SOLIDARITE – Un collectif à l’origine de repas-poubelles à Madrid

Si vous avez l’habitude de vous balader dans les quartiers huppés de la ville, vous avez peut-être aperçu des hommes en costume fouiller dans les poubelles au cours de ces derniers mois. Rassurez-vous, ce n’était pas une hallucination ! Le collectif Comida Basura sait être créatif et reconnaît être un peu théâtral à l’occasion. Monté il y a près de deux ans à Madrid, ce dernier a vu son rôle s’amplifier avec la crise. Qui se cache derrière le groupe à qui profitent ses actions ? Explications par l’un des membres réguliers du collectif

"Ce n’est pas parce qu’un poivron n’est pas beau qu’il n’est pas bon !"
Le groupe Comida Basura (repas poubelle) porte bien son nom puisqu'il a pour mission principale de récolter les aliments directement dans les poubelles afin de confectionner des repas destinés aux plus démunis. Ricardo Merino, jeune membre du collectif, explique que le groupe est né d’une nécessité : "De plus en plus de gens ont commencé à faire les poubelles, à la recherche de restes de nourriture". L’idée ne date pas d’hier, "en fait ce type d’initiatives puise son origine aux États-Unis" précise Ricardo. Elle semble depuis avoir fait son chemin à Madrid si l’on en juge aux nombre croissant de personnes bénéficiaires et aux fluctuations constantes de ces membres. "Il nous arrive de préparer des repas pour près de cent cinquante personnes" raconte cet adepte de la récupération d’aliments, "le collectif, quant à lui, est composé de membres en tous genres, on vient vraiment de tous horizons, ce qui permet à chacun d’apporter ses compétences au collectif et de l’aider à avancer". Ricardo, lui, est ingénieur des ponts et chaussées. Son engagement, il l’explique en partie par son incompréhension. "Non, je ne comprends pas ces lois européennes comme espagnoles qui poussent les supermarchés et petits magasins à tout bonnement jeter les produits qui dépassent la date de péremption". "On est trop basés sur l’esthétique des aliments !" s’indigne-t-il, "ce n’est pas parce qu’un poivron n’est pas beau qu’il n’est pas bon !". Ricardo ne qualifie pas pour autant le collectif Comida Basura de groupe écologiste, "il s’agit plutôt d’être en harmonie avec la terre, avec ce qu’elle nous offre". Ce que semble désirer le groupe, c’est aussi que les lois soient en harmonie avec cette terre. Mais ça, ça ne semble pas gagné.

Plus de 150 kilos de gaspillage alimentaire par an et par personne en Europe
Première contrainte, récupérer des aliments issus des poubelles des supermarchés ou des particuliers est strictement interdit et passible d’une amende. À Madrid par exemple, Ricardo constate que "le contenu de toutes les poubelles de la ville appartient à la mairie" avant de reconnaître que "toute personne récupérant objets ou aliments dans l’une d’entre elles est passible d’une amende de cinq cents euros". Mais Ricardo l’affirme, "le collectif est prêt à prendre le risque". À nouveau, il s’indigne que les supermarchés et particuliers jettent autant d’aliments encore bons à la consommation : "En Europe, ce gaspillage représente plus de 150 kilos par an et par personne !" fait-il remarquer. Dépité, il ne peut que constater que "cela concerne tous les acteurs de la chaîne de distribution". C’est en partie pour tenter de rééquilibrer le tout que le collectif confectionne des repas-poubelles tous les uns à deux mois. Ainsi, en plein cœur du quartier populaire de Lavapiès, sur le terrain "Esta es una plaza", également converti en potager, plusieurs types de personnes se rencontrent pour profiter de ces repas un peu à part. Il y a ceux qui protestent contre ce gaspillage démesuré et sont pour donner une seconde vie aux aliments, ceux qui militent pour le changement des mentalités en général mais aussi et surtout ceux qui sont dans l’extrême nécessité et fréquentent avec assiduité les Comedores de la ville où ils bénéficient de repas gratuits. "Généralement, on organise la distribution des repas le lendemain de la récolte, pour garder les aliments en bon état" explique Ricardo Merino. Au menu, gazpachos et autres saveurs, principalement à base de fruits et légumes. "Dans les conteneurs, on ne récupère pas de viande ni de poisson car il est plus difficile de contrôler leur fraîcheur et leur qualité mais lors de la confection des repas, les membres peuvent amener un peu de riz ou de condiments" ajoute l’expert en la matière, avant de préciser que "le groupe est ouvert à tous, il suffit de participer à l’une des réunions si le cœur vous en dit. Et puis, c’est toute une philosophie de vie cette culture de la nourriture !". Pour philosopher en pratiquant la solidarité, rendez-vous donc au prochain repas public qui aura lieu en septembre.

Charlotte LAZAREWICZ (www.lepetitjournal.com - Espagne) Mardi 25 juillet 2012


Plus d’infos sur le blog du collectif http://comidabasurablog.wordpress.com/ ou la page facebook http://www.facebook.com/pages/Comida-Basura/375477932471338

 
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