Stockholm

ENVIRONNEMENT - L'éolien à la peine

 

On la croit, non sans raisons, héraut des énergies propres mais dans l'éolien, les investissements se tassent, pouvant remettre en cause l'ambition de se débarrasser des énergies fossiles d'ici 2050.

La Suède fer de lance des énergies propres

En Suède, la transition énergétique est une réalité, soutenue par les objectifs ambitieux, fixés par le parlement suédois conformément à une directive européenne de 2009.  D’ici 2020, 50% de la production d’énergie doit être issue de sources renouvelables et à l’horizon 2050 la Suède promet de se débarrasser des énergies fossiles.

 Cette politique volontariste a surtout profité à l’éolien puisque la Suède, et notamment la Scanie (la région du sud, voisine du Danemark le pays champion des éoliennes qui fournissent 42% de l’électricité du pays en 2015), bénéficie d’une géographie très favorable avec des vents réguliers.

Résultat, l’éolien, qui ne représentait qu’une part marginale de la consommation d’énergie annuelle suédoise en 2009 (1,3%) atteignait 11,4% en 2016 et la capacité de production a quadruplé pendant cette période, passant de 1476 mégawatts à 6422 mégawatts.

La capacité éolienne installée par habitant est aussi l’une des plus haute de l’Union Européenne avec 661 watts par habitant, juste après le Danemark.

Un modèle incitatif dépassé ?

 En 2016 cependant, les investissements dans l’éolien ont marqué le pas, avec une nouvelle capacité de seulement 605 mégawatts.

Ce ralentissement ne constitue pas une véritable surprise, la production d’énergie renouvelable ayant fini par rattraper la demande. S’ajoute un secteur plutôt déprimé. Les prix de l’électricité ont considérablement baissé au cours des dernières années ce qui exacerbe la concurrence et rogne les marges. Seuls les projets les plus rentables voient le jour tant est si bien que si l’objectif de 2020 devrait être atteint, la frilosité actuelle des investisseurs menace l’objectif de 2050.

Les défis sont nombreux. Géographique d’abord, car on manque de terrains avec un sud proche de la saturation et des installations éoliennes se rapprochent des habitations et des aires naturelles. Le manque de place est moins marqué dans le Nord, mais là, c’est la prédominance de l’hydraulique, peu cher, qui freine les nouveaux projets.

La concurrence internationale ensuite puisque des pays tels que le Danemark, la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas ont des politiques de subvention plus généreuses.

Et c’est là que le bât blesse. Dans une tribune parue dans Svenska Dagbladet le 28 janvier 2017, différents acteurs de l’éolien suédois ont tiré la sonnette d’alarme réclamant une remise à plat du système de certificats verts instauré en 2012 en Suède et en Norvège.

Ce système de compensation avait pour objectif d’encourager l’investissement dans les énergies renouvelable. En pratique, il est dépassé par l’évolution technologique. En effet, c’est la productivité des turbines les plus récentes qui dicte les prix, ce qui signifie que les parcs éoliens les plus anciens, moins performants et souvent détenus par de petits acteurs, produisent aujourd’hui à perte.

En France, la tendance est à la relance

L’éolien représente seulement 4.4% de la consommation annuelle d’énergie de l’Hexagone. Si la France a le quatrième parc d’Europe en terme de capacité de production totale, elle est à la traîne en terme de capacité par habitant à 174 watts par habitant presque moitié moins que la moyenne européenne.

La tendance est pourtant en train de s’inverser et 2016 a été une année record pour l’éolien. Un regain de vigueur en parti lié à la réforme des mécanismes de soutien, qui a mis fin aux incertitudes autour de la rémunération de l’électricité.

La France relance son marché à un moment favorable, profitant pleinement des dernières innovations technologiques de la filière et de la baisse des coûts de production. Une réforme qui pourrait inspirer le gouvernement suédois pour restaurer la confiance dans le secteur.

Manon F. lepetitjournal.com/stockholm 16 mars 2017

photo Eje Berndtsson

 
Une internationale
Actu internationale
En direct d'Europe
Expat
Expat - Emploi

PERMIS VACANCES TRAVAIL – Ce qu’il faut savoir avant de partir

Le Permis Vacances Travail permet de vivre une expérience unique, puisqu’il permet de faire un séjour longue durée à l’étranger, en ayant la possibilité de cumuler des petits boulots sur place pour se financer. Avant de s’envoler pour d’autres horizons, mieux vaut toutefois être bien préparé
Expat - Politique

PRÉSIDENTIELLES – Les résultats des Français de l'étranger

Les Français de l'étranger, malgré quelques couacs, sont allés voter en nombre pour ce premier tour de la Présidentielle. Et comme souvent, ils font un choix une peu différent de celui des Français de l'Hexagone, en plaçant Emmanuel Macron très largement en tête, devant François Fillon. 
Magazine