Sydney

AGRICULTURE - Autour de Sydney, la production alimentaire diminue au dépend des prix du foncier

Au cours des trente dernières années, la production alimentaire a fortement diminué dans la région de Sydney, faisant chuter progressivement la capacité d'auto-suffisance de la ville. La faute à la croissance constante des prix du foncier et aux pressions des promoteurs immobiliers de la région.

Ed Biel, producteur de fruits, a installé son verger à Oakdale il y a 30 ans. A l'époque, on comptait environ 70 fermes agricoles dans le district sud-ouest de Sydney. Aujourd'hui, il n'y en a plus que deux, dont le sien.

Interrogé par le journal ABC News, Ed Biel attribue cette chute à l'évolution de l'industrie alimentaire, citant en exemples l'introduction d'un stockage sous atmosphère controllée, la modification de la saisonnalité de la production des pommes et l'augmentation du coût des structures.

La deuxième raison repose sur la croissance régulière de la valeur des terrains et la vénalité des promoteurs immobiliers à faire grimper les taux du marché, aggravant ainsi les difficultés financières des producteurs.

"Les prix ont grimpé en flèche, déclare Ed Biel, je pense que ce que j'avais pu payer il y a 30 ans pour obtenir 40 acres, il faudrait maintenant payer 30 fois le prix pour les acquérir de nouveau. Malheureusement, mes rendements ne me permettraient pas de compenser la hauteur de cet investissement". De quoi expliquer que la plupart de ses voisins et amis cultivateurs ont simplement opté pour la vente de leur terrain et ainsi fait le choix de s'installer ailleurs.

Sydney, moins auto-suffisante qu'avant

Oakdale et Camden, qui pouvaient constituer il y a un temps des communautés rurales paisibles, sont maintenant assez urbanisées et leur développement est aussi marqué que dans les centres-villes. Au cours des 20 prochaines années, l'ouest de Sydney devrait d'ailleurs supporter le poids de plus de la moitié de la croissance de population de la ville.  

Les zones qui ont traditionnellement été utilisées pour cultiver de la nourriture sont maintenant prévues pour le logement, en particulier autour de la région de Camden, où la population devrait passer de 88.000 en 2017 à plus de 226.000 d'ici 2036. Ed Biel explique que lorsqu'il a commencé son activité il y a trois décennies, il n'y avait que 18.000 personnes vivant dans cette partie de l'Australie. Une recherche sur un site immobilier permet de comprendre qu'il existe actuellement 16 logements neufs ou en développement entre Prestons, Leppington, Campbelltown, Oran Park et Sprim Farm.

Une étude publiée l'an dernier par l'Université Technologique de Sydney avance que si la ville continue à se développer sur ces terres agricoles, elle pourrait perdre plus de 90% de sa production actuelle en légumes frais. La production alimentaire totale, elle, pourrait diminuer de 60%.

En 2016, les producteurs de Sydney avaient la capacité de nourrir 20% de la population de la ville, mais la recherche publiée par l'Université Technologique de Sydney suggère que cette donnée pourrait bientôt chuter à 6%. Ed Biel explique que dans cette situation, "ce ne sera pas seulement la fraîcheur (des productions, ndlr) que Sydney perdra, mais aussi la connexion de la ville avec ses débuts agraires".

Des offres foncières difficiles à refuser 

Bien qu'Ed Biel n'ait jamais reçu la visite d'un promoteur immobilier chez lui, ses anciens voisins n'ont pas pu refuser les offres qu'ils se sont vu proposer, avec des enveloppes de millions de dollars par acre à la clé.

Ce dernier ne blâme pour autant pas ceux qui ont vendu leur terrain : "Ils travaillaient sept jours par semaine, parfois 14 à 18 heures quotidiennement, pour un retour financier minime. Si un jour un promoteur venait à frapper à ma porte avec une grosse somme d'argent, je ne dis pas que je ne serai pas moi-même tenté de les prendre".

Ce dernier de rajouter : "Pour le moment, je vais sûrement passer pour un fou, mais je suis très passionné par ce que je fais. Je fournis de la nourriture aux habitants de Sydney. Je le fais parce que j'aime ce travail et parce que j'ai le sentiment de faire quelque chose qui a du sens". L'amour de la terre a, parfois, ses raisons que la raison financière ignore...

Crédit : www.maxpixel.freegreatpicture.com

Adrien Lévêque, (lepetitjournal.com/sydney), lundi 20 mars 2017

 
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