Le photographe français Boris Wilensky expose à l’Alliance française de Bangkok jusqu’au 22 juillet vingt clichés réalisés dans la capitale thaïlandaise qui mêlent l’Homme et la Ville. Boris Wilensky, dont l’originalité des travaux est d’assembler deux photos, a été fasciné par les rues de Bangkok, ville dont "le cœur palpite en permanence"

L'exposition "Hurban Vortex", du photographe français Boris Wilensky, est visible jusqu’au 22 juillet à l’Alliance française de Bangkok, en extérieur. Passionné de musique urbaine et diplômé en urbanisme, l’artiste qui a déjà travaillé avec Morgan Freeman, André Dussolier, Brahim Asloum, IAM, ou encore Kool Shen du groupe NTM, invite à réfléchir sur la fusion de l’humain et de l’urbain à travers vingt photos prises lors d’un voyage solitaire effectué à Bangkok au printemps dernier. L’originalité des travaux de Wilensky vient du fait qu’il assemble deux négatifs numériques sans recourir à la retouche d’image.

LePetitJournal.com Bangkok : Pouvez-vous nous parler du projet Hurban-Vortex ?
Boris Wilensky : Le concept de cette série photographique est de faire rimer images et voyages et de montrer à quel point l’Homme et la Ville se mélangent, voire fusionnent dans les mégapoles modernes. Et ceci dans une "optique déco" avec des images grands formats en tirages très limités. Tokyo était ma première étape, Bangkok la seconde. Il me tarde de travailler dans d’autres mégapoles, tout comme je souhaite bientôt enrichir cette série de clips vidéos "Hurban Vortex" portés par le même esprit : mélanger les entités humaines et urbaines pour en faire ressortir ce qui m’apparaît comme étant le plus remarquable.
Le principe, c’est de jouer avec plusieurs codes. D’abord ceux de la photographie en associant deux images en une et en alternant poses lentes et shoots rapides.  Mais aussi avec les codes urbains et humains propres à notre époque. Ils sont nombreux et il serait compliqué de tous les énumérer mais en résumé je citerais la vitesse, les transports, le rapport au Temps, le mouvement, la foule, la musique, la société de consommation, la publicité. Ce qui me paraît intéressant c’est justement de mixer tout cela pour en faire ressortir quelque chose de l’ordre du symbolique. Ce travail a déjà été présenté au public à la Galerie Quality Street (Montreuil) en 2010, à la Galerie de l’Europe et au siège de Cisco France (Paris) en 2011.

De quelle manière avez-vous travaillé à Bangkok ?
J’ai passé un peu plus de deux semaines à Bangkok en mars-avril 2012. Les premiers jours, j’ai travaillé avec des modèles avec lesquelles j’avais pris contact avant mon arrivée puis je me suis ensuite concentré sur la ville elle-même. Le but était avant toute chose de prendre du plaisir. Travailler dans différents lieux avec plusieurs modèles à divers moments du jour et de la nuit m’a permis de varier les rendus visuels. Et c’est avant tout ce que je recherchais !
Shooter n’est vraiment pas ce qui prend le plus de temps dans ce travail. L’étape la plus chronophage, et de très loin, reste l’assemblage des clichés. Il faut y passer des heures et faire très souvent des dizaines voire des centaines d’essais sur l’écran LCD du boîtier pour obtenir un résultat intéressant. Car, si du point de vue de la technique il est relativement simple de juxtaposer deux images l’une sur l’autre, il faut surtout que cet assemblage ait du sens au regard de la série photographique et veuille dire quelque chose. Faire naître une réflexion, véhiculer un message, alimenter l’imagination, offrir un regard différent sur la ville : c’est tout cela qui m’intéresse à travers la série Hurban Vortex.

Vous semblez attiré dans vos travaux par le "monde de la rue". Qu’ont de spéciales les rues de Bangkok ? Vous ont-elles fascinées ?
D’une façon générale le "monde de la rue" m’attire oui. Tout simplement car c’est dans les rues que la vie s’organise et que les gens se rencontrent. Et puis je crois que les rues reflètent d’une certaine manière le caractère d’un pays, d’une agglomération et de ses habitants.
Bangkok est une ville moderne, un petit "New York asiatique". C’est aussi une ville de contrastes où modernité et traditions cohabitent pour former quelque chose d’original et surtout d’extrêmement vivant. En résumé, c’est une destination on ne peut plus inspirante pour un photographe car cette ville, faite de lumières et de mouvements, ne s’arrête jamais et son cœur palpite en permanence. Je vois également Bangkok comme une entité très féminine qui change d’humeurs et de couleurs à différents moments de la journée. Plutôt traditionnelle le matin, moderne l’après-midi, festive et impétueuse la nuit. C’est aussi ce qui explique que j’ai souhaité travailler avec des modèles thaïlandaises femmes, que je souhaite d’ailleurs saluer. Quant aux sourires légendaires qui habitent les visages, c’est tout sauf un mythe et c’est quelque chose de très appréciable. Et pour tout dire, cela me change totalement de Paris et des gens qui ne sourient que les années bissextiles !
Propos recueillis par Yann FERNANDEZ (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) vendredi 29 juin 2012

Crédits photos Boris Wilensky

Hurban Vortex par Boris Wilensky
Alliance Française de Bangkok
29 Sathorn Tai Road. Bangkok 10120
Du 19 juin au 22 juillet (sauf les lundis)
Entrée libre
Informations :
Tel : 02 670 42 40
mediatheque@alliance-francaise.or.th
www.boriswilensky.com
www.hurban-vortex.com

Je précise au passage que nous vous proposons l’espace A1 et l’espace Ad300 (BP) à partir de la signature jusqu’au 31 août 2013, ce qui fait au moins 14 mois sur ces deux espaces clés. Quand aux annonces, crédits d’annuaire et parutions newsletter, il s’agit de produits offerts. En retirer ou en ajouter ne changera pas le prix.

 
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