Varsovie

FIN D’ERASMUS – Avec Delphine Gozillon et Mathieu Pellerin

Pour ce deuxième volet de fin d’Erasmus, lepetitjournal.com/Varsovie a rencontré cette fois deux étudiants français : Delphine et Mathieu. Ils nous dévoilent tout sur leur expérience en Pologne, qui restera à jamais une aventure unique et mémorable ! 

 

Nom : Delphine Gozillon.
Age : 21 ans.
Originaire de : Nantes, France.
Ville de résidence en Pologne : Varsovie.
Domaine d’études : Sciences po Paris – Campus Dijon Europe centrale et orientale, spécialité affaires européennes.
Ecole en Pologne : Université de Varsovie, département droit et administration. 

 

 

Nom : Mathieu Pellerin.
Age : 21 ans.
Originaire de : Nantes, France.
Ville de résidence en Pologne : Varsovie.
Domaine d’études : Licence de droit, double cursus parcours Europe.
Ecole en Pologne : Université de Varsovie, relations internationales.

 

 

 

Pourquoi avoir choisi la Pologne pour ton Erasmus?

Delphine : En étant dans un campus international à Dijon j’ai déjà eu l’occasion de me confronter à la culture polonaise à travers mes cours et aussi certains étudiants polonais qui étudient dans notre section. J'ai appris énormément de choses sur la culture, la politique et l’Histoire de la Pologne. J'ai trouvé que c'était un pays passionnant et qu’il restait encore plein de choses à découvrir !

Mathieu : Il y a eu d’abord un effet de groupe car plusieurs personnes de ma promotion sont parties en Pologne pour leur Erasmus et je dirai aussi que j’avais une certaine curiosité et envie de découvrir un pays « plus à l’Est ». Une culture à laquelle je ne me suis jamais réellement confronté auparavant.  

Quel(s) conseil(s) aurais-tu aimé avoir avant d’arriver en Pologne ?

Delphine : J’aurais aimé être conseillée au sujet des démarches administratives qui sont relativement complexes, notamment à cause de la barrière de la langue. Heureusement le bureau des affaires internationales de l’université est très arrangeant. Mais quand il s’agit de problèmes personnels, c’est une autre affaire ! Le plus dur, ça a été quelques semaines après mon arrivée ; on m’a volé tous mes papiers avec ma carte de crédit française et polonaise. Je me suis retrouvée à faire le tour des commissariats pour faire une déclaration car beaucoup ne parlaient pas l’anglais et je n’avais pas encore un assez bon niveau de polonais pour gérer une telle situation… Mais bon, ce sont les aléas de la vie à l’étranger !

Mathieu : Me concernant, j’avais la chance d’avoir des amis de mon université en France qui étaient partis au premier semestre en Pologne, ce qui m’a beaucoup aidé, notamment pour la recherche d’appartement. J’ai un ami sur place à Varsovie qui en a visité un pour moi, ça facilite la tâche.  

Qu'est-ce qui t'a le plus marqué en Pologne en termes de "choc des cultures" par rapport à la France ? 

Delphine : En arrivant à Varsovie, j’ai trouvé la ville très grande, les distances m’ont vraiment surprise au début. Ce qui m’a marqué aussi c’est son côté très urbain et la cohabitation architecturale avec le communisme. Mais j’ai beaucoup aimé vivre à Varsovie pour son histoire et tous les avantages qu’elle comporte en tant que capitale, sans pour autant se sentir oppressé.

La cuisine polonaise était également une découverte que j’ai appréciée ! Les pierogis ou les galettes de pommes de terre vont beaucoup me manquer !

J’ai pu également expérimenter l’hiver polonais. Ce qui était une grande première, étant donné que je n’avais jamais vraiment connu autant de neige en ville avec -10 voire -20 degrés parfois. J’ai également eu la chance de faire du patin à glace sur un lac gelé. 

Mathieu : Je pense que j’avais plus des préjugés avant mon arrivée en me disant qu’il y aurait un énorme écart entre la France et la Pologne. Finalement, je me suis vite rendu compte que Varsovie était une ville très moderne et dynamique. Avec un métro tellement propre ! (rires). C’est très européen donc je n’ai pas ressenti de réels dépaysements. Les seules choses qui m’ont peut-être marqué à mon arrivée c’est l’immensité et la largeur des rues ou le contraste entre l’hiver et l’été. En hiver il fait très gris, la ville est presque morte, mais depuis que les beaux jours sont revenus, elle s’est complètement métamorphosée.  

Pour toi, les Polonais sont… 

Delphine : Ce ne sont pas les mêmes que je connaissais dans ma promotion à Sciences po Dijon car on avait énormément de points en commun du fait de nos études. Ici, à Varsovie, j’ai pas mal d’amis polonais mais c’est très différent. La plupart ne s’intéressent pas du tout à la politique. J’ai été membre de l’association des jeunes Européens à Varsovie et ce n’était vraiment pas facile de recruter. Souvent, ils n’ont pas le temps et préfèrent travailler à côté de leurs études pour les financer ou tout simplement, ils sont très méfiants vis-à-vis de la politique et n’y voient pas un très grand intérêt. 

