Valparaiso est une de ces villes où l’on ne se lasse pas de revenir. Changeante et toujours pleine de vie, "Valpo", comme la surnomment avec affection ses habitants, recèle de petits trésors d’art et d’architecture

Les gros cargos à l'ancre dans le port rappellent les destinations lointaines desquelles vinrent les matelots français, anglais ou allemands qui construisirent Valpo avec des matériaux provenant de leurs bateaux. La ville a, depuis lors, conservé cette atmosphère portuaire multiculturelle et festive malgré ses périodes sombres. 1906, un gigantesque tremblement de terre détruit plus de la moitié des bâtiments et laisse la ville sans force pour affronter un deuxième choc. L'ouverture du canal de Panama, en 1914 qui dispense de faire le tour du continent américain par le détroit de Magellan. Le choc boursier de 1929 acheva de réduire à néant l'économie du port, fondée sur le commerce. La ville traverse ensuite une longue période de somnolence, avant d’être re-découverte par des artistes, attirés par son charme gai et insouciant.

Une ville où il fait bon flâner
Le poète Pablo Neruda voyait le bas de la ville et les “cerros” l'entourant comme un couple et ses quarante enfants, chacun avec son caractère propre. Et il est vrai que si le centre-ville, la partie plane, ressemble à n'importe quel centre de négoce, les collines environnantes sont toutes distinctes, chacune reliée par un des 15 “ascensores” (funiculaires chaotiques et grinçants), grimpants à angle droit vers les hauteurs. Les “cerros” Alegre et Concepción sont les plus touristiques, et charment le visiteur avec leurs murs peints en rose, vert ou violet, leurs galeries d’art, et leurs dédales d'escaliers escarpés. Empruntez l’ascensor El Peral du cerro Alegre, et vous arriverez à deux pas du très métissé Palacio Baburriza, construit par deux architectes, un Anglais et un italien, dont le jardin est l’œuvre d’un français, et qui affiche les tendances slaves du Yougoslave qui l’a fait édifier. Ne manquez pas non plus le cerro Bellavista, sur lequel est perchée la Sebastiana, l’une de trois demeures de Pablo Neruda, où il aimait passer le Nouvel an pour y observer le feu d’artifice avec une vue imprenable sur le port. La maison regorge d’un bric-à-brac de bouteilles en verre multicolores, de pipes et d’anciennes cartes maritimes, amassés au cours des voyages de ce collectionneur obsessionnel. Thomas, un jeune français venu s'installer à Valpo il y a quatre ans, s’est fait guide de la ville inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2005. Il connaît toute l'histoire de cette ville chérie des jeunes français et est expert dans l’art d’arpenter le labyrinthe des ruelles pentues. Il a une foule d’anecdotes à raconter sur la “Perle du Pacifique”, et se fait un jeu de reconnaître les multiples visages peints au pochoir sur les murs de la ville: Amélie Poulain, Bob Marley ou encore Evo Morales.

Une ville pleine de charme
Il ne faut pas faire l’impasse sur les innombrables galeries d’art remplies de tableaux trés colorés, comme Bahia Utopica, tenue par un Français lui aussi expatrié pour son plus grand plaisir, galerie dont nous reparlerons mardi prochain, à l’occasion de son inauguration officielle. La promenade n'en est que plus agréable si l'on prévoit un arrêt dans l’un des charmants cafés qui bordent les rues, comme le café Vinilo, à l’ambiance plus que décontractée, ou le très mode restaurant Pasta y vino, où vous pourrez déguster l'une des cuisines les plus innovantes de Valparaiso, sur le cerro Alegre. Un conseil ? N’oubliez pas que les cerros les plus touristiques ne sont pas les seuls intéressants. N’hésitez pas à explorer aussi les cerros La Carcel, la Florida, ou Mariposa, sans toutefois oublier de veiller à votre sac et en vous aventurant accompagné ! L'ambiance est parfois proche d'une favella, qu'on se le dise.
La brûme côtière, qui se lève généralement en milieu de journée et qui sévit tout le long du Pacifique, ne doit pas décourager le visiteur. Elle envahit parfois le port, c’est alors le bon moment pour grimper sur les cerros, qui restent ensoleillés, et de là admirer la ville baignée d’un brouillard épars.
Mathilde Nicolai (lepetitjournal.com Santiago) vendredi 25 septembre 2009


De Santiago, Bus tous les quart d'heure à partir de la station de métro Pajaritos, qui permet d’éviter les embouteillages à la sortie de Santiago. Durée : 1h30 à 2h. $3.000 aller/ $5.000 aller-retour environ.
La Sebastiana : cerro Bellavista, Ricardo Ferrari 692. Mardi à dimanche 10h-18h. entrée $3.000/ $1.500 étudiants, troisième âge.

Café Vinilo: cerro Alegre Almirante Montt 448
Restaurant Pasta y Vino: cerro Alegre Templemen 352
Galerie Bahía Utópica: cerro Alegre, Almirante Montt 372


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