En avril 2013, l'Italie politique changera de visage avec la nomination d'un nouveau Président du Conseil. Le successeur de Mario Monti devra gérer la crise économique et les attentes sociales des électeurs. Retour sur le fonctionnement de la démocratie italienne

Une bipartisation de l'échiquier politique
Une vingtaine de partis nationaux rythment la vie démocratique de l'Italie, marquée par un scrutin accordant une dose de proportionnelle. Toutefois, puisqu'aucune formation n'est en mesure de rassembler une majorité absolue, des coalitions sont formées pour porter un homme à la Présidence du Conseil.

Le paysage actuel est directement issu du scandale du Tangentopoli, système de corruption entre les responsables publics et les affaires économiques, dénoncé par le Parquet de Milan au début des années 1990. La Democrazia Cristiania, parti centriste qui dominait l'action gouvernementale, ainsi que le Partito Socialista se sont effondrés en même temps que leurs leaders. Depuis, la scène politique a changé de visage pour laisser place à un système bipolaire pas toujours évident à cerner.

Se présentant comme un homme nouveau en 1994, Silvio Berlusconi suscite la confiance des électeurs avec la fondation de Forza Italia, devenu le Popolo delle Libertà en 2009. Mais très vite le Pdl se scinde, et le paysage politique de la droite italienne voit naître, en 2010, Futuro e Libertà per l’Italia fondé autour de la figure de Gianfranco Fini, alors président de la Chambre. Ce dernier forme avec Alleanze nazionale et l'Udc, le "Nuovo Polo per l’Italia".

A gauche de l'échiquier, le Partito Democratico rassemble depuis 2007 les Democratici di sinistra, interdits de gouvernement sous la Première république,ainsi que les démocrates-chrétiens et les sociaux-démocrates de la Margherita. Son secrétaire général, Pierluigi Bersani, est le favori des primaires de la coalition de Centro-Sinistra, à laquelle participent également les radicaux de gauche, le parti anti-corruption Italia dei Valori et les communistes.

La bipolarisation de l'offre politique italienne est toutefois mise à mal par le mouvement Cinque Stelle de l'humoriste Beppe Grillo. Se définissant comme une formation anti-système, elle s'impose comme une nouvelle force créditée de 15% d'intentions de vote, notamment grâce à sa notoriété auprès des jeunes.

 

 

Une instabilité ministérielle chronique
La démocratie italienne, construite autour d'un échiquier politique éclaté, est marquée par l'instabilité ministérielle. Si les mêmes acteurs reviennent régulièrement sur le devant de la scène, les différentes alliances font et défont les gouvernements successifs.

Ainsi, en 1998, Romani Prodi est destitué deux ans après sa nomination, quand la Rifondazione Comunista abandonne la coalition de gauche au pouvoir, l'Ulivo. Portée par l'Unione en 2006, il échoue de nouveau en 2008, suite au retrait de l'UDEUR (Union des Démocrates pour l'Europe), dont le secrétaire général, Clemente Mastella, rejoint les listes du Popolo delle Libertà.

Silvio Berlusconi a aussi dû conjuguer avec des alliés instables. La Lega Nord, parti populiste et régionaliste mené par Umberto Bossi, abroge son premier mandat en 1995, en quittant coalition du Polo delle Libertà. La ligue abandonne ensuite la Casa delle Libertà, seconde alliance formée, mettant ainsi en difficulté la dernière législature de Berlusconi, en 2011. Une large influence ministérielle lui avait pourtant été accordée pour sceller une majorité. En effet, Roberto Maroni occupait le ministère régalien de l'Intérieur tandis qu’Umberto Bossi était en charge des réformes sur le fédéralisme, dans un Etat où les régions détiennent une certaine autonomie exécutive et législative.

De par cette prééminence des partis et du Président du Conseil, l'Italie est l'archétype du régime parlementaire. De fait, le Président de la République, Giorgio Napolitano, est souvent méconnu des étrangers, alors que son homologue français est la "clé de voûte des institutions". Malgré ses pouvoirs restreints, il nomme le Président du Conseil et peut dissoudre la Chambre des députés.

 

A l'instar du Président allemand ou de la Reine d'Angleterre, il représente les intérêts suprêmes de la nation. Ainsi, en 2011, poussé par le contexte économique et une crise ministérielle inquiétant Bruxelles, Giorgio Napolitano prend la décision de placer Mario Monti à la tête du gouvernement, un technocrate hors du jeu politique. Reste désormais à savoir quelle coalition remportera les prochaines élections et qui sera le 83e Président du Conseil italien.

Martin CANGELOSI (www.lepetitjournal.com/rome ) Jeudi 15 novembre 2012

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