DONALD TUSK – Quelles alternatives politiques ?

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Le Français Michel Marbot a refait parler de lui dans les médias polonais ces deux dernières semaines. En effet, il s’est installé pour la deuxième fois, après sa grève de la faim de juillet, devant le bâtiment de la Diète polonaise, rue Wiejska à Varsovie, pour demander le respect des engagements pris par le ministre de la Justice Jarosław Gowin et le défenseur des droits civiques vis-à -vis des travailleurs de sa société en faillite Malma.
Depuis plus d’un an, ces travailleurs sont sans travail, l’administrateur judiciaire ayant arrêté la production de pâtes Malma en confisquant des pièces des machines de la chaîne de production, et ils n’ont toujours pas perçu les salaires impayés et les indemnités de licenciement qui leur sont dues conformément au droit polonais, à en croire en tout cas Michel Marbot, mais aussi l’actuel ministre de la Justice et son prédécesseur Krzysztof Kwiatkowski, ainsi que les juristes abordés par le syndicat Solidarność. Michel Marbot expliquait dans l’interview publiée le 12 septembre dernier dans l’édition de Varsovie du Petit Journal les circonstances dans lesquelles la marque de pâtes alimentaires Malma qu’il avait fondée au début des années 90 avait été acculée à la faillite et il nous décrivait les agissements de l’administrateur judiciaire et du principal créancier de Malma, la banque Pekao SA, deuxième banque de Pologne et filiale de l’Italienne Unicredit.
Si Michel Marbot a repris le 25 septembre dernier son mouvement sous la même forme radicale qu’en juillet, c’est parce qu’il a le sentiment que les promesses du ministre de la Justice et du Défenseur des citoyens n’ont pas été tenues puisque les salariés de Malma sont toujours dans la même situation et que, deux mois après la suspension de sa première grève de la faim, l’eau n’a toujours pas été rétablie dans les logements d’entreprise habités par des retraités de Malma. Sur cinq familles, quatre sont d’ailleurs déjà parties.
Un autre motif avancé par M. Marbot : le tribunal responsable de la gestion de la faillite de Malma est le tribunal de Gdansk dont le président vient d’être démis de ses fonctions à la suite d’une provocation d’un journaliste qui s’était fait passer pour l’assistant du chef de la chancellerie du premier ministre, une provocation qui a mis à nu la grande servilité de la justice polonaise, en tout cas dans la région de Gdansk, vis-à -vis du pouvoir politique. Une servilité déjà dénoncée avant l’enregistrement de la conversation compromettante, divulguée par le journal conservateur proche du PiS Gazeta Polska, en raison de l’impunité dont semble avoir bénéficié l’institution parabancaire (en fait une pyramide financière) Amber Gold auprès du parquet et de la justice de Gdansk et des soutiens que son président Marcin Plichta semble avoir eu auprès des caciques locaux du PO, le parti du Premier ministre Donald Tusk.
Michel Marbot a toutefois suspendu son mouvement vendredi dernier, après 11 jours consécutifs sans manger, son médecin lui ayant signifié qu’il mettrait gravement sa santé en danger s’il continuait à ne se nourrir que de jus de fruits et d’un bouillon de légume pris sous forme liquide une fois par jour. Après les échos dans les médias polonais (certaines chaînes de télévision, le tabloïd Fakt, premier quotidien national, le site d’information wPolityce.pl, etc.), les déclarations de soutien de députés de toutes tendances, y compris de la majorité, et les nouveaux engagements pris par le défenseur des droits civiques pour accélérer son intervention, Michel Marbot espère cependant avoir d’ores et déjà gagné son combat pour ses travailleurs. Une affaire à suivre...
Olivier Bault (www.lepetitjournal.com/varsovie.html) jeudi 11 octobre 2012
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