Une exposition qui fait froid dans le dos ! Cimetières, fantômes, sorcières… sont au Städel qui propose de découvrir le romantisme noir à travers une sélection de 200 oeuvres artistiques. De Goya et Füssli jusqu'à Max Ernst et aux films expressionnistes des années 1920. Prochainement à Paris

Ernst Ferdinand Oehme "Prozession im Nebel" (1828)

"La météo se prête parfaitement à l'exposition ", a déclaré Felix Krämer, conservateur du Städel, lors de la conférence de presse inaugurale fin septembre. Il tombait ce jour-là des trombes d'eau. Si des conditions météorologiques mauvaises incitent plus facilement des gens à aller au musée, le temps automnal se prête aussi particulièrement à la grande exposition temporaire du Städel " die schwarze Romantik. Von Goya bis Max Ernst " ("le Romantisme noir, de Goya à Max Ernst"). Et l'on se demande comme cela sera à Paris au printemps prochain car les responsables du musée francfortois sont très fiers d'annoncer que leur exposition ira ensuite au Musée d'Orsay.

Murs gris, rideaux noirs, miroirs teintés… il n'y a pas que la météo qui participe à l'ambiance de cette exposition, aussi la mise en scène et surtout les oeuvres et leurs thèmes ombrageux, morbides ou irrationnels. C'est dans les années 1930 que l'historien d'art italien, Mario Praz, a mis en avant pour la première fois le versant noir du romantisme, désignant ainsi un vaste pan de la création artistique à partir de la fin du XVIIIe siècle et l'apparition de romans gothiques anglais qui séduisent le public par leur goût du mystère et du macabre.

Victor Hugo "La main bénissante de l'abesses" (non daté) (© Maisons de Victor Hugo, Paris et Guernesey / Roger-Viollet)

Jusqu'au "Chien andalou" de Bunuel
Les arts plastiques emboîtent rapidement le pas : les univers terribles ou grotesques de nombreux peintres, graveurs ou sculpteurs de toute l'Europe rivalisent avec ceux des écrivains. Goya et Géricault et les atrocités des guerres et naufrages de leur temps, Füssli et Delacroix qui donnent corps aux spectres, sorcières et démons de Shakespeare ou de Goethe. Ou encore une petite salle du Städel consacrée à Victor Hugo et ses esquisses au fusain.

A partir des années 1880, constatant l'ambiguïté de la notion de progrès, de nombreux artistes reprennent l'héritage du romantisme noir en se tournant vers l'occulte, les mythes, en exploitant les découvertes sur le rêve, par exemple, pour confronter l'homme à ses terreurs et à ses contradictions, jusqu'aux surréalistes qui, après la Première guerre mondiale, font de l'inconscient et de l'ivresse les fondements de la création artistique. A travers peintures, gravures, dessins, sculptures et films, "die schwarze Romantik " propose de suivre toute cette évolution. Des oeuvres à ne pas mettre forcément devant tous les yeux, même si certains ateliers pour enfants du musée sont proposés à partir de 4 ans !

Anne Le Troquer (www.lepetitjournal.com/francfort) Vendredi 2 novembre 2012{jcomments on}

Die schwarze Romantik. Von Goya bis Max Ernst ("le Romantisme noir, de Goya à Max Ernst") au Städel Museum (Schaumainkai 63- Frankfurt am Main) jusqu'au 20 janvier 2013
de 10h à 18 h (tous les jours sauf lundi, nocturnes jusqu'à 21h les mercredis et jeudis)
Entrée: de 10 à 14 euros
www.staedelmuseum.de

A noter vendredi 2 novembre, "Electromantic night" dans le cadre de l'exposition. Livemusik et DJ-set avec Nova Heart (Beijing) et Planningtorock (Berlin) de 20h à 2h.

 
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