Varsovie

FIN D'EXPAT - Avec Sophie Vauthier

Si certains d'entre vous profitent de l'été pour arriver et s'installer à Varsovie, d'autres quittent la capitale. C'est le cas de Sophie Vauthier, professeure d'anglais et de lettres au lycée français de Varsovie. Nous l'avons rencontrée entre deux réceptions de conteneurs et remplissages de cartons.

 

Nom :  Sophie Vauthier

Âge : 46 ans

Profession : professeure de lettres et d’anglais au Lycée Français de Varsovie

Originaire de Nancy

Aime : partager, rire, enseigner

N'aime pas : le manque de bienveillance

Que vouliez-vous faire quand vous étiez enfant ? Enseigner, déjà. 

Qu'est-ce qui vous a amenée en Pologne ?

Le travail de mon mari dans l’entreprise Suez. 

Qu'est-ce qui vous fait quitter la Pologne ?

Le travail de mon mari. 

Qu'est-ce qui vous a surpris en arrivant à Varsovie ?

Qu'une capitale européenne puisse être aussi « campagne ». La verdure est partout et cela entraîne une douceur de vivre très agréable.

Les conseils que vous auriez aimé avoir avant d'arriver en Pologne :

Je trouve qu’on est assez bien préparé de manière générale, les cultures française et polonaise étant assez proches. 

 Pièce de théâtre montée avec les élèves de Sophie.

 

Votre mot préféré en polonais :

Alors c’est plutôt le mot que je déteste : sprzątać (nettoyer) parce que je déteste faire le ménage et qu’en plus il est impossible à prononcer !

En y repensant, mon mot préféré est en fait Warszawa parce qu’à chaque fois que je l’entends je me dis « c’est chez moi » et qu’il fait bon y vivre.

Quels sont les plus beaux souvenirs de votre vie polonaise ?

Toutes les personnes rencontrées et la découverte des autres régions polonaises. Nous avons fait de nombreux voyages en famille et entre amis dans le nord, en Mazurie, etc. Je trouve que c’est un pays magnifique. La Pologne est le seul pays d’Europe qui ait une forêt primaire. Je trouve cela merveilleux.

Avez-vous ressenti des moments de solitude ?

Oui à mon arrivée. Je suis allée chez un boucher qu’on m’avait recommandé parce qu’il parlait français. En arrivant je lui demande s’il parle français, il me fait non de la tête. Même réaction quand je lui demande s’il parle anglais ou allemand qui sont toutes les langues que je connais. Je commence donc à lui montrer la viande en faisant « meuh » pour lui faire comprendre que je voulais du bœuf. Une fois la viande souhaitée identifiée, je lui montre cinq avec les doigts en disant « cinq meuh » Pendant ce temps, la file s’était allongée et il y avait alors beaucoup de monde derrière moi. Il m’a alors répondu en français, justifiant son comportement en me disant « Je m’amuse comme je peux ! ».

Pour vous les Polonais sont ...

Libres ! Ils ont une façon unique de vivre leur liberté. On ne juge pas les comportements et le politiquement correct n’existe pas. On peut dire ce qu’on pense sans l’enrober.

J’aime aussi la façon qu’ils ont d’occuper l’espace urbain.

Qu'avez-vous tiré de cette expérience ?

L’apprentissage d’une nouvelle langue qui est quelque chose de très important pour moi. La modalisation du discours montre un schéma de pensée, une façon de concevoir le monde.

J’ai aussi découvert une culture à la fois très différente et très proche de ce que je connaissais. Il y a une douceur de vivre très agréable ici. Dans mon quartier, Saska, on se sent presque comme à la campagne. Les enfants se déplacent à vélo, on s’y sent très en sécurité. Ils ont d’ailleurs adoré notre vie polonaise qui a été pour eux synonyme de liberté et d’indépendance.

Des amis viennent passer 24h à Varsovie. Quel est le programme ? 

Je pense que nous commencerions par le Warsaw Adventure Tour. Faire le tour de la ville en bus permet d’avoir une bonne vue d’ensemble. Ensuite probablement le musée de l’Insurrection me semble être un indispensable. Un film y est projeté où on peut voir la ville rasée. Il permet de mieux comprendre l’histoire de Varsovie. Nous ferions probablement un tour au Palais de la Culture et des Sciences, bâtiment controversé mais emblématique de la capitale.  Pour le soir, certainement un concert de Chopin au parc Lazienki (j’adore mais mes enfants n’en peuvent plus !), ou un tour à l’opéra, au ballet ou au théâtre. Ici la culture est très accessible, tant par la programmation que par les tarifs. Le fait que beaucoup d’œuvres soient sur-titrées en anglais rend la chose encore plus facile. La scène théâtrale polonaise est incroyable et j’adore le metteur en scène Warlikowski ! Il faut aller voir ses spectacles … et notamment « les Français ».                                                                    Déjeuner du weekend avec sa "tribu"

Quelles sont les adresses qui vont vous manquer ?