Sinon, en règle générale, ils peuvent paraître froids de prime à bord dans un restaurant ou un magasin, mais quand on apprend à les connaître ils sont adorables et vous feront toujours découvrir et partager leur culture avec grand plaisir.

Mathieu : Je dirais qu’il y a deux mondes entre les Polonais à l’université, très ouverts, et ceux dans les commerces ou dans la rue qui sont beaucoup plus fermés et moins sympathiques. D’autant plus que la barrière de la langue n’arrange rien. Beaucoup n’osent pas parler anglais ou l’ancienne génération a plus de difficultés pour communiquer dans cette langue. Je pense que certains ont même un peu peur de l’étranger.Sinon, je trouve les Polonaises particulièrement belles… Je n’ai pas été déçu !  

Quel est ton plus beau souvenir d'Erasmus en Pologne ?

Delphine : Ca a été une année riche en souvenirs… Mais le moment le plus marquant reste pour moi la fête de l’Europe, le 9 mai dernier. J’ai assisté aux deux marches européennes organisées pour l’occasion et j’ai été touchée et impressionnée de voir autant de personnes mobilisées pour défendre les valeurs européennes.

Mathieu : Difficile à dire… Mais celui que j’ai trouvé le plus insolite a été cette soirée dans un tram à Cracovie. On était au moins une cinquantaine d’étudiants Erasmus. Le tram avançait dans la ville avec de la musique, c’était vraiment unique ! 

Qu’est-ce que tu as le plus détesté en Pologne ?

Delphine : Le manque d'attention envers l'environnement m'irrite à chaque fois ! Les sacs plastiques existent encore, les différents conteneurs pour le recyclage se font rares selon les quartiers… Sans oublier la pollution ! En janvier, ça devenait irrespirable parfois ! Je n’ai jamais vécu ça auparavant, même à Paris !

Mathieu : Les feux piétons qui durent trop longtemps c’est vraiment agaçant et forcément, ça donne envie de traverser. Je me suis déjà fait klaxonner  pour être passé au rouge, même si je l’avoue, j’étais en tort…Les gens sont bien plus disciplinés ici et ont peur de se prendre une amende (25€). J’ai remarqué aussi plus de racisme et de xénophobie. Certaines personnes tenaient des propos sur la France plutôt dérangeant au sujet des attentats. Ils étaient d’avis que tout cela était de notre faute… Ou à une soirée un ami indien n’a pas pu rentrer dans un club. Selon le videur, c’était une soirée « réservée aux Européens ». J’ai été choqué… même si bien heureusement tous les Polonais ne sont pas comme ça ! 

Quelles ont été tes plus belles rencontres en Pologne ?

Delphine : Je n’avais jamais eu d’amis allemands avant Varsovie et je me suis découverte de nombreux points communs avec eux. Ils ont un esprit organisé et sont également impliqués dans la cause européenne. J’ai donc décidé de me mettre à l’allemand l’année prochaine ! J’ai rencontré aussi une Slovaque avec qui j’ai appris énormément sur le fossé culturel entre la France et la Slovaquie. C’était très enrichissant. Dans tous les cas, ce fut une année très « sociale » ! J’ai rencontré énormément de monde d’horizons vraiment différents. Cela m’a permis de sortir de mon microcosme et de m’ouvrir davantage l’esprit.

Mathieu : J’ai rencontré énormément de gens de nationalité totalement différentes. Nous étions comme une grande famille qui comprenait une Colombienne, une Mexicaine, un Américain, des Turcs, une Irlandaise, un Espagnol… J’ai été confronté à beaucoup de cultures différentes et c’est ça qui est passionnant. La Turquie notamment, a été une belle découverte grâce à mon colocataire turc qui m’a appris tellement de choses sur son pays !    

Parle-nous du système universitaire en Pologne, en matière d’intégration, de qualité des cours…

Delphine : Il y a une très bonne intégration et prise en charge des nouveaux étudiants Erasmus grâce au système des mentors polonais qui nous sont assignés dès notre arrivée.La communauté Erasmus est très dynamique et organise de nombreux événements et voyages. Concernant les cours, il faut oser le dire : le niveau n’est pas très élevé. J’ai pu choisir quelques options dont un cours très intéressant sur l’histoire de l’Islam. Ce qui nous laisse pas mal de temps libre pour voyager, travailler son polonais. Me concernant, je me suis engagée auprès des Jeunes Européens et j’ai effectué un stage à l’Institut français de Varsovie.

Mathieu : Il existe une très bonne intégration et implication au sein de la communauté Erasmus de l’Université de Varsovie ! J’ai été accueilli à l’aéroport par mon « buddy » (le mentor), qui parlait en plus français.L’ESN (Erasmus Student Network) permet vraiment de créer un tissu social au début, on ne se sent jamais seul ! Pour moi, les cours étaient intéressants. J’ai choisi un cours de développement personnel de « body langage » et un de « brain storming ». Dans celui-ci, il était question de dessiner nos rêves. Au début, ça faisait un peu cour de récré mais finalement, c’était très instructif  et ça m’a permis de me découvrir différemment. Cependant, le niveau des cours n’est pas aussi élevé qu’en France, mais c’est l’esprit Erasmus qui veut ça !  

