Valence

FALLAS 2017 - Une fête qui divise les Valenciens

 

Si les touristes affluent en masse sur Valence pour profiter des fallas, certains habitants n’hésitent pas à s’éloigner le plus possible des pétards et des verbenas qui résonnent aux 4 coins de la ville. Les Fallas, on adore ou on déteste, voire, on adore les détester et on peut détester les adorer. C’est en tout cas ce que Lepetitjournal a pu relever en allant interroger des locaux. Des témoignages … explosifs ! (Photos©LPJValence)

C’est lors du traditionnel almuerzo à la cafétéria d’une société que la discussion a été lancée avec cette question : « Et vous, que pensez-vous des Fallas ? »

Voici leurs réponses :

Cesc « Je déteste les Fallas. C’est un p*** de chaos partout, de gens bourrés, de pipi, de tout. Les seules choses que j’aime, ce sont les feux d’artifices, les pétards et les mascletas. J’enlèverais tout le reste. »

Marta « J’adore les Fallas, pour leurs monuments et surtout, pour les mascletas. C’est vrai que c’est un peu fatiguant de voir autant de gens dans la rue et tous ces accès coupés. Mais c’est inévitable pour ce genre de fêtes. Je lance des pétards comme tout le monde, mais il y en a certains qui n’ont aucun respect envers les autres et qui en jettent à n’importe quelle heure. »

Jordi « Les Fallas sont pour les falleros. Point barre. »

Oscar « Je n’aime pas les feux d’artifices, mais j’adhère à tout le reste. Comme je suis un gourmand, j’adore les churros au chocolat. Et c’est marrant de se balader dans la ville et des voir des Fallas. Par contre, j’abolirais la despertà. »

Enrique « J’ai été fallero. Les Fallas, je les porte en moi, dans mon sang. Cela fait partie de la tradition valencienne. Je ne les retirerai pour rien au monde. »

Claudio (installé depuis 2 ans à Valencia) « J’aime les Fallas mais mon chien beaucoup moins. Je suis Italien et je n’avais jamais vu une chose pareille dans ma vie. Ces monuments ont quelque chose de magique. »

Marie-Carmen « J’aime cette ambiance de fêtes, les monuments falleros, manger des buñuelos. En revanche, l’impunité dont bénéficient les gens pour mal se comporter et faire du bruit jusqu’à pas heure me dérange beaucoup. »

César « En tant que valencien, j’ai vu évoluer les Fallas depuis que je suis enfant. Aujourd’hui, on voit bien qu’il y a eu une exploitation des Fallas pour les faire passer d’une fête populaire à une fête commerciale. Et apparemment ça à l’air très rentable. Je trouve que le concept de falla en tant que monument est essentiel. Cela dit, ce n’est pas une fête ouverte à tous car de nombreux casals fallers sont fermés au public, surtout les plus connus. Un autre problème que je vois est le nombre croissant des fallas et l’impact qu’elles ont sur le voisinage, mais surtout, le peu de respect que les falleros ont envers ceux qui ne le sont pas. »

Vicente « Je suis fan des Fallas car je suis très attaché aux traditions en général, à l’ambiance de fête dans les rues, aux monuments, à la musique, aux mascletas, aux feux d’artifices. Maintenant que je suis plus âgé, j’en profite moins. Pour moi les Fallas, c’est les amis, faire la fête dans la rue et passer un bon moment. C’est important que, chaque région du monde, aussi petite soit-elle, conserve ses traditions et sa culture à tous les niveaux. Ce qui me dérange c’est l’affluence grandissante et les personnes sans éducation en général. Les enfants et les adultes qui lancent des pétards, pas de problème. Mais il faut que ça se fasse dans des zones autorisées et à des heures autorisées. C’est pareil pour tout ce qui est bruyant durant les fêtes. Nous les habitants de Valence, nous devons supporter ça quoi qu’il arrive. Du bruit il y en aura, c’est évident, vu l’engouement pour cette fête. Mais je pense que donner des amendes à ceux qui abusent un peu ne serait pas de refus. Ainsi, tout le monde pourrait en profiter tranquillement. Il ne faut pas gâcher la fête des autres pour quatre énergumènes qui ne savent pas se contrôler. Au final, je préfère vivre les Fallas dans ma ville. On est 40.000 et grosso modo, ça se passe comme à Valence mais avec beaucoup moins de monde et c’est beaucoup plus facile à vivre. Valence est une grande ville, il faut faire la queue, on n’avance pas, on se bouscule et il faut se déplacer beaucoup pour tout voir.»

 

Du bon et du moins bon, de l’engouement et du rejet : les Fallas divisent chaque année un peu plus les Valenciens.

Comme lors des fêtes de Bayonne, du carnaval de Binche ou des ferias de Nîmes, les locaux ont du mal à supporter les débordements et les comportements irrespectueux qui vont de pair avec la forte affluence liée à des événements d’une telle envergure.

L’apport des Fallas pour la ville de Valence est indéniable, aussi bien d’un point de vue médiatique qu’économique. Mais il ne faut pas oublier que ce sont les Valenciens qui font des Fallas ce qu’elles sont. Sans leurs participations, elles ne seront plus qu’un parc d’attraction à ciel ouvert.

 

Retrouvez le programme de la Semana Grande ainsi que l'ensemble de nos articles consacrés aux Fallas 2017 dans notre dossier spécial !

 

La Rédaction (lepetitjournal.com/valence) Vendredi 17 Mars 2017 
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