Stockholm

VERONIKA WAND-DANIELSSON – « Ma première année comme Ambassadrice de Suède en France »

 

Malgré un agenda chronométré, l'Ambassadrice de Suède en France, Madame Veronika Wand-Danielsson, a consacré sa soirée du 16 septembre à l'Alliance Française de Stockholm. Installé dans la aula de la Franska Skolan, un public francophile et francophone a eu le plaisir d'écouter le récit de ses expériences passées et de sa première année à Paris.

La politique en étendard

Madame Carola Almqvist, vice-Présidente et responsable des programmes à l’Alliance Française de Stockholm, a tenu à nous présenter en quelques mots le parcours de l'invitée. Après avoir suivi des études de sciences politiques à l’université d’Uppsala, puis à Paris et à Stockholm, Veronika Wand-Danielsson a su cultiver son goût de la négociation au sein de l'OCDE, des Nations Unies, de la Commission Européenne et de l'OTAN.

Nostalgique, Madame Wand-Danielsson a tout d'abord évoqué ses jeunes années : le rôle déterminant de sa mère suédoise – présente dans l’assistance –, la carrière de son père en tant qu’ambassadeur de l’Allemagne, et le Bénin, pays où elle a appris le français. De ses expériences professionnelles, l'ambassadrice garde un souvenir passionné : défendre les positions suédoises pendant la crise des Balkans, débattre de l'avenir de l'Europe et du budget européen, participer aux opérations de déploiement en Afghanistan... Les défis, projets et crises ont émaillé une carrière riche et active.

Mandat français : 3 thématiques clés

Arrivée rue Barbet de Jouy, où se dresse l’Ambassade de Suède en France, sa représentante officielle s’est vu offrir comme premier défi l'organisation de la visite d'État des souverains suédois qui n’avaient – étonnamment – pas réalisé de voyage officiel en la patrie de Jean-Baptiste Bernadotte depuis 34 ans. À peine le temps de faire connaissance avec ses collaborateurs qu'il lui faut déjà mettre en relation la Kungahuset et l'Elysée. Elle concède que ce premier succès n'aurait pas été possible sans l'aide d'une équipe franco-suédoise impliquée et efficace. Dans une ville comme Paris, les projets se doivent d'être ambitieux si les ambassades veulent se distinguer et c’est sur cette conviction que Veronika Wand-Danielsson s’est appuyée pour sa première année en poste.

Trois thématiques lui tiennent particulièrement à cœur : l'environnement, la recherche et le développement, et l'intégration. Depuis un an déjà, la Suède en France s'intéresse à la question des réfugiés et des migrants afin de faciliter leur intégration et de redonner un sens à la vie de certains jeunes. En cela, le CentQuatre-Paris peut bénéficier de la longue expérience des Fryshuset suédoises (centres proposant des activités sociales et éducatives aux jeunes personnes). La nouvelle ambassadrice a aussi collaboré étroitement à la préparation de la COP21 en organisant des séminaires et des visites sur le thème de l'environnement, un sujet que les Suédois ont toujours eu à cœur.

Bille en tête face aux difficultés

Prise dans la tourmente de la crise européenne, la Suède, avec la confiance de la France, s'investit pour améliorer le développement des deux pays. Moins touchés, les Suédois partagent leur expérience dans les domaines de l'économie, de l’industrie et de la recherche. Le partenariat avec le Centre national d’études spatiales à Toulouse et le centenaire de la Chambre de Commerce franco-suédoise sont autant d’exemples d'un long travail de collaboration qui ne demande qu'à s'intensifier.

Au retour des vacances de Noël, Veronika Wand-Danielsson est en état de choc, comme tous ses collaborateurs. Son expérience des situations de crise en Afrique et en Afghanistan ne pouvait pas la préparer au drame de Charlie Hebdo, mais la peur fait rapidement place à l'admiration devant l'ampleur de la mobilisation populaire et internationale. Elle sent alors que quelque chose a changé à Paris : tous doivent maintenant être vigilants – résidents comme touristes – mais en contrepartie, les forces de police et de gendarmerie ont recouvré la confiance et le respect des citoyens.

À Pâques, un nouveau sujet d'inquiétude arrive sur le bureau de l'ambassadrice : la vente des navires Mistral à la Russie. Elle déplore de devoir expliquer à certains Français, aux opinions très tranchées, la crainte des Suédois quant à l'insécurité croissante en mer Baltique. Il lui faut alors argumenter patiemment et trouver des solutions conjointes pour sauvegarder les positions suédoises. Elle veut aussi réussir à convaincre les eurosceptiques d'agir pour l'Ukraine : « La Suède croit encore aujourd’hui que la paix et la stabilité en Europe passent par l'élargissement et l'aide aux pays en difficulté au sein de l'Union Européenne ». Le travail bilatéral se poursuit.

Une nouvelle année pleine de projets

Après un temps dédié aux questions sur son travail, sa vision des Français, les résultats de l'enquête PISA et la nouvelle résidence à Paris, la soirée s’achève sur un dîner, dans une ambiance familiale. Le repos sera de courte durée puisque le lendemain même de son intervention, c'est Manuel Valls qu'elle rencontrera pour parler économie et intégration. Et puis, dans une dizaine de jours, c'est le ministre suédois de la défense qu'elle accueillera à Paris.

Beaucoup de thèmes lui restent à aborder et de rencontres à préparer pour être à la hauteur des ambitions européennes de la Suède, aussi bien au niveau politique que culturel. Les événements autour des relations franco-suédoises se multiplient à Paris : inaugurations, séminaires, dîners de travail, réceptions, expositions à l’Institut Suédois… Autant d’invitations que Veronika Wand-Danielsson doit parfois décliner, trop occupée par les réunions en interne ou à l’extérieur et par la rédaction des rapports.

Son souhait français lors de son mandat ? Sortir de Paris pour découvrir la France, en commençant par rendre visite au dix-sept consulats, de Fort-de-France à Papeete. Elle souhaiterait également voir éclore une « Team Sweden House» ou « Sveriges Hus » à Paris, qui serait une « carte de visite » incontournable. Ce lieu pourrait accueillir des expositions, montrer le travail d'institutions comme Business Sweden in France et faire se rencontrer les entreprises, afin que la collaboration franco-suédoise fructifie et perdure.

Jennifer DUPUY www.lepetitjournal.com/stockholm Vendredi 18 septembre 2015

Crédits photo : Jennifer Dupuy

 

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