De graffitis en peintures murales, le Chilien Inti Castro sévit dans le monde entier. Lepetitjournal.com vous fait découvrir cet artiste  qui à coup de pinceaux se fait la voix d'un continent

Paseo Atkinson, Valparaíso

A Valparaíso, à Paris, à Madrid ou à Oslo vous avez peut être déjà croisez les incroyables peintures murales de l’artiste Chilien Inti Castro. Des peintures hautes en couleur aux innombrables détails. En mélangeant l’art précolombien à la modernité, le style d’Inti rend hommage aux origines de tout un continent entre  poésie et violence. Pour vous faire un avis direction "paseo 21 de mayo" à Valparaíso, vous apercevrez en contre bas l'une des fresques laissées par Inti.

Depuis deux ans ce Chilien à un pied en France et l’autre sur le reste du globe. "Ma base c’est Saint-Etienne  (FRANCE) mais le reste du temps je suis au Chili ou en voyage pour le travail", raconte Inti contacté par Skype. L’aventure artistique du Chilien a commencé à Valparaíso où il est né : "à 15 ans je suis descendu dans la rue, j’ai commencé à faire des graffitis pour le plaisir". Et depuis, la rue ne l’a jamais quitté. Après des études à l’Ecole de "Bellas Artes" de Santiago Inti a peaufiné son style, "depuis 4 ans j’ai trouvé quelque chose qui m’est propre, je ne suis plus dans l’imitation", confie-t-il. Au fil de ses projets, des commandes, Inti laisse son emprunte colorée et engagée sur des gigantesques murs gris un peu partout en Europe : "avec mes "murales", c’est comme si je volais un petit bout d’Europe à chaque fois", lâche-t-il dans un sourire. Toulouse et Paris accueillent quelques unes de ses fresques.

Ambassadeur de l’Amérique latine

A 29 ans, Inti le concède "peindre les murs du monde entier c’était plus qu’un rêve". Un rêve certes, mais aussi la volonté de porter un message.  Car sans aucune prétention, ce Chilien se veut  l’ambassadeur de son continent : "mes peintures sont le reflet de ce que je suis : un latino. Et je veux que les gens qui les regardent se questionnent et se rendent compte qu’il existe des choses différentes. L’apprentissage peut se faire aussi dans la rue". Néanmoins, ce grand optimiste n’est pas toujours certain de la bonne réception de son message : "Des fois j’ai l’impression que les gens voient  en mon travail seulement quelque chose d’exotique, avec beaucoup de couleurs,  quelque chose de bizarre un point c’est tout. Peut être faudrait-il que je rajoute des mots pour mieux porter le message".

Inti en train de peindre, à Cologne en Allemagne

Et si cet amoureux de la vie, ce passionné, porte une grande affection à son continent c’est qu’il a appris à le connaître : "en regardant l’Amérique latine du dehors, d’Europe, j’ai compris d’où je venais, ce que je suis. Il y a pas longtemps je suis allé au Mexique et je me suis senti chez moi, ce que j’ai jamais ressenti en Europe. Nous les latinos, on a une identité commune, on partage la même histoire : la colonisation, la dictature et l’impérialisme américain, nous avons tous traversés des mauvaises époques et cela nous a uni. Au final les frontières entre nos pays ne sont que superficielles".

Son prochain projet l’emmène au Liban, à Beyrouth. Pendant une semaine, en haut de son échafaudage, Inti réinventera un mur, lui donnera un nouveau visage.  Un projet qui demande une grande préparation préalable. "Je traite beaucoup de la religion, des armes, des thèmes compliqués pour le Liban. Alors je dois bien prendre en considération à chaque fois l’ Histoire, et le contexte du pays".

A Paris, rue Lahire dans le 13eme arrondissement.

Un artiste qui séduit la France

Inti, soleil en Quechua "la langue pas la marque de sac à dos", souligne le jeune homme en plaisantant, est plutôt détendu dans la vie "je suis relax comme mec, mais quand il s’agit du travail, de la peinture alors là c’est mon côté matheux qui ressort, je suis très concentré et je travaille sans m’arrêter. Quand on aime ce que l'on fait il n’y a pas de place pour la fatigue de toute façon".  Et peindre dans la rue, Inti ne le fait pas pour l’argent ce qui le fait vivre ce sont ses tableaux qui se vendent bien en France, notamment dans la galerie Itinérance à Paris ( 7bis, rue R. Goscinny 75013 ) : "C’est fou tous ces gens qui veulent m’acheter mes peintures", s’étonne l’artiste.

En novembre, Inti revient pour quelques mois au Chili avec peut être de nouvelles fresques pour Valparaíso dans les valises.

Florine Constant (www.lepetitjournal.com Santiago) jeudi 16 août 2012

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