Varsovie

TRUMP A VARSOVIE - Un franc succès

Si le président Trump, souhaitait, comme beaucoup de médias l'ont dit, redorer son image à l'international en faisant une escale à Varsovie avant le G20 de Hambourg et son face à face avec Poutine, l'objectif semble atteint. Acclamé par la foule, en appelant les peuples d’Occident à se battre pour leur famille, pour leur patrie, pour leur civilisation et pour Dieu, Donald Trump a également signifié son soutien à la politique menée par les pays d'Europe centrale et orientale dans leur conflit sur l'immigration face à l'ouest du continent. 

C'est par la Pologne que le président américain a entamé sa visite en Europe. Place Krasinski, devant tous les anciens présidents de la Pologne démocratique, y compris Lech Walesa, Donald Trump a déposé en compagnie de son homologue polonais, Andrzej Duda, une gerbe devant le monument à la gloire des combattants de l’Insurrection de Varsovie en août-septembre 1944. Lors de son discours à la nation polonaise, il a vanté à de multiples reprises « l’héroïsme des Polonais » à travers l’Histoire: « Dans le peuple polonais, nous voyons l’âme de l’Europe », a t-il déclaré. Le président américain a également axé son propos sur la défense de la civilisation occidentale déclarant que « la question fondamentale de notre époque, c’est de savoir si l’Occident a la volonté de survivre. Avons-nous suffisamment confiance en nos valeurs pour les défendre à tout prix ? Avons-nous assez de respect envers nos citoyens pour protéger nos frontières ? Avons-nous le courage de préserver notre civilisation face à ceux qui voudraient la subvertir et la détruire? ». Il a aussi réitéré de manière très explicite l’engagement américain au titre de l’article 5 du Traité de l’Atlantique nord, chose qu’il avait refusée de faire au dernier sommet de l’OTAN à Bruxelles, tout en appelant les Européens à augmenter leur contribution financière. L'imprévisible président s'est enfin montré sévère envers la Russie en parlant du "comportement déstabilisateur" de cette dernière et rassurant envers la Pologne, laquelle compte sur les Etats-Unis pour garder son leadership au sein de l'OTAN.

En se rendant au sommet de l’Initiative des trois mers à la rencontre des dirigeants de douze pays d’Europe centrale et orientale, Donald Trump a fait la promesse de la fin de la dépendance à la Russie sur le gaz, grâce aux exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) américain et aux gazoducs qui relieront bientôt ces pays dans l’axe nord-sud. 

Les échos dans la presse polonaise

« Amour » : c’est un des mots les plus fréquemment utilisés par les journalistes pour désigner à la fois la relation de Donald Trump à la Pologne et l’attitude des Polonais à l’égard du président américain, qui lui était entièrement acquis lors de son discours public. Pour le rédacteur en chef de Polska The Times ,« la visite de Donald Trump à Varsovie est un succès absolu de la Pologne » pour deux raisons : « les mots sur l’article 5 du traité de l’OTAN [sic] » et « les mots émouvants sur notre histoire. Je ne me souviens pas que le plus important responsable politique occidental ait jamais donné au monde une leçon d’histoire de la Pologne aussi émouvante ».  Il se réjouit également de « l’approche plus dure vis-à-vis de la Russie ».

Un autre journaliste du même titre observe cependant que dans cette « avalanche de mots », il n’y a eu qu’une seule « chose concrète […] : l’offre américaine de livraison de gaz GNL. […] Que l’on veuille voir la Pologne comme une puissance régionale qui se relève ou comme une oasis de la démocratie libérale ouest-européenne, pour ne serait-ce que se rapprocher de ces rêves, nous devrions enfin arrêter de réagir à la venue d’un président américain à la manière d’Aztèques accueillant leur dieu blanc ».

