Zurich

CLAUDINE SCHMID - "C’est très important de faire entendre la voix spécifique des Français de l’étranger"

Députée sortante Les Républicains de la 6ème circonscription des Français de l’étranger, Claudine Schmid brigue un nouveau mandat en juin prochain. Vivant en Suisse depuis de nombreuses années, elle revient sur le travail effectué au cours de ces cinq dernières années à l’Assemblée nationale, nous faisant également part des priorités sur lesquelles elle souhaiterait travailler si elle est réélue.

Lepetitjournal.com : Entre votre activité de parlementaire à Paris et votre circonscription, comment avez-vous conduit votre mandat?

Claudine Schmid : Mon action, je l’ai conduite à l’Assemblée nationale en allant toutes les semaines à Paris. Du lundi après-midi, au jeudi soir en général. Le vendredi je suis dans ma circonscription, que je sillonne d’une ville à une autre, en fonction de l’endroit où je fais mes permanences. Ça, je le continuerai, c’est un besoin.

Je rencontre fréquemment mes compatriotes. Un compatriote qui appelle son député a généralement une difficulté, une interrogation… Il veut savoir quelque chose et il faut répondre à cette demande.

Le samedi et le dimanche, je travaille à mon bureau. C’est pour ça que je dis qu’être député, c’est véritablement un travail à plein temps, du lundi matin au dimanche soir. 

Pensez-vous avoir pu faire entendre la singularité de la voix des Français de l’étranger à l’Assemblée ?

Oui, j’ai pu faire remonter leur voix, les faire entendre dans la rédaction d’un amendement, dans une question que l’on pose au gouvernement, dans les questions écrites, etc.

Je crois que d’ailleurs toutes mes questions écrites avaient pour origine une demande d’un Français qui m’interrogeait, m’interpellant sur tel ou tel sujet. Donc j’interrogeais à mon tour le gouvernement sur ces questions. . Les questions sont très diverses. L’une des dernières interrogations que j’ai remontées concernait le don d’organe  par exemple.

Quand nos compatriotes s’interrogent il faut leur répondre, car il est vrai que les gens ne savent parfois pas toujours où aller chercher l’information.

Tout cela permet parfois de rajouter une phrase sur un texte de loi pour apporter une précision. 

Quel est le rôle d’un député des Français de l’étranger ? À quoi sert-il ? Quel est son poids ?

Tout d’abord, je pense qu’il y a une grande attente de nos compatriotes. Nous sommes un lien, et un intermédiaire entre la France, les lois françaises et la circonscription que nous représentons.

Avant 2012, il manquait cet intermédiaire. On s’en rend très bien compte au Parlement. Nos collègues députés de France ne connaissent pas tout à fait la problématique des non-résidents. Que ce soit sur les questions fiscales, les questions sociales, ou encore les questions qui peuvent se poser lors d’un retour en France… Il y a une grande attente et c’est d’ailleurs ce qui me pousse à me représenter cette année.

Quand un député des Français de l’étranger travaille sur une loi, il la lit avec une compréhension « Français de l’étranger ». Il se demande comment elle pourra s’appliquer en dehors des frontières de l’Hexagone.

A l’Assemblée, tous les parlementaires sont un peu spécialisés. Chacun apporte un regard différent. D’où l’importance de conserver une certaine diversité des parlementaires.

Un député des Français de l’étranger doit connaître les problématiques spécifiques à cette population, donc il doit  vivre à l’étranger et connaître notre communauté, autrement ce n’est pas possible.

Si on n’a pas déjà côtoyé la communauté, on ne connaît pas toute sa diversité, ni ses attentes particulière et ça ne sert pas à grand chose.

C’est très important de faire entendre la voix spécifique et particulière des Français de l’étranger.

Comment les Français de l’étranger ont évolué ces 5 dernières années ?

Ils sont de plus en plus mobiles. Avant, quand ils arrivaient, ils venaient pour s’installer.

Maintenant ils se disent qu’ils verront bien où ils seront dans un an, dans deux ans… Ils ne savent pas combien de temps ils resteront. Ils ne se projettent plus dans la durée.

Mais c’est aussi le monde du travail d’aujourd’hui. Plus personne n’est sûr de ce que sera son avenir, même à moyen terme.

Cela correspond vraiment à la vie d’aujourd’hui, on le ressent bien. En conséquence, ils demandent moins une intégration locale et  restent très attachés à la France car ils ne savent pas s’ils vont s’intégrer sur le long terme. Mon ressenti est qu’ils sont ailleurs mais ils n’ont pas quitté la France, ils sont simplement ‘’stationnés’’ ailleurs. 

Quelles sont selon vous leurs préoccupations principales aujourd’hui ? 

La fiscalité et leurs résidences en France par exemple. À chaque réunion je suis interrogée là dessus.

Quels projets vous semblent les plus importants à défendre si vous êtes réélue ? 

La résidence de nos compatriotes. Parce qu’ils sont tellement taxés sur la résidence qu’ils conservent en France que certains sont dans l’obligation de s’en séparer.

Et lorsqu’ils n’ont plus cette résidence, ils perdent leur lien avec la France…

Ils veulent conserver une résidence en France parce que c’est chez eux.

Se séparer de leur résidence pour des raisons fiscales – puisque tout le monde n’est pas richissime, loin de là – est un déchirement. Il faut donc faire en sorte de leur permettre de conserver cette attache. les taxes sont devenues trop importantes pour certains. Pour une résidence secondaire, la taxation est plus importante que pour une résidence principale.

Il y a également toute la problématique fiscale : les prélèvements sociaux sur les revenus des non-résidents notamment. Ils payent déjà leur sécurité sociale, leurs retraites, et leurs cotisations assurance-maladie dans leurs pays de résidence. C’est une double taxation lorsqu’ils doivent aussi payer en France. 

Quelle sera votre attitude à l’égard du nouveau Président ?

Les Républicains ont écrit noir sur blanc dans leur programme que nous travaillerons sans affrontement. Le message est clair : si les textes proposés me conviennent, je les voterai, je n’ai aucun problèmes là dessus.

La population française a choisi un Président de la République sur un programme donc c’est un programme qui devra être appliqué. Mais tout n’est pas mauvais dans ce que nous proposons non plus ! Nous avons aussi le droit de faire des propositions pour améliorer un texte de loi. Nous pouvons très bien travailler ensemble, mais il s’agira de voir si lui peut travailler avec nous.

Propos recueillis par Noémie Choimet (www.lepetitjournal.com) lundi 29 mai 2017. 

 
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