La 13ème édition du Festival du Film Juif de Hong Kong se tiendra du 10 au 18 novembre 2012.Pour vous en livrer les clés, lepetitjournal.com a rencontré son président, Howard Elias.

Crédits photos : Howard Elias

2000 : les débuts du festival
Quand Howard Elias a décidé en 1999 de créer le Festival du Film Juif à Hong Kong, il n’avait pas vraiment idée de ce qui l’attendait. Sa seule expérience d’un festival de cinéma, il l’avait faite des années auparavant, alors étudiant, il enchainait les séances gratuites au Festival International du Film de Toronto qui venait de voir le jour. Tout ce qu’Howard désirait à cette époque, c’était organiser quelque chose de festif autour du cinéma juif. En 2000, il débutait l’aventure avec 9 films à l’affiche (8 longs et un court-métrage). Depuis, le festival a grandi, sa programmation s’est étoffée et il présente aujourd’hui comme chaque année depuis douze ans une vingtaine de films venus du monde entier. "Une vingtaine, c’est un nombre gérable", insiste Howard Elias. "Pour la seconde édition du festival, j’avais ambitionné d’en sélectionner une trentaine, mais je me suis vite rendu à l’évidence : c’était impossible. Aujourd’hui nous travaillons avec des DVD, ce qui simplifie beaucoup de choses, mais à l’époque nous réceptionnions de très lourdes bobines qu’il fallait transporter et entreposer dans nos locaux et que nous attendions parfois en vain. Je me cassais le dos à force de transports. Il y avait des cartons partout. J’en pleurais."

Une programmation éclectique
Chaque année, le président du festival visionne près de 200 films avant d’établir sa sélection. Il veille à une programmation éclectique, nourrie d’histoires drôles, émouvantes, édifiantes qui racontent et interrogent la religion, la culture, l’identité juives et leurs traditions. "Depuis la première édition, nous avons projeté des films venus de 34 pays différents, tournés en 34 langues ou dialectes. Notre sélection ne doit pas se limiter à des films israéliens, produits, réalisés et joués par des Juifs mais qui n’ont rien de juif ou à des films basiques sur la Shoah comme on en voit tant. Notre festival n’est pas un cours d’introduction au monde juif ou à l’Holocauste. Nous sommes à la recherche d’histoires particulières, uniques, que les gens ne connaissent pas. " Howard Elias sait ce qu’il veut. Il s’enquiert de tout, regarde tout, courts-métrages, documentaires, films muets d’avant-guerre, films de propagande nazie, récits de rescapés des camps, drames et comédies contemporaines… Mais quand vient l’heure du choix, seul lui importe que le film soit bon, qu’il nous raconte le peuple juif d’hier et d’aujourd’hui, les drames et les joies qui jalonnent son histoire, qu’il incite les spectateurs à la tolérance, au respect de l’autre, à la réconciliation.

Un rôle de passeur
Le président du festival ne sous-estime pas son rôle de passeur au sein comme au dehors de la communauté juive de Hong Kong. C’est pourquoi il apporte un soin méticuleux à la programmation qu’il construit comme une histoire, comme un conteur organise les chapitres d’un livre. "Nous ne devons pas oublier que les enfants juifs, qui grandissent ici, sont loin de leurs grands parents et des témoins directs de la Shoah, qui auront d’ailleurs bientôt tous disparu. Il est important de leur enseigner ce qui s’est passé, de leur transmettre cette mémoire et la nécessité du pardon. Quant aux Hongkongais, il est également bon que des films puissent améliorer leur connaissance de l’histoire juive qui est généralement assez sommaire, voire inexistante. Les Hongkongais ont traditionnellement une image positive du Juif, faite de clichés. Il règne ici un philosémitisme dont il faut se méfier car la frontière entre philosémitisme et antisémitisme est ténue. L’image d’Israël, quant à elle, est aujourd’hui plus nuancée qu’il y a quelques années car les Hongkongais y voyagent pour les affaires ou les vacances. Pendant l’Intifada, c’était terrible. Chaque fois qu’on parlait ici de ce pays, les gens vous répondaient "bang bang".