« La Pologne dans les bras de Trump », titre en Une Rzeczpospolita en soulignant que les paroles tant attendues ont bien été prononcées, notamment sur l’engagement des Etats-Unis à garantir la sécurité des alliés. « Les Etats-Unis ont prouvé, non seulement avec des mots, mais avec des actes, que nous appuyons fermement l’article 5 » du traité de l’OTAN, a dit Donald Trump. Le journal signale que contrairement aux attentes, ce n’était pas un discours de politique étrangère mais qu’il était très focalisé sur l’histoire et l’identité, insistant sur la nécessité de défendre la civilisation commune occidentale. Marek Migalski, politologue et ancien député au Parlement européen du PiS, estime que cette visite était « totalement concentrée sur les affaires » et il compare Trump à un VRP qui vend des armes, du gaz et d’autres marchandises. Le journal souligne quand même la concrétisation de certaines propositions, notamment l’achat du système de défense Patriot et une déclaration politique sur l’achat éventuel de gaz liquéfié.

Le rédacteur des pages étrangères du même journal est satisfait de ce que Trump n’ait pas attaqué la chancelière Merkel, qu’il n’ait pas essayé de diviser l’Europe et enfin, que la Pologne n’ait pas à faire le choix entre qui elle aime le plus : « maman Merkel ou papa Trump ». Dans ces temps incertains, la Pologne a besoin de deux parents responsables, conclut le journaliste.

Sur le plan de la politique intérieure, le commentateur évoque la visite de Trump et son discours comme « un cadeau américain » pour le gouvernement et le parti au pouvoir, qui ont pu entendre de douces paroles sur les belles pages d’histoire, des éloges sur l’héroïsme des Polonais, de l’admiration et de l’attachement aux valeurs, au patriotisme, à la lutte pour la liberté et l’indépendance. Le PiS pourra encore longtemps se vanter de ce succès. Du point de vue économique, le « voyage d’affaires » est également réussi. Bien que le discours n’ait pas divisé les Européens, le journal constate que cela a été le cas du gouvernement et de l’opposition. La foule sur la place de Varsovie a hué à la fois l’opposition, la traitant de « traîtres et voleurs », et la légende de Solidarność Lech Wałęsa a été appelée « Bolek » (nom de code hérité de sa collaboration présumée avec les services de sécurité à l’époque communiste). La question de la liberté, évoquée lors de la conférence de presse commune des deux présidents, a également provoqué des crispations dans les rangs de l’opposition qui a déploré une attaque inutile contre les médias privés.

Enfin, le journal relate la réunion des dirigeants des pays des « Trois Mers » et souligne que c’était un moment prestigieux pour le président polonais et une chance pour lui de sortir de l’ombre de la politique régionale européenne. Nasz Dziennik, quotidien catholique et proche du pouvoir, évoque le « discours historique et des propos que l’Europe n’a pas entendus depuis longtemps ». Le journal se félicite de la défense par le président américain des valeurs comme Dieu, la famille, la vie et la liberté, fondements de la civilisation occidentale depuis des siècles et aujourd’hui menacées par le nihilisme et l’idéologie athée.

Dans une perspective plus internationaliste, Gazeta Wyborcza a qualifié la visite de « sympathique » mais ne cache pas sa « déception ». Parmi les manques, le quotidien d’opposition relève « le faible espace accordé aux garanties découlant du pacte transatlantique, […] l’absence de discussions sur la présence militaire américaine en Pologne [NDLR : au-delà de 2020] » ou encore, parmi les menaces et les crises dans le monde, le silence sur le Proche-Orient, la prolifération d’armes de destruction massive et le changement climatique. L’éditorialiste regrette aussi que le président américain n’ait pas reconnu le rôle de l’Union européenne dans la réconciliation entre les peuples et le dépassement des œuvres génocidaires. « Cela confirme les suppositions selon lesquelles Trump est venu à Varsovie pour que les télévisions enregistrent les foules affrétées en autocars par le PiS et scandant son nom. Il n’aura un tel accueil dans aucune autre capitale européenne. » Un autre commentateur constate également que « le discours du président Donald Trump a surtout joué sur la fierté nationale des Polonais. »

La Rédaction (lepetitjournal.com/Varsovie) - Lundi 10 juillet 2017

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