Autrefois gravé sur les troncs d'arbres, le coeur du 21ème siècle s'attache désormais avec un cadenas. Une mode qui arrive à Sydney

Cadenas sur le pont des Arts cc : Flickr thezartorialist.com

Symbole romantique pour certains, du vandalisme de piètre goût pour d'autres, les "cadenas de l'amour" ont envahi les sites touristiques et les points de vue de nombreux pays européens, américains et asiatiques. Et maintenant s'accrochent amoureusement, entre autres, au Harbour Bridge et divisent les autorités de Nouvelle-Galles-du-Sud.

La mairie de Wollongong a annoncé en mai dernier le retrait de quelque 400 cadenas au point de vue du Mont Keira car ils endommagent les installations publiques provoquant corrosion et taches de rouille. Vue diamétralement opposée de la mairie de Shoalhaven qui elle, souhaite ériger trois clôtures afin d'attirer les cadenas de l'amour. A Sydney, dans un premier temps, la porte-parole du Road & Maritime Services avait annoncé qu'aucune action ne serait entreprise pour enlever les cadenas. Mais, depuis de l'eau a coulé sous le pont ! Hier, revirement de situation suite à l'annonce stipulant que, bien que comprenant le caractère sentimental du geste, les cadenas laissés par des visiteurs amoureux sur le Harbour Bridge seraient retirés. Les couples sont encouragés à venir les récupérer avant qu'ils ne soient enlevés par les autorités. Ensuite il seront conservés pour une brève période dans les locaux de la sécurité du pylone Sud où ils pourront être collecter durant les heures de bureau.

Ce phénomène, qui est apparu dans les années 80, connait un regain de popularité en 2006 après la parution du livre de Federico Moccia, et son adaptation au cinéma, intitulé Ho voglia di te (J'ai envie de toi). Les deux protagonistes du livre attachent un cadenas sur le pont Milvius à Rome en signe d'amour éternel. De là, des milliers d'amoureux, parmi les 2,5 millions de lecteurs que compte ce roman, imiteront le geste du jeune couple pour symboliser leur amour.

arbre à cadenas Moscou wikimedia auteur : A.Savin

En Europe
A Paris, cette mode a débuté sur le pont des Arts. Au printemps 2010, 2000 cadenas y étaient accrochés aux balustrades, mais la plupart disparurent au matin du 12 mai 2010, fait totalement étranger à la mairie de Paris qui pourtant n'était pas en faveur de cette tendance. En fait, c'est un étudiant des Beaux-Arts qui les avait subtilisés pour en faire une sculpture. D'autres preuves d'amour sont réapparues depuis sur les rambardes du pont de l'Archevêché.                                                                       

A Rome, le maire a interdit l'accrochage des cadenas aux installations publiques depuis 2007. Les amoureux qui braveront l'interdit encourent une amende de 50€. 

A Moscou, les autorités ont fait ériger des arbres métalliques sur le pont Loujkov, dont les branches servent à accrocher les cadenas. L'effet esthétique produit est devenu une attraction touristique. 

Merci de ne pas jeter la clé ! Wikimedia auteur : Optx

En Asie
À Séoul, cette mode sévit à la North Seoul Tower, qui surplombe la ville. Les cadenas sont accrochés aux grilles garde-corps, ce qui oblige les services d'entretien à les remplacer afin que tout le monde puisse profiter de la vue. Tolérantes mais prudentes, les autorités ont installé un panneau interdisant aux gens de lancer leur clé à partir de la plate-forme qui s'élève à 236,7m au dessus du sol !

A Taïwan, des cadenas apparaissent au milieu des années 2000 sur la rambarde d'une passerelle enjambant les rails à la gare de Fengyuan. Ils sont appelés "cadenas à souhaits" et portent des vœux écrits au feutre pour conserver ou trouver l'amour, mais aussi pour réussir aux examens ou faire fortune. Selon le chef de gare, la croyance locale est que les trains génèrent un champ magnétique qui imprègne les cadenas et facilite la réalisation des voeux.

Agnès Chupin (www.lepetitjournal.com/sydney.html) Jeudi 16 Août 2012

 
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