" Seules les balles ne font pas la différence entre noirs et blancs " : dans l’exposition Le Tiers-Monde dans la Seconde Guerre Mondiale au musée historique de Francfort la parole est donnée à ceux dont l'histoire a à peine été écouté


Soladts coloniaux africains des forces britanniques à l'entraiement (© Imperial War Museum, London)

La Seconde Guerre Mondiale a dévasté non seulement l'Europe, mais aussi une grande partie du Tiers-Monde. A elle seule la Chine a subi plus de morts que l'Allemagne, l'Italie et le Japon réunis (21 millions). La Seconde Guerre Mondiale est une époque de l'histoire contemporaine parmi les plus explorées par les médias et les plus étudiées dans les écoles. Et pourtant il reste un trou noir dans cette connaissance : l’engagement de soldats et de ressources issus des pays du "Tiers-Monde" pendant cette période. L'exposition du musée historique de Francfort éclaire ce chapitre oublié de l'histoire avec photos, objets, textes, émissions vidéos et audios.

Un lourd tribut
Rien qu’en Afrique les forces armées allemandes et italiennes, françaises et britanniques, ont recruté plus d'un million de soldats. Des dizaines de milliers ont donné leur vie. L’Afrique du Nord fut le théâtre de combats violents et même dans d’autres parties du continent, l’économie de guerre des puissances coloniales européennes a exigé son tribut. En Asie et en Océanie les hommes colonisés sont parti en guerre par centaines de milliers pour le compte de leurs maîtres coloniaux.

Ainsi l'Inde a envoyé pas moins de 2,5 millions d'hommes se battre pour le Royaume-Uni. Dans les pays occupés par le Japon (Corée, Indochine, Indonésie…) des soldats ont été recrutés de force. Les soldats japonais ont également enlevé des centaines de milliers de femmes originaires d'Asie pour leurs bordels militaires. Dans le Pacifique et en Asie du Sud-Est, les Etats-Unis et la France ont enrôlé des dizaines de milliers de soldats, de gardes côtiers et d’agents d’information. L'exposition n'oublie pas de parler aussi de ceux qui ont collaboré. Qui sait que 3000 Indiens ont combattu aux côtés de l'armée d'Hitler contre le régime de Vichy?
Un soldat français mesuré à son arrivée dans un camp de prisonniers de guerre en 1940 (© Stadtarchiv Moosburg)

Plus de dix ans de recherches
Souvent ces "colonisés" servaient de chair à canon et ils étaient moins bien payées, moins bien logées, moins bien nourris que leurs "camarades blancs". A la fin de la guerre les puissances coloniales ont aussi manqué à de nombreuses promesses qu’elles avaient faites aux populations en échange de leur engagement : notamment l’indépendance et les vétérans de ces pays ont été défavorisés au niveau du paiement des pensions de guerre (les tirailleurs sénégalais par la France par exemple) ou jamais reconnues comme victimes (les Coréennes forcées à la prostitution par le Japon par exemple). La littérature courante sur la Seconde Guerre Mondiale ne dresse même pas la liste des morts d’Afrique, d’Asie ou d’Océanie !

Conçue et réalisée par l’association Recherche International et le Rheinisches Journalistinnenbüro de Cologne, qui ont récolté témoignages et documents à travers une trentaine de pays, consulté des milliers d'archives pendant plus de dix ans, l'exposition a déjà été montrée à Berlin, Cologne, Lucerne ou Fribourg, entre autres, depuis 2007. Des lectures, des conférences et des visites guidées sont aussi prévus autour de l’exposition qui dure jusqu'au 7 avril 2013. Le programme comprend notamment la représentation du spectacle de hip-hop A nos morts de la compagnie strasbourgeoise Mémoires vives le 8 février prochain à la Brotfabrik de Francfort. Avec cette pièce, le groupe rappelle la mémoire des millions de soldats issus des colonies françaises, qui se sont battus pour la France pendant les deux guerres mondiales.


Barbara Rubert (www.lepetitjournal.com/francfort) Jeudi 6 décembre 2012{jcomments on}


"Die Dritte Welt im Zweiten Weltkrieg" au Musée Historique de Francfort jusqu'au 7 avril 2013
Fahrtor 2 (Römerberg)

Ouvert du mardi au dimanche de 10 à 18 h, nocturne le mercredi jusqu'à 21h. Fermé le lundi.
Entrée: 3 à 6 euros. Tour guidé en français sur demande
Renseignements auprès de Susanne Angetter : 069 212 351 54
En savoir plus sur l'exposition et son histoire, ici (en allemand, anglais et français)



 
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