Turin

VIE POLITIQUE – Du nouveau dans le paysage politique italien

La fusion entre Alleanza Nazionale et Forza Italia au sein du Popolo della Libertà est effective depuis ce week-end. Du 27 au 29 mars, le congrès fondateur du PDL a scellé une alliance qui entérine une transformation importante dans le paysage politique italien. Retour sur une semaine politique particulièrement riche

Le logo du nouveau parti, le Popolo della Libertà

L’idée était dans l’air depuis plusieurs années… Aujourd’hui, le processus de fusion entre Forza Italia et Alliance Nationale (AN) au sein du Peuple de la Liberté est désormais entériné. Une semaine pour ce passage : le 21 et le 22 mars derniers, la dissolution d’Alleanza Nazionale était proclamée officiellement au cours du dernier congrès d’un parti dont les racines remontent au lendemain de la seconde guerre mondiale. Puis, du vendredi 27 au dimanche 29 mars, le premier Congrès du PDL a scellé cette union.

Deux hommes, deux volontés
D’un côté Silvio Berlusconi, fondateur en 1994 de Forza Italia qu’il définit comme "le parti du renouveau et de la modernisation": en pleine crise de la démocratie chrétienne, il entend se poser en "parti libéral, laïc mais d’inspiration catholique, national mais pas centralisateur". De l’autre, Gianfranco Fini qui essaye depuis 15 ans de s’affranchir de ses racines pour créer un nouveau parti et pour devenir le leader d’une droite moderne, démocratique et réformiste. Oubliées, les origines, quand quelques vétérans de la République sociale italienne et du fascisme fondaient le Movimento Sociale Italiano (MSI)… Quand un Giorgio Almirante malade confie au jeune Gianfranco Fini (il n’a alors que 35 ans) les rênes du MSI, ce dernier comprend que, pour résoudre la crise d’identité que connaît son parti, il faut se rallier à une droite démocratique. C’est chose faite en 1995 lors de ce que l’on appelle "la svolta de Fiuggi" : le MSI dissous cède la place au parti d’Alleanza Nazionale. Suite à ce tournant historique, AN devient dès 1996 le troisième parti du pays, allié de Forza Italia et qui entend construire avec lui un pôle de centre-droite. De 1995 à aujourd’hui, de nombreux dissidents qui revendiquent toujours l’héritage fasciste ou qui s’opposent au ralliement au sein du parti populaire européen ont quitté le navire : Pino Rauti tout d’abord, puis Alessandra Mussolini et enfin Francesco Storace.

Les enjeux politiques
En novembre 2007, Silvio Berlusconi brûle les étapes : à l’occasion d’une campagne nationale de signatures pour demander de nouvelles élections, il annonce à Milan la dissolution de son parti et la naissance d’une nouvelle formation politique, le Partito del Popolo della Libertà. Mais il faut attendre le 21 novembre 2008 pour que le Conseil National de Forza Italia annonce officiellement son entrée dans le mouvement rebaptisé Popolo della Libertà. Le reste est connu… Malgré ses craintes initiales, GianfrancoFini a accepté de rallier le PDL et de ne pas remettre en cause la suprématie de Silvio Berlusconi, tout en déclarant qu’il était vital d’éviter toute forme de culte de la personnalité. Pour lui, parti unique ne rime pas avec pensée unique… Lors du congrès qui a vu la dissolution d'AN, il a déclaré dans son discours que si Alleanza Nazionale et Forza Italia pouvaient être confiants dans l'avenir au sein d'un même parti, c’était grâce "à des valeurs qui sont les mêmes, qui sont celles du parti populaire européen. Ce sont des valeurs qui sont en mesure de donner des réponses aux peurs de l’Europe et de l’Occident". Mais il n’entend pas pour autant rentrer dans le moule, et ses récentes critiques, qu’il s’agisse de réserves émises à propos du projet de loi prévoyant la possibilité pour les médecins de dénoncer les immigrés clandestins ou, plus récemment encore, ses prises de position en défense du Parlement et des institutions, en sont la preuve. L’enjeu majeur se jouera cependant à court terme sur la scène européenne : car au sein du parti populaire européen, le nouveau PDL côtoiera l’Unione dei Democratici Cristiani (UDC) de Pierferdinando Casini. Or, à l’heure actuelle, ce dernier se trouve dans l’opposition sur l’échiquier italien…

Christine CORREALE. (www.lepetitjournal.com - Turin) lundi 30 mars 2009


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