Un seul mot d’ordre : la convivialité
Même s’il admet volontiers que la majorité des films présentés venus des Etats-Unis, d’Israël ou d’Allemagne traitent généralement de sujets douloureux voire tragiques, Howard Elias refuse que le festival ne se prenne trop au sérieux. "Si nous ne sélectionnons chaque année que peu de comédies, c’est tout simplement parce que les bonnes comédies sont rares. Nous ne cherchons pas à être tristes ou intellos. Le festival est avant tout un évènement convivial, joyeux, festif. Nous accueillons chaque année plus de 1.600 spectateurs et mettons un point d’honneur à les recevoir avec chaleur et à les remercier de leur présence. Chaque fois qu’ils souhaitent s’entretenir plus longuement avec nos invités après un film, nous les encourageons à poursuivre la discussion autour d’un café ou d’un dîner. Nos invités savent qu’ils ont chez nous un contact direct avec le public et tout le monde adore ça. Ici, les stars ne sont pas inaccessibles, derrière des barrières et ne se retirent pas aussitôt la séance finie. C’est le véritable plus de notre festival." Vous l’aurez compris, le Hong Kong Jewish Film Festival, en dépit d’un prisme bien spécifique, est avant tout un festival de cinéma qui s’adressent aux humanistes de tous poils, amoureux du cinéma, un festival à la programmation exigeante et éclectique, qui chaque année nous fait découvrir trésors et pépites.

Les moments forts de l’édition 2012
Du 10 au 18 novembre prochain, le HKJFF présentera au Cyberport Podium (soirée d’inauguration) et à l’AMC de Pacific Place 23 films (9 documentaires, 12 longs et 2 courts métrages). Nous avons demandé à son président s’il voulait bien nous livrer ses coups de cœur de l’édition 2012.

Breaking home ties de Frank N. Selter et George K. Rowlands (USA – 1922 – 78 mn) – le 10 novembre à 20H au Cybert Podium de Pok Fulam
Pensant qu’il a tué son ami Paul dans un accès de jalousie, David Bergman quitte la Russie prérévolutionnaire pour les Etats-Unis. A New York où il devient un brillant avocat, il rencontre Rose, une jeune femme très indépendante. Pour le rejoindre, les parents de David vendent tout ce qu’ils possèdent à St Petersbourg et émigrent à leur tour. Mais une fois à New York, rien ne se passe comme ils l’avaient espérer. Incapables de retrouver leur fils qui fuit son passé, ils tombent bientôt dans la pauvreté….
Howard Elias : "Que ce film qui fut tourné en réponse au "Naissance d’une nation" de Griffith nous soit parvenu est déjà en soi un miracle. Rares sont en effet les films muets tournés aux Etats-Unis dans les années 1910/1920 à avoir survécu. Alors qu’on le croyait définitivement perdu, une copie fut retrouvée en 1984 à Berlin par Sharon Pucker Rivo du Centre National du Cinéma Juif de Boston (qui assistera à la séance du 10 novembre). Depuis cette découverte, le film n’a été projeté que deux fois, à Jérusalem et New York. Nous avons l’honneur d’offrir au public la troisième projection mondiale. "

EL Gusto de Safinez Bousbia (France/UAE/Irlande/Algérie – 2012 – 90 mn) – le 11 novembre à 19H35 à AMC de Pacific Place
Ce film nous raconte l’histoire d’un voyage qui a commencé à Alger en 2003, lorsque la réalisatrice, intriguée de vieilles photos représentant une classe de musique des années 1940, s’est mis en tête de retrouver ses vieux amis d’enfance, dont l’âge s’étalait alors entre 70 et 100 ans, entre l’Algérie et la France. 50 ans après leurs premières leçons au Conservatoire d’Alger avec le maître légendaire El Hadj M’Hamed El Anka, les membres du groupe El Gusto racontent l’histoire mouvementée du pays et leur indéfectible passion pour le chaabi, une rythmique et un cocktail musical uniques, mélange des traditions musicales andalouses, berbères, arabes et de flamenco. Le chaabi est né dans la Kasbah d’Alger, c’est une musique jouée dans les rues, les cafés, les mariages, qui reliait et défiait religions, classes sociales et ethnies.
Howard Elias : "C’est un film qui me touche, d’abord parce que la musique y est fabuleuse mais aussi parce qu’il y est question de coopération, d’amitié, de respect entre les peuples et tout particulièrement entre Juifs et Musulmans"

