GALLICISMES : Vous parlez mieux polonais que vous ne le pensez

 

Szampan, fryzjer, parasol, balkon, awantura, adres, fotel, toaleta, bon ton, awangarda : lepetitjournal.com fait à sa manière l’inventaire des mots et expressions que le polonais doit à la langue française [archive 2011]

Chers francophones de passage en Pologne et désireux d’apprendre la langue de ce pays mais désespérés devant les obstacles à vaincre, n’ayez crainte : comme le Bourgeois gentilhomme qui disait de la prose sans le savoir, vous parlez déjà (un peu) polonais.

Une empreinte indélébile
La France, ce jadis grand pays qui n’avait de cesse d’éclairer de ses lumières l'Europe toute entière durant au moins deux siècles, avait marqué la Pologne d’une empreinte indélébile. Conséquence d’une suite d’événements majeurs (couronnement d’Henri de Valois roi de Pologne, politique pro-française de Ladislas IV et de Jean III Sobieski, règne de la dynastie saxe mais française par le cœur, des Wettins, puis guerres napoléoniennes, création du Duché de Varsovie et Grande émigration), l’influence de la France s’était fait sentir dans beaucoup de domaines, artistique, littéraire, celui de la vie quotidienne de la noblesse, celui de la mode... Et celui de la langue où elle avait laissé des traces durables sous forme de gallicismes, ces mots et expressions d’origine française. Et ils sont légion.

Allons d’abord chez le fryzjer
Voyez comme l’Histoire fait bien les choses ! Vous voilà, sans avoir à lever le petit doigt, en possession d’une langue étrangère que vous croyiez à tort hors de portée. Rassemblez donc, dans votre baluchon de pèlerin, tous ces vestiges du passé glorieux, et en avant pour la conquête de la Pologne !

Noblesse oblige, allons d’abord chez le fryzjer pour vous faire friser les cheveux ; comme c’est un fryzjer wizażysta, il saura conseiller une koafiura seyante pour chaque type de visage et il proposera même une peruka pour les plus chauves.

Après ce rendez-vous incontournable, rendons-nous dans un salon haute couture où une vendeuse à l’allure de femme fatale sera si persuasive que vous craquerez pour un szal z tiulu très glamour au prix de 200 euros : une bagatela !

Une belle romans
Vous voilà beau comme un amant ou, si vous êtes une dama, quelle kokietka vous faites ! Quelle toaleta, quelle ekspresja ! Il ne vous manque qu’une touche de perfumy pour aller au théâtre voir un spectacle qui, à en croire l’afisz, semble du plus haut intérêt. En effet, c’est une pièce d’awangarda. Les comédiens de la trupa sont excellents et, ce qui ne gâche rien, il y a un dyplomata dans votre loża, attaché, konsul ou même ambasador, en tout cas un monsieur très szarmancki. Ou alors c’est une dama, une szansonistka très en vogue pour laquelle vous vous sentez tout à coup près à commettre une mezalians. Pendant l’antrakt, vous sortez ensemble dans les kuluary pour vous dégourdir les jambes, et la szansonistka semble ravie de vos komplementy !

Tout ceci se termine par une romans qui débute le soir même dans un buduar ou une garsoniera. Après avoir bu beaucoup de szampan, au petit matin vous avez une faim de loup, mais ne voilà-t-il pas qu’on vous apporte sur un plateau rien que des frykasy : de la sos dans une jolie sosjerka, du bulion, une omlet et une szarlotka, et encore des korniszony et de la majonez, sans parler de l’oranżada pour faire passer tout ça.

Le kowboj
Hélas ! Vous vous apercevez avec effroi que vous commencez à manquer de vocabulaire, celui laissé par vos ancêtres n’ayant plus, ou si peu par rapport à l’âge d’or, été renouvelé après la seconde guerre mondiale (on dénombre environ 200 mots et expressions). Vous avez beau vous cacher derrière la bagietka, la butik et la wersalka, vous êtes démasqué. Ce ne sera pas tout de suite la gilotyna, vous avez encore votre mot à dire, mais il faut se rendre à l’évidence : l’affreux kowboj a déjà pris votre place encore chaude.

Anna Kryst (www.lepetitjournal.com/varsovie) jeudi 3 novembre 2011

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