En ce début d’année, les bonnes résolutions reviennent au galop. Perdre du poids et faire plus de sport font partie des grandes classiques après les périodes de fêtes. A Londres, une activité est de plus en plus à la mode. Plutôt que d’aller s’enfermer dans une salle de sport, les Londoniens sont de plus en plus nombreux à remplir les parcs londoniens tôt le weekend ou après le travail en semaine. Mais les cours qu'ils suivent ne sont pas dispensés par n’importe qui. De vrais anciens militaires utilisent leur savoir-faire pour pousser des gens normaux au-delà de leurs limites. Bienvenue dans le monde des boot camps ou camps d’entraînement militaires

 

9h30 un samedi matin, Mo arrive en sueur au point de rendez-vous, à la porte Ouest du Parc Victoria. Vêtu d’un treillis, il a déjà commencé à s’échauffer, en courant ses dix miles quotidiens. Il attend environ une vingtaine de personnes qui vont venir pendant une heure participer à ce camp d’entraînement militaire. "J’aime bien notre organisation parce qu’elle est très petite, mais très personnalisée. On connaît tout le monde par leur prénom" nous confie Mo. Ces boot camps qui proposent des cours de fitness en extérieur donnés par des anciens militaires sont en effet de plus en plus populaires. Sur le trottoir d’en face, une autre compagnie propose également la même formule. "Il y a de plus en plus d’offres. Mais, il y aura toujours des personnes pour venir à ces cours. Parce que les gens voudront toujours se maintenir en forme et au lieu de payer pour aller dans une salle de sport, ils préfèrent venir à nos camps", nous dit Mo, qui ne craint pas du tout la concurrence. En cinq ans, depuis l’ouverture de son entreprise, il a connu une augmentation de 100%.

"Une manière extrême de se maintenir en forme"

10h, pas d’attente pour les retardataires, c’est partie pour une heure intensive d’entraînement physique. On court beaucoup, on se baisse, on pousse sur les bras, on fait travailler ses abdos. De tous âges, corpulences et capacités physiques, hommes et femmes n’ont pas peur de se rouler dans la boue.  Divisés en groupe de niveau, chacun fait en fonction de ses capacités, mais pas question de s’arrêter. "C’est une manière extrême de se maintenir en forme", nous explique Rita. Cette employée de banque de 45 ans vient une fois par semaine. Elle aime faire du sport mais surtout quand cela se passe en groupe."Il y a une incroyable communauté. On s’encourage mutuellement, on va au-delà de nos limites ensemble. Et puis, on fait confiance aux instructeurs qui font ça depuis longtemps". Marcus, 45 ans, aime aussi ce côté social du boot camp. Il a découvert cette activité il y a trois ans et maintenant il essaye de venir au moins deux fois par semaine. "J’ai toujours été un peu paresseux quand il s’agissait de faire du sport. C’est bien d’avoir quelqu’un qui te pousse et qui te crie un peu dessus aussi de temps en temps."

La formule miracle pour maigrir?

Sortir de sa zone de confort, s’entraîner dur, dépasser ses limites, c’est ce que les Londoniens viennent chercher en assistant à ces cours donnés par d’anciens militaires. Mais est-ce que tant d’effort physique est efficace pour perdre du poids ? Pour Mo, il n’y pas de solution miracle, il faut manger sainement et faire de l’exercice régulièrement. Il conseille généralement trois heures de sport par semaine. Certaines organisations proposent des boot camps sur une semaine et affichent des résultats impressionnants. Mais pour Mo, c’est loin d’être la solution idéale. "Dans les camps d’une semaine, ils suivent un régime très strict.  Ces personnes, à la fin de la semaine, vont perdre du poids. C’est normal si tu affames ces gens et qu’ils font de l’exercice tous les jours. Mais aussitôt qu’ils partent de ce camp, ils reviennent à ce qu’ils étaient avant. Le corps va vouloir manger et on ne peut continuer avec le régime qu’il faisait. Sans parler du nombre important de blessures qu’il y a en une semaine". Le plus important est alors de changer ses habitudes et d’adopter une certaine régularité.

L’apport de la formation militaire : le travail sur le mental

Les boot camps permettent alors de se tonifier, de brûler des calories, mais le gros apport de la formation militaire, c’est le travail sur le mental.  "Ton esprit te dit d’abandonner alors que ton corps peut encore continuer", explique Mo qui est habitué à encourager ses élèves pour les faire aller plus loin. "Des fois, ils me regardent avec horreur, mais ils finissent toujours par faire ce que je leur dis et ils se surprennent eux-mêmes." Et ils ont tous expérimenté ce moment où ils ont dû se surpasser et accomplir ce qu’ils ne pensaient pas être possible. Jacayl, 34 ans, vient aux boot camps régulièrement depuis deux ans et elle se souvient encore de ces débuts difficiles. "Ma troisième ou quatrième classe, on était juste quatre personnes dans le cours. Et il pleuvait et il faisait froid. J’étais vraiment à la traîne. J’ai pensé « Je ne peux pas faire ça, je ne peux juste pas le faire », et mes mains devenaient bleues. Mais finalement ils m’ont encouragée. Je suis allée jusqu’ au bout. A la fin, je me suis juste dit « Merci mon dieu, c’est terminé ! »"

Laurène Sénéchal (www.lepetitjournal.com/londres) mardi 3 janvier 2012

Pratique
Des séances ont lieu les lundi, mardi, mercredi, jeudi, samedi et dimanche. En fonction des jours, elles se déroulent à Highbury Fields, Hyde Park, Victoria Park, Holland Park, Wanstead Park. Pour plus d’information : http://www.armybootcampfitness.co.uk/

REMISE EN FORME- Les militaires reconvertis dans l’industrie de la fitness

 

