Après les images désastreuses de Naples croulant sous ses déchets, penser que l’Italie est pro-recyclage est un peu dur à imaginer. Pourtant, à Rome la plupart des habitants s’y plient volontiers. Mais face aux subtilités du tri à l’italienne, un Français fraîchement débarqué se sent parfois un peu perdu

Sont écolos ces Romains !

A Rome, comme dans la plupart des grandes villes, des conteneurs campent 24 heures sur 24 au pied des immeubles. Chacun ayant une utilité spécifique : un pour le carton et le verre, un pour le plastique et un pour les déchets non recyclables. Les Italiens semblent être des recycleurs assidus ou c’est du moins ce que l’on peut penser à Rome. Gare à celui qui jette du papier dans la poubelle du verre, ou met du plastique dans la poubelle pour le carton !

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En France, si les citoyens trient le plastique, le verre et le papier, c’est déjà pas mal. A Paris, par exemple, l’usage veut que l’on différencie les ordures ménagères des éléments qui se recyclent. Mais en Italie on peut également distinguer "l’organico", entendez par là les restes alimentaires, tout ce qui pourrait servir au compost. L’AMA, l’Agence Municipale de l'Environnement de Rome, a même créé un mini conteneur pour l’occasion. Vous avez jusqu’à 11h30 pour déposer ces ordures dans les camions mis à disposition. Et comme pour récompenser ce geste écologique, l’employé qui attend à côté distribue des sachets plastiques, recyclables, spécialement conçus pour ces poubelles un peu spéciales.

Rome n’est pas Naples… ni Lausanne

L’Italie, au niveau des déchets, ne se résume pas aux images des tas d’immondices qui inondent Naples assez régulièrement. A Rome, comme dans le reste de la péninsule, certains habitants mettent un point d’honneur à respecter l’environnement et le tri sélectif.

Si l’Italie manque cruellement d’incinérateurs et multiplie les décharges en plein air, le pays a développé une forte conscience écologique autour des emballages et du tri des ordures ménagères. Pour éviter la pollution inutile, les Italiens ont ainsi tiré un trait sur les sacs plastiques. Mise en place au 1er janvier 2011, cette réglementation concerne principalement les supermarchés. A Rome, le choix se résume dorénavant aux sacs biodégradables ou aux sacs en papier. En France, il est encore possible de trouver des enseignes qui distribuent des sachets plastiques à leurs clients car leur interdiction a été reportée à 2014. Sur certains points, le gouvernement français a donc beaucoup à apprendre de son voisin transalpin.

Pour autant, il ne faut pas non  plus croire qu’en arrivant à Rome, les routes et les trottoirs brillent de propreté. Assez souvent les poubelles débordent, les éboueurs vident (in)volontairement tous les conteneurs dans le même camion... L’écologie à la romaine n’est pas si oppressante.

Ne pas respecter le tri n’est pas une faute morale, personne n’ira vous dénoncer et la police municipale ne fouillera pas vos poubelles pour vous verbaliser. Mais quand un Romain est pro-recyclage, il le fait à fond. La chose peut devenir problématique s’il s’agit de votre colocataire. Des emballages en verre à laver, le pot de yogourt sale qui se recycle, le plastique gras et le plastique sec et le carton de la pizza qui ne va pas avec le carton : il suffit de penser à la consommation excessive de pizza à emporter pour esquisser un sourire… Se sentir un peu désorienté au début et une chose normale, mais pas de panique votre colocataire sera là pour vous éduquer.

Ioanna Schimizzi (www.lepetitjournal.com/rome) Lundi 2 juillet 2012

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