Le tabagisme est un vice très répandu en Italie, il joue un rôle monumental pour l’économie et la santé du pays. Discours sanitaires et mesures légale, rien ne semble faire le poids face à la nicotine, sauf peut-être "La méthode simple pour en finir avec la cigarette" d’Allen Carr

L’Italie, une péninsule enfumée

Loin devant la France qui se place en 60ème position, l’Italie est le 27ème pays du monde en termes de ventes de tabac, suivant de près la Hongrie et la Chine. En 2005, la péninsule était neuvième au classement des producteurs de tabac avec 1,7% de la production mondiale.

crédits : C.d.F pour lLPJ de Rome

Le gouvernement entreprend en ce moment même de prendre le vice à la racine. Un vice qui touche plus de 22% de la population italienne parmi laquelle presque deux millions de jeunes dont 15% commence à fumer avant l’âge de 15 ans. Des campagnes de prévention sont envisagées pour sensibiliser le public, un objectif inscrit dans la réforme Balduzzi, votée en septembre.

En France, où le problème est bien connu, le prix du tabac augmente doucement et sûrement chaque année depuis 2003. Si actuellement, le premier prix d’un paquet de cigarettes en vente dans l’hexagone s’élève à 6,10€, en Italie ce dernier ne dépasse pas encore la barre des 5€. Pourtant, pour contrer le tabagisme, des mesures ont déjà été prises : les mineurs sont théoriquement dans l’impossibilité de se procurer du tabac en kiosque ou au distributeur. Les fumeurs sont également exclus des lieux publics depuis 2005 et l’augmentation progressive des prix est en cours. Certes sur la péninsule, les ventes en kiosque baissent depuis 2003. Cependant dans ce pays historiquement fumeur cela ne suffit pas et chaque année le tabac fait plus de 80.000 morts.

Face au manque d’efficacité des mesures de santé, la Commission Européenne envisage une fois de plus ce qu’elle appelle une "campagne de dissuasion sérieuse". Cette dernière tente d’homogénéiser, évidemment à la hausse, les prix des paquets dans tous les pays de l’Union européenne et pourrait se tourner vers le paquet neutre dit "anonyme".

Si la législation et les aides médicales se montrent peu probantes à enrayer la consommation du tabac en Italie, une solution de toute autre envergure se dessine. Parmi les méthodes alternatives, grandit l’idée, de plus en plus crédible, d’hypnose à la lecture.

Le pouvoir des mots pour consumer l’envie

Soulagés ou dubitatifs, les Italiens ne peuvent qu’entendre parler du succès d’un certain livre, efficace à près de 70% par l’intermédiaire d’innocentes méthodes psychologiques. Vendu à 13 millions d’exemplaires depuis sa sortie en 2006, l’ouvrage anglo-saxon d’Allen Carr, intitulé The easyway to stop smoking a fait le tour du monde et se répand en Italie depuis près de trois ans. Les chiffres sont certes impressionnants, mais comment expliquer un tel succès ?

L’efficacité des quelque 200 pages, écrites par un expert-comptable londonien qui a fumé plus de 100 cigarettes par jour pendant près de 30 ans, est assez surprenante. La méthode est simple et se base sur une lecture rapide et active. Le fumeur, au fil des chapitres, se retrouve dans les exemples donnés et remet en question l’entier fonctionnement de sa pensée. Loin des stratégies d’intimidation, de compensation ou d’appel à la volonté de chacun, il se fonde sur la rationalité pure de l’esprit humain.

Il est vrai que les arguments, d’une logique implacable, sont difficilement réfutables. L’auteur effectue tour à tour une comparaison fumeur/non-fumeur, établit un bilan des raisons qui poussent à allumer une cigarette et à ne jamais abandonner cette habitude que l’on sait pertinemment mauvaise et inutile.

Témoignage : conviction et auto-conviction

Salvatore Paparo, étudiant, se définit comme ʺex-fumeurʺ à juste 25 ans et ce ʺpour de bonʺ dit-il, depuis qu’il a lu l’ouvrage à la couverture bariolée d’Allen Carr. Il tente d’en expliciter l’influence et de livrer ses états d’âme face à une fumeuse assumée : Alessandra Zinsi, 22 ans, qui tire sur sa cigarette sans provoquer aucune gêne chez son interlocuteur.

crédits : C.d.F pour LPJ de Rome

ʺPourquoi fumes-tu ?ʺ, demande-t-il imitant la méthode de son mentor. ʺParce que j’en ai envieʺ, répond Alessandra. ʺTout le monde a cette même réponse. Et pourquoi en as-tu envie ? ʺ, réplique alors Salvatore avant de se livrer sur sa propre expérience. ʺ Cela fait un mois que j’ai arrêté de fumer. Ma mère est fière, elle le raconte à tout le monde. Mais ce livre est un vrai miracle, je le conseille sérieusement. D’autant plus que l’écriture est simple et qu’il se lit assez vite ʺ.

ʺEt tu n’as plus besoin de fumer ? Ou même envie en ce moment ? ʺ interroge Alessandra. ʺJe n’en ai plus le besoin, c’est sûr, répond-il. Le besoin est passé au bout de deux semaines. Clairement, l’envie me vient de temps en temps mais je sais comment la combattre. Je me sens fort et j’ai confiance en moi. En fait, l’idée d’Allen Carr est simplement de donner, pour une fois, une vraie occasion d’arrêter. Nous l’avons toujours voulu, l’auteur veut seulement donner le feu vertʺ. Et comment ? ʺIl fait prendre conscience des raisons de cette habitude. Il n’invente rien, mais révèle des évidencesʺ.

Tout comme le Times qui affirme"Allen Carr détruit ce  mythe : arrêter de fumer serait difficile", Salvatore semble convaincu. Si les méthodes classiques et parfois coûteuses ont découragés de nombreux fumeurs, ce Best Seller a déjà été approuvé par des milliers d’Italiens. Une preuve de son efficacité ? À vous d’en juger.

Camille de FOUCAULD (www.lepetitjournal.com/rome) Jeudi 8 novembre 2012

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