Tous les endroits où on peut manger de bons pierogis, les petits restaurants comme Nolita (ul. Wilcza) et The Bell (ul. Zwycięzów). Le resto-boîte No Comment (al. Maja) va aussi me manquer. C’est mon endroit préféré en soirée !

Mon quartier que j’adore.

Pour le shopping, la rue Hoża mais aussi  TK Max qui est mon magasin préféré! On y trouve de tout à des prix défiant toute concurrence !

Quels sont vos projets après le départ ?

Nous partons pour Casablanca. Nous allons au Maroc pour le travail de mon mari et j’y enseignerai dans le lycée français.

Passer d’un pays catholique avec un gouvernement de droite à un royaume musulman sera un gros changement ! Mais je suis toujours très heureuse de découvrir un nouvel endroit. C’est un sentiment assez particulier : un bout de mon cœur est heureux de la découverte à venir, l’autre est conscient de ce qu’on perd. 

 © Photo 1, 2 et 3 : Sophie Vauthier

Méline Laffabry (lepetitjournal.com/Varsovie) - Mardi 11 juillet 2017

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite !

Suivez-nous sur Facebook

 

TOURISME EN POLOGNE – A la découverte de Gdańsk, la perle de la Baltique

La cité hanséatique continue de fasciner après plus de 1 000 ans d’existence et continue d’attirer touristes et curieux. Sous un soleil estival ravissant qui éclaire le littoral de la Baltique, venez découvrir la séduisante Gdańsk, son ambiance portuaire ainsi que son architecture majestueuse à travers un itinéraire touristique spécialement concocté pour vous...

FIN D'EXPAT - Avec Sybille Lamson

Avant qu’elle ne plie bagage lepetitjournal.com/Varsovie est allé à la rencontre Sybille Lamson. Autour d’un thé, nous avons parlé d’expériences, de rencontres mais surtout de lumière !

COUR SUPRÊME - Le Sénat vote la loi

Dans la nuit de vendredi 21 à samedi 22 juillet, malgré les manifestations devant le Parlement à Varsovie, les mises en garde de l’Union européenne et les appels de Washington, le sénat a voté la loi…

AGENDA DU WEEK-END- Les bons plans

Varsovie restera fidèle plus que jamais ce week-end à sa réputation de ville musicale: jazz, latino, ou encore musique classique avec Chopin ou Mozart, les mélomanes devraient trouver leur bonheur.…

REFORME DES TRIBUNAUX - Le PiS va jusqu'au bout

Jeudi, la chambre basse, où le parti conservateur Droit et justice (PiS) est majoritaire, a voté la proposition de loi sur la Cour suprême par 235 voix pour, 192 contre et 23 abstentions. Cette loi…
Une internationale

FRANÇAIS EN INDONÉSIE - Chanee le protecteur des gibbons

Aurélien Brulé dit Chanee est français et installé en Indonésie depuis 19 ans. Il est le fondateur de la fondation Kalaweit qui recueille les gibbons, ces petits singes à la fourrure laineuse. Au nombre de vues des ses vidéos sur internet, il est également un des principaux défenseurs de la forêt tropicale et de sa faune. Chanee nous raconte son parcours et son combat quotidien face à la déforestation 
Actu internationale
En direct d'Europe
Expat
Expat - Emploi

COACHING – L’effet miroir de mes parents

Chaque fois que ses parents viennent lui rendre visite à New-York, Bertrand a comme l’impression de se regarder dans « un miroir déformant ». Il ne se sent pas à l’aise en leur présence, culpabilise et a la désagréable impression d’être un fils indigne… Alors qu’il croyait qu’en fuyant la France il résoudrait son problème, il réalise en fait qu’il doit avant tout se faire face à lui-même. 
Expat - Politique

GESTION DE CRISE – Les consuls face à l’exceptionnel

Peu importe l’endroit ou le pays dans lequel vous pouvez vous trouver dans le monde : en situation de crise, la France par le biais de ses consuls protège ses concitoyens. Cette année, 89 consuls et consuls généraux exercent leurs missions à travers le monde. Mais attention, ils ne doivent pas être confondus avec les ambassadeurs… Petit tour d’horizon de leurs missions et des actions qu’ils peuvent mener en cas de crise. 

TRIBUNE - La marginalisation des Français de l'étranger est En Marche

"Make French People abroad great again !Je me permets d'interpeller officiellement les 10 députés de la République En MARCHE à l'étranger. Dans le discours du President de la Republique à Versailles, comme dans le discours de politique générale du Premier Ministre on ne trouve aucune mention aux Français de l'étranger". Une tribune de Boris Faure, Conseiller consulaire des Français de Belgique
Magazine