Groupe de jazz au nom gourmand à découvrir : Kaïmaki, une formation née à Paris mais aux origines très diverses : Grèce, Brésil, Liban… Leur album Mataroa (sorti en novembre 2011) parle de l’exode de quelques intellectuels grecs vers la France en 1945. C’est un régal !

Kaïmaki : groupe de jazz ou une glace au mastic ? "Kaïmaki, c’est effectivement le nom d’une glace grecque, ma madeleine. Tous les ans,  je venais en Grèce et j’en mangeais. C’est beau, c’est bon, c’est impressionnant cette glace au goût si particulier à la texture chewing-gum", confie le leader du groupe dans un sourire.
Kaïmaki c’est aussi un quintet de jazz qui a une longue histoire, qui a vécu de nombreux changements et qui, depuis deux ans, s’est consolidé autour d’un projet : le Mataroa. L’histoire d’un bateau quittant le Pirée à la veille de Noël 1945 avec, à son bord, des étudiants grecs partant étudier à Paris.

A l’origine de ce projet : Stéphane Tsapis, pianiste, compositeur, coordinateur du département jazz du conservatoire de Paris, grec par son père, leader du groupe Kaïmaki. L’originalité du groupe tient dans son rapport particulier à la question de l’immigration. Chaque membre du groupe, Dimitra Kantou, chanteuse, Adrien Daoud, saxophoniste, Arnaud Biscay, batteur, Arthur Decloedth, contrebassiste peut raconter son "mataroa" personnel ; l’histoire d’une immigration qui leur est propre, que ce soit la leur ou celle d’un de leur parent.

L’histoire du Mataora
"J’ai découvert cette histoire en lisant un livre d’André Kedros, L’homme à l’œillet. Ça m’a énormément touché", raconte Stéphane.  André Kedros est un ancien résistant et il embarque à bord du Mataroa, un bateau néozélandais affrété par l’Angleterre. On sort à peine de la Seconde Guerre Mondiale. Pendant cette période l’Institut Français d’Athènes est le seul établissement d’enseignement à avoir fonctionné sans interruption grâce à son directeur et sous-directeur : Octave Merlier et Roger Miliex. La guerre civile se profilant, ces derniers ont la possibilité d’envoyer des étudiants grecs à Paris avec une bourse de la France. Certains d’eux figureront au Panthéon des plus grands intellectuels de l’après guerre : Kostas Axelos, Kornilios Kastoriadis…

Raconter une histoire : se raconter soi-même
"Je porte la Grèce dans mon cœur et dans mon sang ; mon père est grec, explique Stéphane, ce projet est une façon de parler de l’immigration à ma manière. Je suis musicien, alors je mêle, aux mots, la musique. J’ai pris le passage de Mataroa dans le livre de Kedros, j’y ai intercalé des poèmes de Yannis Ritsos et je les ai mis en musique. Les poèmes sont lus par Dimitra et les textes d’André Kedros sont lus par mon père. C’est un très beau  symbole pour moi que d’entendre mon père lire, avec son bel accent grec, les textes français d’un écrivain grec." Le parallèle entre l’histoire du Mataora contée par André Kédros et celle du père de Stéphane est encore plus évident quand on sait que ce dernier quitta la Grèce en 1969, pendant la dictature des Colonels, pour y faire ses études à Paris.

Actualité du groupe
Kaïmaki a participé à la bande son du film Khaos les visages humains de la crise grecque, qui rencontre actuellement un succès croissant en France. "Ça s’est passé très vite, Ana (la réalisatrice, ndlr) m’a contacté en me disant qu’il lui manquait de la musique, qu’elle voulait utiliser les morceaux de Mataroa. L’utilisation de La lettre à La France, discours que Yannis Ritsos a lu sur la place Syntagma en juillet 1945, est particulièrement émouvante dans le film". Mais les liens de Kaïmaki avec la Grèce ne s’arrêtent pas là. "On adorerait se produire à Athènes, nous dit Stéphane. Ce n’est pas encore à l’ordre du jour, mais j’espère pour bientôt." Du 14 au 22 juillet 2013, ils seront néanmoins en Grèce pour participer à la troisième édition du festival international de Jazz de Paros et animeront aux côtés de Marc Buronfosse un stage de jazz ouvert à tous.
Lydia Belmekki (www.lepetitjournal.com/athenes.html) mercredi 31 octobre 2012

Pratique :
Ecouter l’album

Deezer 
Site officiel de Kaimaki

Se procurer l’album

Mataroa est une autoproduction en partenariat avec la SACEM et n’a pas de distributeur traditionnel. Pour acheter l'album Mataroa vous pouvez soit envoyer un chèque de 13,40 € (10 + 3,40 frais de port) pour la France. (15,50 pour l'UE)  à cette adresse:
Stéphane Tsapis
60 rue de la villette
75019 Paris
France

Soit vous le procurer en téléchargement légal :

http://www.amazon.fr/Mataroa/dp/B0060QBKMU/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1351005677&sr=8-1

+ d’infos sur le festival de Jazz de Paros

http://jazzfestivalparos.wordpress.com/

 
Une internationale

PARIS – Que faire cet été si on n’aime pas le foot ?

Vous êtes incapable de nommer un joueur de l’équipe de France de foot ? Vous voulez éviter les fanzones et ses supporters qui sentent la bière ? Pas de panique, lepetitjournal.com a fait une sélection des meilleurs expos, musées, bons plans et balades pour profiter des journées ensoleillés à Paris durant cet été très sportif. 
Actu internationale
Actualités de nos partenaires
Expat
Expat - Emploi

CARRIERE ATYPIQUE - Découvrez enfin pour quoi vous êtes fait !

 Vos diplômes, vos expériences et vos titres professionnels ne vous ont pas permis d’identifier votre zone d’excellence. Au cours de votre parcours, vous avez été performant, parfois moins. Vous avez aimé ce que vous faites, parfois moins. Mais aucune évidence n’a surgi. Aujourd’hui, une question tourne en boucle dans votre tête : "Pour quoi suis-je fait ?". Comment le découvrir ?

COACHING - Expatrié, quelle erreur !

Samedi 1er août. Les rayons du soleil plongent à travers les larges baies vitrées de JFK, le principal aéroport de New York. Manu, assis par terre, le visage enfoui entre ses mains, se demande, « mais comment en suis-je arrivé là ? » Après deux années passées à New York, il rentre à Paris, rapatrié par sa compagnie. Un échec qu’il a encore du mal à assumer même si, au final, il ne s’est jamais senti aussi seul et misérable qu’aux États-Unis, un pays dont la mentalité qu’il juge avant tout égoïste, hypocrite et cruelle, est à l’opposé de ses principes de vie.
Expat - Politique

GLOBAL PEACE INDEX - Seulement dix pays "en paix totale"

Qui veut la paix prépare la guerre. Ce n’est pas ce que semble affirmer le Global Peace Index de 2016. Si la situation des pays en guerre va en s’empirant, celle des pays en paix se serait améliorée. L’Islande, le Danemark et l’Autriche sont en tête de ce classement. En revanche, il resterait, à l’heure actuelle, seulement dix pays dans le monde qui ne seraient pas engagés dans un conflit interne ou externe à leurs frontières. 
Magazine
En direct de nos éditions locales