Just Two of us de Tzipi Baider (Israël – 2011 – 42 mn) – le 18 novembre à 17H40 à l’AMC de Pacific Place
Samuel Willinberg et Kalman Taigman, 88 ans, ont des personnalités que tout oppose mais ils sont tous deux des survivants de Treblinka. Pour la première fois et sans doute pour la dernière, les deux hommes retournent ensemble sur les lieux du camp dont ils ont réchappé 68 ans plus tôt. Ensemble, ils revivent le passé, se souviennent, pleurent et rient.
Howard Elias : "Ma famille est morte dans le camps de Treblinka et je ne savais pas qu’il y avait des gens déportés dans ce camps qui avaient survécu. J’ai sélectionné ce film car c’est un témoignage rare, très émouvant et les deux hommes sont vifs et très drôles."

Numbered d’Uriel Sinai et Dana Doron (Israël – 2012 – 60 mn) – le 18 novembre après  la diffusion de Just Two of us à l’AMC de Pacific Place
Les prisonniers d’Auschwitz, Juifs comme Non-Juifs, furent tatoués avec des numéros de série, d’abord sur la poitrine puis sur le bras gauche. On estime à 400 000 le nombre de personnes tatouées à Auschwitz et à Birkenau, le camp de travail adjacent. Seuls quelques milliers de survivants vivent encore. Numbered est un voyage photographique et cinématographique explosif, guidé par des témoignages et des portraits de survivants. Il explique l’époque et la situation noires dans lesquelles ces tatouages furent assignés et la signification qu’ils ont prise après guerre.
Howard Elias : "J’aime ce film car il aborde différemment l’Holocauste. Et puis sa photographie, la manière dont il filme ces tatouages est proprement incroyable. Il n’est pas dans la tradition juive de se tatouer. Mais ce qui était une tradition est devenu avec l’Holocauste un interdit. Le film l’explique. Le tatouage chez les Juifs après la guerre renvoyait à la déportation et à la Shoah. Les choses commencent à changer. Les nouvelles générations portent maintenant des tatouages. Mais longtemps, la Shoah rendait la chose impossible, de manière inconsciente. "

Les films français sélectionnés cette année
En plus d’El Gusto, le HKJFF présentera cette année 3 films français, un long métrage et deux courts.

Aliyah d’Elie Wajeman (2012 – 90 mn) – le 11 novembre à 19H40 à l’AMC de Pacific Place
A Paris, Alex, 27 ans, vit d’un petit trafic de haschisch et paye les dettes de son frère Isaac, qui est devenu pour lui un véritable fardeau. Aussi, quand il apprend que son cousin s’apprête à ouvrir un restaurant à Tel Aviv, Alex imagine le rejoindre et commencer une nouvelle vie en Israël. Mais pour partir, Alex doit trouver de l’argent. Il doit aussi dire adieu à Paris, une ville qu’il adore, à son ami Matthias, à son ex Esther et à Jeanne, qu’il vient tout juste de rencontrer. Déchiré entre son désir de fuite, sa vie amoureuse compliquée et un frère destructeur, Alex doit trouver sa propre voie.

Au fil du banc d’Alexandra Torterotot (2012 – 7 mn) - le 13 novembre à 19H40 à l’AMC de Pacific Place avant la projection de Six million and one de David Fisher
Comme tous les matins, Evelyne se rend sur l’Ile Saint-Louis, Quai de Bourbon, pour nourrir les pigeons. Mais un matin, elle est dérangée par Julian, un jeune Rome, qui  s’assoit sur le même banc. Le jeune homme se confie à la vieille dame et son histoire évoque à Evelyne d lointains souvenirs. Peu à peu, une amitié inattendue se tisse entre les deux.

Shéhérazade et le délice casher d’Agnès Caffin (2010 – 20 mn) - le 17 novembre à 19H40 à l’AMC de Pacific Place avant la projection de Kaddish for a friend de Léo Khasin
Désespérée parce qu’elle ne trouve pas d’emploi, Shéhérazade, une jeune Palestinienne sans papiers, se présente rue des Rosiers à la suite d’une annonce. Esther, la patronne du très chic restaurant « Délices casher » est en effet à la recherche d’un apprenti cuisinier juif.

Florence Morin (www.lepetitjournal.com/hongkong.html) mercredi 7 novembre 2012


Site du Festival du film Juif de Hong Kong 2012   ICI

 
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