Stockholm

CULTURE - Skam, la petite série qui monte….monte…

 

Pour la plupart d’entre nous, les week-ends de Pâques et du 1er mai ont rimé avec réjouissances pascales typiquement suédoises et feux de joie de Valborg mais un autre événement très attendu a mobilisé les nerfs et l’énergie de millions de Suédois et Suédoises, notamment les ados : SKAM, la saison 4 , enfin sur petit écran !

 

Cette fois, et pour éviter les piratages en tous genres, la série norvégienne est diffusée quasi-simultanément, seulement un jour d’intervalle, sur NRK (la télévision norvégienne) et sur SVT (la télévision suédoise). La série, qui a capté l’attention de milliers d’ados et de leurs parents (plus d’un quart de la population norvégienne a succombé), s’apprête donc à séduire de nouveaux adeptes suédois. Et pour les téléspectateurs déjà accros, le manque sera d’autant plus douloureux que, la créatrice Julie Andrem l’a annoncé la semaine dernière : cette saison sera la dernière.

Sana prend les rênes de la saison 4

Après de longs mois d’attente, et après Eva, Noora, Isak, et moultes spéculations très fantaisistes, c’est donc au tour de Sana, la musulmane de la bande de filles de prendre les rênes de cette quatrième saison qui s’annonce très surprenante et soignée dans sa réalisation, comme l’étaient déjà les saisons précédentes.

 Sana, la plus intrigante de toutes, la plus passionnante aussi en raison de sa double identité norvégienne et musulmane est donc la protagoniste, celle que l’on va suivre et découvrir tout au long de la saison 4. Quelle sera l’angle adopté par les scénaristes ? Verra-t-on Sana remettre en cause les préjugés et les clichés des norvégiens sur les musulmans ou au contraire verra-t-on Sana succomber aux tentations de ses amies norvégiennes ? Les spéculations vont déjà bon train mais ce qui est certain, c’est que le regard intransigeant de Sana va faillir ou douter, sinon le personnage n’aurait pas de sens et serait peu crédible. 

Sana, comme ses camarades est une adolescente en quête d’identité et sa religion ne peut l’empêcher de se tromper, le doute fait partie du cheminement. Ce qui est aussi certain c’est que Sana va entraîner ses amies vers un autre monde, de nouvelles connaissances et de nouvelles valeurs. La vraie question est donc : cette saison sera-t-elle donc politiquement correct ou bien l’audace qui a jusqu’ici caractérisé l’ensemble de la série l’emportera t-elle ?

La série déjà achetée et convoitée par d’autres pays

Il faut dire que la série dépasse largement toutes les attentes des producteurs. Sur Svtplay, le nombre de visionnages déclasse le programme favori des enfants jusqu’ici : Julkalender.
La série a séduit de nombreux producteurs étrangers : un britannique, Simon Fuller a déjà acheté les droits d’auteur et compte bien conquérir le marché anglais et américain avec son adaptation baptisée « Shame », d’autres achats devraient suivre. Même si certains craignent une dénaturation par la simplification de l’œuvre (d’autres séries adaptées pour le marché américain ont effectivement déjà été saccagées après avoir été passées à la moulinette du puritanisme américain), cette série progressiste et féministe mérite une diffusion plus large. On parle même d’en faire une pièce de théâtre au Danemark.

Pour autant NRK a refusé de créer des sous-titres en anglais pour les fans internationaux de la série. Et ce, malgré la création du hashtag #WeneedEnglishSubsForSkam et d’une pétition signée par plusieurs milliers de personne. La raison ? NRK a avancé que les droits musicaux de la série ne sont négociés que pour un public parlant norvégien. La télévision norvégienne fait la chasse aux sous-titres créés par les fans et leur a suggéré de plutôt apprendre le norvégien ! De nombreux fans ne parlant pas norvégien se sont ainsi mis à apprendre la langue pour pouvoir suivre la série et se sentir plus proches de ses protagonistes. Skam a même reçu le prix de l’association de coopération nordique (Föreningen Norden) consacré aux langues pour avoir rendu le norvégien “cool” auprès des jeunes.

Les adolescents européens pourraient être conquis par l’authenticité et la modernité de cette série norvégienne vraiment très originale.

En Suède, vous pouvez regarder les trois premiers épisodes de la saison 4 et les trois saisons précédentes de la série Skam sur la plateforme de visionnage svtplay (sous-titrage suédois uniquement).


Isabelle Allard (www.lepetitjournal.com/stockholm) 4 mai 2017

Photos: https://svenska.yle.fi/  et SVT 

 
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