Turin

FORMATION/CIF-OIT - Turin Learning Approach : une stratégie d’apprentissage sur mesure

Un modèle de formation centré sur l’apprenant et pas sur le formateur, des contenus flexibles adaptés aux besoins des participants, le respect des valeurs propres au système des Nations Unies : Robin Poppe, chef du Service des technologies de l’apprentissage et de la communication du Centre de Formation de l’OIT basé à Turin, nous présente le "Turin Learning Approach"

Robin Poppe, chef du Service des technologies de l’apprentissage et de la communication du Centre de Formation de l’OIT de Turin

Quels sont les axes principaux de la formation que vous proposez ?
Nous sommes une organisation internationale du système des Nations Unies, qui véhicule de fortes valeurs éthiques de participation, de démocratisation, de partage du savoir. Nous sommes ici un point focal pour ce qui se fait, s’expérimente ou est déjà consolidé dans l’ensemble des pays membres de notre organisation : c’est une grande valeur ajoutée que nous offrons, il faut que tous les participants qui bénéficient de nos activités soient imprégnés de cette dimension internationale. Si notre champ d’action est principalement lié aux thématiques de l’OIT (*), depuis quelques années nous proposons également un certain nombre de Masters en liaison avec des Universités et avec d’autres agences du système des Nations Unies.

En quoi consiste le "Turin Learning Approach"?
C’est notre approche particulière de l’apprentissage, celle qui nous différencie d’une business school. Cette approche repose sur trois grands principes : la pertinence (pour les participants et pour leur organisation), la qualité (qui permet de limiter le taux d’abandon, notamment pour la formation à distance) et l’impact (notre institution vise à renforcer d’autres organisations qui travaillent dans le milieu du développement et qui exigent des résultats concrets). Il est important de répondre aux attentes de nos participants, qui demandent des formations courtes, mises en place rapidement, de préférence près de chez eux. Et surtout très ciblées sur leurs besoins. Il suffit de voir la manière dont nous consommons aujourd’hui : au moment d’acheter un ordinateur ou une voiture, c’est nous qui en choisissons les composants. Pourquoi alors proposer un contenu standard si leurs besoins ne le sont pas ?

"Nous faisons en sorte que l’environnement de l’apprentissage soit stimulant, en prêtant une attention particulière à l’espace qui doit être le plus possible en phase avec l’activité proposée."

Le profil des participants à vos formations a-t-il également évolué ?
Ils sont de plus en plus familiarisés avec les nouvelles technologies, et cela dans l’ensemble des pays. Nous avons donc pu mettre en place une méthodologie nouvelle, adaptée à ces formations courtes : nous dialoguons avec eux avant et après le face à face à travers la formation en ligne. Dans cette méthodologie, appliquée à une grande partie de nos cours, les différentes phases se renforcent mutuellement : lorsque les participants se rencontrent, non seulement ils se connaissent déjà, mais en plus ils ont partagé une bibliographie de base. Ensuite, quand ils repassent à la phase en ligne, ils ont un degré de familiarité et de connaissance du sujet qui leur permet d’aller beaucoup plus en profondeur dans leurs questions, leurs analyses… Ce modèle de formation combinée permet de prolonger la situation d’apprentissage, en augmentant ainsi la pertinence, la qualité et l’impact de la formation.

Généralement, pour un meilleur impact de votre action sur une organisation, la participation à vos formations est-elle individuelle ou se fait-elle en équipe ?
Cela dépend du type de formation. Nous avons des cours ouverts, sur catalogue, où la participation est souvent individuelle et couvrant une multitude de continents.
Les trois quarts de nos activités, toutefois, sont sur mesure : nous travaillons alors avec une institution ou un certain nombre d’institutions ayant des relations entre elles. Cette deuxième solution est plus efficace du point de vue du renforcement institutionnel, bien sûr, même si la fréquentation d’un cours standard par différentes personnes envoyées au fil des ans par le même organisme a le même effet pour créer une masse critique, très importante si l’on considère la rotation du personnel.

"Puisque nous avons tous des styles différents d’apprendre, nous varions les méthodes que nous utilisons. Nous proposons également une approche pratique, concrète, qui consiste à résoudre un problème, par exemple, à manipuler quelque chose…"

Qu’elles aient lieu sur le campus de Turin ou dans les pays concernés, vos formations s’adressent à des participants de nationalités différentes. Cette dimension internationale a-t-elle des conséquences sur le contenu des cours ?
Nous favorisons le partage de connaissances venant de perspectives très diverses, issues d’horizons différents. C’est très bien d’être positivement "contaminé"par ce qui se fait ailleurs : quand on est en Thaïlande, on n’a pas forcément accès aux bonnes expériences de l’Afrique du Sud... Cela a aussi une conséquence méthodologique importante : le professeur n’est plus le seul qui présente ou théorise, puisque, sur certaines parties du cours, chaque participant est un expert de son contexte. En combinant théorie, besoins et partage d’expériences, le participant génère une connaissance nouvelle, approche sa réalité avec de nouveaux outils, avec de nouvelles visions, avec une panoplie d’idées et d’alternatives beaucoup plus grande. En ayant plusieurs solutions pour résoudre son problème, il sera traité de manière plus efficace.
Propos recueillis par Luisa Gerini (www.lepetitjournal.com - Turin) vendredi 29 janvier 2010

Pour connaître plus en détail l’activité du Centre de Formation de l’OIT et les formations proposées, consultez le site : www.itcilo.org   

(*) L'Organisation internationale du travail (OIT) est l'agence tripartite de l'ONU qui rassemble gouvernements, employeurs et travailleurs de ses Etats membres dans une action commune pour promouvoir le travail décent à travers le monde.

(Photos : lepetitjournal et ITC-ILO)

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