Stockholm

BOURSE DE STOCKHOLM — L’école introduite en Bourse ?

Bourse et école, voilà deux mots qu'il ne faut surtout pas rapprocher – en France – sauf peut-être en cours de chimie, pour faire des étincelles. C'est l'idée qui a germé dans l'esprit des Suédois, pays réputé pour avoir développé une conscience sociale de tous les instants.  Mais comment ont-ils bien pu en arriver là ?  

Le paradis du changement de paradigme

Au début des années 90, une mouche pique la Suède et la fait passer d'un système centralisé et public assez similaire au système français, à une sorte de libéralisation de l'école qui devait permettre une concurrence entre établissements publics et privés, une gratuité des deux, une abrogation de la carte scolaire et la liberté pédagogique pour les enseignants. Faire financer des écoles privées à partir de fonds publics fait grincer quelques dents, mais rapidement c'est pour arborer un large sourire : ça a l’air de marcher. 

Le chèque éducation, qui permet à toutes les familles d'envisager des études pour leurs enfants dans une école privée, n'est pas un chèque en bois et les résultats sont là. De fait, les gouvernements – parfois plus à gauche – qui suivent, au mieux pérennisent le système, au pire ne le réforment pas. Des entreprises se créent et un peu plus de vingt ans plus tard la plupart des études menées sur cette révolution indique que les établissements indépendants ont de meilleurs résultats académiques que les publics et sont également mieux gérés, moins coûteux pour les finances publiques.

Les sirènes de la bourse

Tout naturellement, une entreprise qui marche est vouée aux sirènes de la bourse. Faire des profits privés autour de l'éducation des enfants avec des fonds publics, on n'ose pas imaginer l'émeute que l'évocation – même à mots couverts – d'un tel cocktail aurait en France.

Cependant, dire qu'en Suède un tel projet passe comme une lettre adressée au Père Noël, c'est aller très vite en besogne. Une partie de l'électorat ne digère toujours pas le financement d'entreprises privées par des fonds publics, ce n'est certainement pas pour avaler cette ciguë de la bourse, coup de grâce porté à l'ancien modèle déjà passablement enterré. Le premier ministre suédois – toujours en quête d'une bonne note – est monté à l'estrade de la contestation : « Ce sont 60 000 enfants et adolescents qui seront à vendre en Bourse ! » a-t-il vociféré.

Pas d'écho chez les investisseurs

Mais qu'en disent les investisseurs ? S'ils approuvent l'idée de fond, leurs fonds ne semblent pas pressés d'investir. Certes, on imagine bien que le développement peut s'opérer en termes de parts de marché, les écoles indépendantes séduisant de plus en plus de familles. Mais cette course à l'excellence a ses propres limites, et en outre la loi suédoise interdit un surcoût de financement de ce système intégralement gratuit. Autre pierre d'achoppement, les professeurs des établissements indépendants redoutent l'obligation de résultat qui semble de mise à tous les échelons d'une telle action.

Alors Academedia bientôt cotée à la Bourse de Stockholm ? « Le pire n'est jamais sûr », un dicton boursier que reprennent tous ceux qui voient rouge à cette seule idée. 

Retrouvez les analyses de notre spécialiste dans sa rubrique lepetitjournal.com/stockholm et sur son blog Objectif Bourse

Sources : www.liberte-scolaire.com et www.lesechos.fr

 

Crédits photos : Academedia

Daniel PERTUY lepetitjournal.com/stockholm Jeudi 9 juin 2016

 
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