Qu'en est-il de ton niveau de polonais ? 

Delphine : Par mes études en France, je suis arrivée en Pologne avec un niveau A2 en polonais. J’étais donc capable déjà de me débrouiller au quotidien, même si formuler des phrases correctes restait parfois compliqué. Mais grâce à mes colocataires polonais je me suis nettement améliorée. J’ai pris aussi des cours à la fac avec des slaves. Le niveau était plus élevé et ce n’était pas simple tous les jours de suivre le rythme. Mais au moins, je peux dire maintenant que j’ai vraiment progressé. Je pense avoir atteint le niveau B1+. 

Mathieu : J’ai préféré me focaliser sur mon niveau d’anglais, qui me paraissait plus important à travailler. N’ayant aucune notion en polonais, en un semestre je n’aurais pas eu l’impression d’apprendre grand-chose ! Je sais juste dire : bonjour, merci, au revoir et santé (celui-là est important) ! 

Tes meilleures adresses pour sortir à Varsovie ?

Delphine : Pour manger de la bonne cuisine polonaise, je recommande vivement le restaurant « Specjały regialnalne », sur Nowy Świat. Dans la Vielle ville, j’aime beaucoup les pâtisseries du café « Pożegnanie z Afryką ». Et pour sortir, le meilleur bar à shot que je connaisse c’est le « Czupito » où il y a énormément de choix avec près de 50 mélanges.

Mathieu : Smolna, c'était ma première boîte techno. Il y a aussi le Teatro Cubano pour ceux qui aiment les ambiances latino. J’aime bien aussi le pub Lolek. 

Si c'était à refaire, reviendrais-tu en Pologne ?

Delphine : Oui absolument. Je ne regrette pas d’avoir choisi la Pologne. Varsovie est une ville très dynamique où il y a bien plus de choix en termes de stages ou autres expériences professionnelles qu’à Cracovie, par exemple. Plus de gens devraient prendre le temps de découvrir ce pays qui à mes yeux est trop souvent méconnu.

Mathieu : C'est la question que je me posais et je n’en suis pas si sûr… Si je revenais ici, j’aurais peur de ne pas vivre aussi intensément cette aventure et finalement d’être déçu. Je pense honnêtement que ça a été la plus belle expérience dans ma vie. Tout le monde devrait partir en Erasmus, c’est une expérience unique, qui change vraiment une vie ! 

Quels sont tes projets pour l’année prochaine ?

Delphine : Je vais poursuivre mes études à Paris pour faire un master à Sciences po en affaires européennes spécialisé dans l’environnement. J’aurais l’occasion de faire un échange de six mois soit à Bruxelles ou Varsovie. En revenant dans la capitale polonaise, je pourrai à nouveau pratiquer mon polonais, ce qui est une bonne chose !

Mathieu : Dans l’idéal j’aimerais poursuivre un master sécurité défense nationale et intelligence stratégique à Lyon et préparer sciences po.  

 

Eloïse Robert (lepetitjournal.com/Varsovie) - Mercredi 19 juillet 2017

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite !

Suivez-nous sur Facebook

 

INSURRECTION DE VARSOVIE - Il y a 73 ans

Demain, le 1er août, l’Insurrection de Varsovie aura 73 ans. A cette occasion, comme chaque année, toute la Pologne célèbrera la mémoire des victimes qui ont lutté pour l’indépendance du pays en…
Une internationale

A la découverte d'un Paris insolite en compagnie d'un greeter

 Comme beaucoup d'Américains, Mike, Dennis, Brian et Derek rêvaient de visiter Paris, mais pas forcément à la manière de touristes ordinaires. Ils ont donc fait appel aux greeters, ces habitants qui font découvrir aux voyageurs une capitale hors des sentiers battus. 
Actu internationale
En direct d'Europe
Expat
Expat - Emploi

Un pâtissier français détenu en Chine depuis cinq mois

Un pâtissier français, employé à Shanghaï d'une chaîne de boulangeries fermée pour raisons sanitaires, est en détention depuis cinq mois en Chine, a révélé sa famille qui a lancé une pétition pour sa libération, une situation que le Quai d'Orsay suit "avec la plus grande attention".
Expat - Politique

GESTION DE CRISE – Les consuls face à l’exceptionnel

Peu importe l’endroit ou le pays dans lequel vous pouvez vous trouver dans le monde : en situation de crise, la France par le biais de ses consuls protège ses concitoyens. Cette année, 89 consuls et consuls généraux exercent leurs missions à travers le monde. Mais attention, ils ne doivent pas être confondus avec les ambassadeurs… Petit tour d’horizon de leurs missions et des actions qu’ils peuvent mener en cas de crise. 
Magazine