Varsovie

VETO PRESIDENTIEL - Les réactions

Le veto du Président faisait hier la Une de tous les journaux créant la surprise au sein du gouvernement comme de l'opposition. 

Au sein du PiS

La presse constate à l’unanimité que le PiS a été surpris par la décision d'Andrzej Duda. La direction du part PiS a aussitôt mis en place une réunion d'urgence et la chef du gouvernement, Beata Szydlo, les présidents de la Diète et du Sénat ont demandé à rencontrer le président Andrzej Duda. Ils auraient tenté de le convaincre de soutenir les lois sur la Cour suprême et sur le Conseil national de la Magistrature (KRS) lui promettant d’y inscrire tous ses amendements au cours d’une session supplémentaire du Parlement qui aurait pu être organisée la semaine prochaine.

Mais cet entretien n’a abouti à rien. Le soir même, Beata Szydło et Andrzej Duda ont tous deux pris la parole à la télévision. Mme Szydło a défendu ses vastes réformes de la justice et a promis de les poursuivre en dépit du veto présidentiel qui ne fait que ralentir la mission de son gouvernement. Elle a rappelé que le renouvellement des cadres au sein de la juridiction était nécessaire pour « le bon changement » dont son parti était porteur. Mme Szydło a enfin déclaré que son gouvernement ne céderait pas devant la pression de la rue et de l’étranger.

Le président a de son côté de nouveau exposé les arguments qui l’ont poussé à opposer son veto aux deux lois et a souligné que la réforme de la justice devait être conforme à la Constitution. Il a réitéré la déclaration de vouloir proposer bientôt lui-même les lois sur la Cour suprême et le KRS.

Le portail Onet.pl prête attention au fait que la télévision publique a émis l’allocution de la chef du gouvernement avant celle du président alors que les chaînes privées ont donné la priorité à ce dernier. Le portail se demande si un conflit ne serait pas sur le point de se déclencher entre le Palais présidentiel et le PiS. 

Gazeta Wyborcza rappelle qu’en effet, M. Duda a commencé à s’émanciper au printemps en prenant l’initiative de proposer un référendum constitutionnel. Il a ensuite écarté de sa Chancellerie les proches du PiS et a opposé récemment le veto à la loi sur les Chambres régionales des comptes. Onet.pl évoque également dans ce contexte son conflit avec les ministres de la Défense et des Affaires étrangères sur la nomination des généraux et des ambassadeurs. Même Nasz Dziennik reconnaît que la communication entre le Palais présidentiel et le gouvernement est mauvaise et qu’il s’agit d’une « querelle dans la famille ». De nombreux médias prêtent attention au fait que cette dégradation des relations PiS-Duda pourrait résulter du conflit personnel du Président avec le ministre de la Justice Zbigniew Ziobro qui dans la loi sur la Cour suprême s’est octroyé plus de droits que n'en a le président.

Dans la presse et l'opposition

Gazeta Wyborcza et Rzeczpospolita saluent la décision d'Andrzej Duda et évoquent ses motivations, lorsqu'il a lui-même cité Zofia Romaszewska, conseillère du président et figure importante de l’opposition anti-communiste:
« Elle m’a dit des mots qui m’ont le plus frappé : “Monsieur le président, j’ai vécu dans un Etat dans lequel le procureur général avait une position incroyablement forte et en somme pouvait tout faire, et je ne voudrais pas revenir vers un tel Etat.” »...

Quant aux réactions politiques, le président du groupe parlementaire du PiS, M. Ryszard Terlecki, a partagé ses préoccupations sur « la caste qui se défend de manière si hystérique (et qui) a pris temporairement l’avantage après la décision du président ». Les partis Kukiz’15 et PSL se sont déclarés satisfaits de la décision du chef d’Etat alors que la PO et Nowoczesna ont eu des réactions mitigées et ont regretté que le Président n’ait pas rejeté la loi sur le fonctionnement des tribunaux ordinaires. Le leader de Nowoczesna a déclaré dans un entretien avec Rzeczpospolita que le fonctionnement de ces tribunaux doit certes être réformé, compte tenu de la lenteur des procédures, mais selon lui, la réforme du PiS ne vise qu’à s’approprier les tribunaux et à y placer ses juges-fonctionnaires. Si après les vacances d’été, le PiS confirme son agenda en s’en prenant aux médias et aux autorités locales, M. Petru annonce qu’un million de Polonais pourrait sortir dans les rues et destituer le gouvernement PiS.

A l'international

Rzeczpospolita voit dans le veto présidentiel l’espoir de réparer les relations Pologne-UE. Le journal cite la porte-parole de la chancelière Angela Merkel pour qui c’est « une chance  pour renouer le dialogue entre la Pologne et la Commission européenne ». Le journal constate tout de même qu’avant les parlementaires en Allemagne, il ne faut pas compter sur une nouvelle ouverture dans les relations bilatérales ou sur un sommet au format Weimar. Quant aux relations avec la France, le journal fait savoir que la réaction de Paris au veto présidentiel est très positive. « La décision du Président Duda aura une suite très positive pour le sort de la Pologne en Europe. La mobilisation des Polonais pour défendre la démocratie et l’Etat de droit sous les étendards européens est impressionnante. Mais l’aspect économique reste important, c’est-à-dire le maintien des garanties de sécurité pour les investissements étrangers qui sans une juridiction indépendante, n’est pas possible », apprend Rzeczpospolita d’une source concomitante à Paris. 

La Rédaction (lepetitjournal.com/Varsovie) - Mercredi 26 juillet 2017

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