Holder… Erik Orsenna vient de venir nous soutenir également, nous étions à Genève ensemble la semaine dernière.

Si vous êtes élu député comment allez-vous gérer toutes vos différentes activités : la médecine, la musique, l’analyse politique… ?

Je vais réorganiser tout ça. Je ne souhaite pas perdre toute mon expérience médicale, alors a priori je vais garder un pourcentage faible qui permettra par exemple de consacrer une nuit et une demie journée à cette activité, mon métier.  

Je n’ai pas besoin de dormir beaucoup. J’ai toujours beaucoup travaillé, et ne dors que 5h par nuit si ça va. En ce moment avec la campagne… je dors moins que ça !

J’ai toujours fonctionné de cette façon et jusqu’à présent cela se passe toujours bien dans tous les domaines dans lesquels j’ai pu travailler. 

Que représente pour vous le fait d’être député de la 6ème circonscription? 

C’est intéressant parce que j’ai un ancrage fort en suisse, je vis là depuis 2008, je connais bien tout le pays.

Je ne suis pas venu là pour rien : le cadre de vie, une certaine bienveillance et amabilité des gens, la possibilité dans ce cadre assez relaxant de pouvoir travailler dans de bonnes conditions… Je dois tout à la Suisse : aujourd’hui j’ai envie un peu de rendre un peu tout ce qu’on a pu me donner, et puis d’aider mes concitoyens là bas. 

Et justement comment comptez-vous les aider ? 

Sur les réformes fiscales, je ne propose rien de moins que la droite. Enfin ce qu’il reste de la droite conservatrice on va dire. Je suis un progressiste pour le sociétal et un libéral pour l’économie. Je crois qu’on peut réconcilier les deux. Dans mon comité de soutien, il y a des gens qui sont clairement de droite et d’autres qui sont clairement de gauche.

Ce n’est pas incompatible ? 

Ça va tellement mieux dans ma vie grâce à ça. J’ai toujours eu des amis de gauche par la culture, la musique, l’académique… et des amis de droite car j’ai aussi énormément d’amis médecins ou entrepreneurs.
Je ne cache pas que des gens de la finance nous soutiennent, de grands banquiers, mais ce n’est pas un problème. J’ai tout le panorama ! Pour une fois, je peux mettre tous mes amis ensemble, même ceux qui ne voulaient pas s’intéresser à la politique…

Quel bilan dressez-vous du mandat de Claudine Schmid, la député sortante ? Sur quel(s) plan(s) auriez-vous agi différemment ?

Il faut incarner la fonction ! C’est très bien d’avoir un engagement sur les sujets des Français de l’étranger, mais le député n’est pas une assistante sociale, c’est le représentant de la nation, il doit s’inscrire dans un projet gouvernemental. Elle était dans l’opposition au cours de son mandat, elle le sera de nouveau si elle est élue.

Le lendemain du premier tour, il faut savoir qu’elle a fait publier un texte avec les Républicains de Suisse, qui disait « Ni la peste ni le choléra »… Elle n’a jamais appelé à voter contre Marine Le Pen !

Au sujet de la centrale nucléaire de Fessenheim, elle est à l’envers de ce qu’on a prévu de faire, elle est contre la fermeture de cette centrale. Et contre l’écologie globalement. Elle dit que ce n’est pas important maintenant, que nous devrions nous pencher sur la question dans 20 ans !
Moi j’ai un ancrage très pro-écologie, je crois qu’on ne peut pas négocier avec ça !

Sur un tout autre sujet, elle a également signé un amendement pour dé-rembourser l’IVG avec M.Mariton et M.Poisson, il faut le dire ! Elle a essayé d’atteindre à la loi Veil, c’est grave ce qu’elle défend, c’est une honte… Elle le cache pourtant bien en circonscription, en ne parlant jamais de ces choses là.

On voit bien que sa stratégie a changé. Maintenant elle veut se dire plutôt compatible avec la majorité présidentielle, mais personne n’est dupe. Je ne vois pas comment en tenant des engagements comme ça d’un seul coup elle deviendrait compatible avec notre majorité.

Son cœur de cible, c’est la droite réactionnaire. Elle n’incarne même pas la droite libérale, elle a peu travaillé dans sa vie, elle a surtout un parcours associatif « Français de l’étranger » qui a besoin d’être fortement dépoussiéré. Les gens ne sont plus dans ces associations. Les gens sont dans la vie active, il faut représenter les actifs qui ont l’expérience du travail.

Quelles sont vos 3 priorités parmi les problématiques concernant les Français vivant à l’étranger ? 

Les droits de succession et le dossier CSG-CRDS. Ce sont deux sujets importants. Puisqu’en Suisse on n’a plus de protection contre la double imposition des successions depuis 2015. En ce qui concerne le dossier CSG-CRDS, c’est une taxation injuste, non conforme à la loi européenne.

Une autre de mes priorités serait l’amélioration de l’enseignement du français à l’étranger. Il y a de vrais problèmes puisqu’en Suisse alémanique, cet enseignement était autrefois assuré par le fait que le Français est une des langues officielles de Suisse. Seulement, en Suisse alémanique, beaucoup d’initiatives visent à supprimer une troisième langue dans l’enseignement primaire. Cela risque de mettre le français en difficulté, puisque pour l’international, les Suisses risquent de faire le choix de l’anglais derrière l’allemand. Je souhaite donc m’engager fortement, et je voudrai scréer un label Francophonie d’excellence en intéressant des personnalités françaises du monde économique ou culturel à intervenir, afin de redorer le blason de la Francophonie en Suisse alémanique.

Nous avons un réseau de presque 2.000 Français en Suisse. Avec des communautés politiques partout : dans presque toutes les villes du pays. C’est un réseau que nous avons créé via En Marche !. On a des gens avec des expertises importantes et on a surtout des gens très engagés.

Nous les consulterons, à des degrés divers, pendant tout le mandat, pour qu’à l’image de la Suisse ce mandat soit très participatif. Ce sera très symbolique, mais c’est très important. La Suisse est très en avance là dessus. 

Propos recueillis par Noémie Choimet (www.lepetitjournal.com) mardi 30 mai 2017.

 
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