SANTE - La campagne anti-obésité : maigres résultats

 

Financée par les contribuables, la campagne anti-obésité menée par le gouvernement fédéral australien vient de rentrer dans sa seconde phase : son évaluation. Et selon le panel d'experts qui se sont penchés sur le sujet, les résultats sont bien minces

credit photo : miqul cc flikr

Depuis quatre ans, le tour de taille d'Eric, la mascotte bleu de la campagne n'a cessé de s'affiner, contrairement à celui des Australiens visés par la campagne anti-obésité "Swap it, don't stop it" ("changer, pas arrêter"). Pourtant, les conseils qu'il prodigue sont fondés sur le sens commun et apparemment faciles à appliquer : ne pas se resservir, marcher pour les petits trajets au lieu de prendre la voiture, moins de télé et plus d'activités extérieures, moins de plats préparés, du cuit-vapeur de temps en temps, etc... Mais l'impact de la campagne est bien en deçà des résultats escomptés, et cela n'a pas suffi à faire changer les mauvaises habitudes alimentaires et d'hygiène de vie. C'est ce que révèle le rapport remis par l'Agence Nationale de Prévention de la Santé Publique.

"Il y a quelques petits signes positifs de changements de comportement, de prise de conscience de la part de l'audience ciblée par cette campagne." Voilà ce qui ressort de cette évaluation.

L'audience ciblée : une large frange de la population australienne puisque la campagne s'adresse aux personnes de 25 à 65 ans. Mais les 41 millions de dollars investis auront touché beaucoup moins de gens que prévu.

Du mercurochrome sur une jambe de bois
C'est ainsi que certains experts ont jugé cette campagne publicitaire par rapport au problème que représente l'obésité en Australie (voir notre article  SANTE - L'Australie grossit, grossit, grossit). 14% seulement de la population ciblée a changé quelque chose dans son comportement alimentaire où hygiène de vie grâce à l'action publicitaire du "Swap it, don't stop it" et des conseils d'Eric.

Une diététicienne installée à Sydney a déclaré dans la presse locale que la campagne avait abordé le problème sous un mauvais angle en se concentrant sur des actions superficielles et ignorait les causes, plus profondes, de l'obésité. Toujours selon elle, l'accent aurait dû être mis sur la promotion d'une meilleure hygiène de vie peu importe le poids et la corpulence.

Même avis du côté de sociologues qui reconnaissent que ces campagnes apportent des informations essentielles à la population, mais d'autre part ignorent totalement le problème sociétal du pourquoi les gens mangent trop. Et d'arguer du fait qu'il y a une grande différence entre véhiculer l'information et voir s'opérer des changements à long-terme.

Le site internet Swap it mis en ligne par le gouvernement, a enregistré 740.000 visites, et l'application pour smartphone a été téléchargée 50.000 fois. Ce qui n'est pas anodin, mais le premier pas accompli, il semble plus difficile de respecter l'engagement.

Agnès Chupin (www.lepetitjournal.com/sydney.html) Mardi 21 Août 2012

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