En ce début d’année, les bonnes résolutions reviennent au galop. Perdre du poids et faire plus de sport font partie des grandes classiques après les périodes de fêtes. A Londres, une activité est de plus en plus à la mode. Plutôt que d’aller s’enfermer dans une salle de sport, les Londoniens sont friands d’activités en extérieur. Par pluie, froid ou beau temps, ils sont de plus en plus nombreux à remplir les parcs londoniens tôt le weekend ou après le travail en semaine. Mais ces cours ne sont pas dispensés par n’importe qui, de vrais anciens militaires utilisent leur savoir-faire pour pousser des gens normaux au-delà de leurs limites. Bienvenue dans le monde des boot camps ou camps d’entraînement militaires

 

9h30 un samedi matin, Mo arrive en sueur au point de rendez-vous, à la porte Ouest du Parc Victoria. Vêtu d’un treillis, il a déjà commencé à s’échauffer, en courant ses dix miles quotidiens. Il attend environ une vingtaine de personnes qui vont venir pendant une heure s’entraîner dans ce camp d’entraînement militaire. « J’aime bien notre organisation parce qu’elle est très petite, mais très personnalisée. On connaît tout le monde par leur prénom » nous confie Mo. Ces boot camps qui proposent des cours de fitness en extérieur donnés par des anciens militaires sont en effet de plus en plus populaires. Sur le trottoir d’en face, une autre compagnie propose également la même formule. « Il y a de plus en plus d’offres. Mais, il y aura toujours des personnes pour venir à ces cours. Parce que les gens voudront toujours se maintenir en forme et au lieu de payer pour aller dans une salle de sport, ils préfèrent venir à nos camps, » nous dit Mo, qui ne craint pas du tout la concurrence. En cinq ans, depuis l’ouverture de son entreprise, il a connu une augmentation de 100%.

 

« Une manière extrême de se maintenir en forme »

10h00, pas d’attente pour les retardataires, c’est partie pour une heure intensive d’entraînement physique. On court beaucoup, on se baisse, on pousse sur les bras, on fait travailler ses abdos. De tous âges, corpulences et capacités physiques, hommes et femmes n’ont pas peur de se rouler dans la boue. Divisés en groupe de niveau, chacun fait en fonction de ses capacités, mais pas question de s’arrêter. « C’est une manière extrême de se maintenir en forme,» nous explique Rita. Cette employée de banque de 45 ans vient une fois par semaine. Elle aime faire du sport mais surtout quand cela se passe en groupe. « Il y a une incroyable communauté. On s’encourage mutuellement, on va au-delà de nos limites ensemble. Et puis, on fait confiance aux instructeurs qui font ça depuis longtemps ». Marcus, 45 ans, aime aussi ce côté social du boot camp. Il a découvert cette activité il y a trois ans et maintenant il essaye de venir au moins deux fois par semaine. « J’ai toujours été un peu paresseux quand il s’agissait de faire du sport. C’est bien d’avoir quelqu’un qui te pousse et qui te crie un peu dessus aussi de temps en temps. »

Sortir de sa zone de confort, s’entraîner dur, dépasser ses limites, c’est ce que les Londoniens viennent chercher en assistant à ces cours donnés par d’anciens militaires. Mais est-ce que tant d’effort physique est efficace pour perdre du poids ? Pour Mo, il n’y pas de solution miracle, il faut manger sainement et faire de l’exercice régulièrement. Il conseille généralement trois heures de sport par semaine. Certaines organisations proposent des boot camps sur une semaine et affichent des résultats impressionnants. Mais pour Mo, c’est loin d’être la solution idéale. « Dans les camps d’une semaine, ils suivent un régime très strict. Ces personnes, à la fin de la semaine, vont perdre du poids. C’est normal si tu affames ces gens et qu’ils font de l’exercice tous les jours. Mais aussitôt qu’ils partent de ce camp, ils reviennent à ce qu’ils étaient avant. Le corps va vouloir manger et on ne peut continuer avec le régime qu’il faisait. Sans parler du nombre important de blessures qu’il y a en une semaine.» Le plus important est alors de changer ses habitudes et d’adopter une certaine régularité.

 

L’apport de la formation militaire : le travail sur le mental

Les boot camps permettent alors de se tonifier, de brûler des calories, mais le gros apport de la formation militaire, c’est le travail sur le mental. « Ton esprit te dit d’abandonner alors que ton corps peut encore continuer », explique Mo qui est habitué à encourager ses élèves pour les faire aller plus loin. « Des fois, ils me regardent avec horreur, mais ils finissent toujours par faire ce que je leur dis et ils se surprennent eux-mêmes. » Et ils ont tous expérimenté ce moment où ils ont dû se surpasser et accomplir ce qu’ils ne pensaient pas être possible. Jacayl, 34 ans, vient aux boot camps régulièrement depuis deux ans et elle se souvient encore de ces débuts difficiles. « Ma troisième ou quatrième classe, on était juste quatre personnes dans le cours. Et il pleuvait et il faisait froid. J’étais vraiment à la traîne. J’ai pensé « Je ne peux pas faire ça, je ne peux juste pas le faire », et mes mains devenaient bleues. Mais finalement ils m’ont encouragée. Je suis allée jusqu’ au bout. A la fin, je me suis juste dit « Merci mon dieu, c’est terminé ! » »

Laurène Sénéchal (www.lepetitjournal.com/londres)

 

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Des séances ont lieu les lundi, mardi, mercredi, jeudi, samedi et dimanche. En fonction des jours, elles se déroulent à Highbury Fields, Hyde Park, Victoria Park, Holland Park, Wanstead Park. Pour plus d’information : http://www.armybootcampfitness.co.uk/

 
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