Varsovie

POLITIQUE ETRANGERE - Les grandes orientations de 2017

Le ministre des Affaires étrangères polonais, Witold Waszczykowski, a présenté le 3 janvier les priorités de sa politique étrangère devant les membres du gouvernement et dans une interview à Polska the Times, il évoque les échéances électorales dans le monde, parle de l’idée de l’Europe unie selon le PiS ainsi que de la diplomatie polonaise.

L’ambition de la Pologne est de briguer un siège en tant que membre non-permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, de réformer le système institutionnel de l’UE après le Brexit, de relancer le Partenariat oriental, d’élargir le réseau des missions diplomatiques dans le monde et de mettre en œuvre les décisions du sommet de l’OTAN à Varsovie concernant le déploiement de bataillons internationaux sur le flan oriental de l’Alliance. 

Selon Dziennik Gazeta Prawna, le PiS considère que l’une des raisons du Brexit a été l’inefficacité des institutions de l’UE pour contenir la crise migratoire et le terrorisme. Le journal estime que l’équipe au pouvoir sera intéressée par le renforcement du Conseil européen au détriment de la Commission européenne.

En ce qui concerne la coopération avec les partenaires étrangers : le partenariat stratégique avec le Royaume-Uni annoncé au début du mandat du PiS a perdu de l’ampleur après le Brexit, en revanche, les tensions dans les relations avec l’Allemagne semblent avoir été apaisées et on note un retour à une coopération pragmatique entre les deux pays.

Il n’est pas encore clair quelles seront les relations entre la Pologne et les Etats-Unis sous la présidence de Donald Trump. Officiellement le ministère des Affaires étrangères polonais se déclare optimiste, mais il suit avec attention toutes les nominations et les gestes liés au "reset" russo-américain annoncé.

 

Interview de Witold Waszczykowski par Polska The Times  

Dans une interview accordée à Polska The Times  le 23 décembre, M. Waszczykowski déclare ne pas être étonné par le résultat des dernières élections en Europe et aux Etats-Unis. Quant à la présidentielle française, il croit en la victoire de François Fillon.

Interrogé sur les relations UE-Pologne, le ministre répète que le PiS est partisan de la réforme des institutions européennes et souhaite en particulier redéfinir les relations de la Pologne avec les Etats membres. « Soutenir les Etats membres devrait être la première tâche de l’UE […] La crainte de l’ingérence excessive de l’Union européenne dans la vie de ses Etats membres persiste dans de nombreux pays, la Pologne y compris, et a eu un impact sur le résultat du référendum en Grande-Bretagne », constate le ministre. D’après lui, la Commission européenne devrait être avant tout gardienne des quatre libertés. Interrogé sur un éventuel clivage de l’Union européenne en deux blocs représentés par l’Europe occidentale et l’Europe centrale, M. Waszczykowski constate à regret que « nous nous voyons souvent refuser le droit de parole lors des discussions sur l’éventuelle réforme de l’UE ». En réaction à cela, l’Europe centrale se consolide davantage, d’où le renforcement de la coopération au sein du groupe de Visegrad ou encore l’idée de l’Union entre les trois mers.

A la question de savoir si, afin d’équilibrer ses relations diplomatiques, Varsovie ne devrait pas renforcer la coopération du Triangle de Weimar, le ministre répond que la Pologne coopère très bien avec l’Allemagne alors que « la France s’esquive de ce format à cause de de sa situation interne ». D’après M. Waszczykowski, la décision de mettre fin aux négociations sur les Caracal ne devrait pas avoir d’influence sur les relations bilatérales.

Interrogé enfin sur le soutien de la Pologne au renouvellement du mandat de M. Donald Tusk à la tête du Conseil européen, le chef de la diplomatie dit vouloir encore s’entretenir avec lui mais constate en même temps que la présence de M. Tusk à Bruxelles n’apporte à la Pologne « rien d’utile ».

Source: Polska the Times - 23 décembre

La Rédaction (lepetitjournal.com/Varsovie) - Jeudi 12 janvier 2017

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