S’expatrier pour les femmes qui suivent leur conjoint c’est aussi s’expatrier de soi, renoncer à  un métier, à un statut, à une activité et même à une identité distincte. Les frontières passées, la femme d’expatrié est rebaptisée " femme de Mr Untel ". Plongée dans une fusion plus ou moins forcée elle devient un peu l’ombre d’elle-même en suivant celle de son mari. Est-ce une fatalité ? Y a t-il une vie à soi possible pour les femmes d’expatriées ?

www.freedigitalphotos.net www.freedigitalphotos.net

Etre et avoir été
Quand on est un couple, le choix de l’expatriation doit être une option prise à deux car cette nouvelle orientation va impacter de façon significative l’existence de chacun. Pleine de promesses pour le devenir financier, culturel, social… du couple, elle est aussi pleine d’interrogations pour chacun des membres de la famille. La femme quitte le rail sur lequel elle était lancée et se retrouve à l’arrêt au milieu d’une plaine inconnue. Elle était Florence X, Corinne U… secrétaire, infirmière, enseignante, responsable financier, D.R.H  … Celle qui faisait ceci, qui connaissait cela, avec qui on… Soudainement elle est ce bras autour de celui de son mari, sourire ou traits tirés, champagne ou jus d’orange. Elle est devenue la " femme de… ".

De la femme de… à la femme qui…
L’identité est un terrain miné, quelque chose de sensible, à manipuler avec délicatesse. L’identité c’est au moins :

- l’identité biologique : homme ou femme
- l’identité civile, administrative : mariée, célibataire, étudiant…
- l’identité professionnelle : le métier, l’activité
- l’identité sociale : le rôle dans la société
- l’identité patronymique : le nom de famille

C’est aussi nos valeurs, nos goûts, nos expériences, notre langue, nos choix, les amis que nous fréquentons et ceux que nous évitons. Tout cela c’est nous. C’est dire combien notre identité est complexe et riche à la fois. Notre identité civile et patronymique ne prend pas toute la place. Mieux , elle peut être rassurante puisqu’on est au moins deux. Il est aussi parfois reposant d’être un objet (femme de) pourvu qu’on le manipule avec tendresse. Il reste aux femmes d’expatriées à trouver un nouveau terrain pour s’affirmer…Devenir " la femme qui " et poser des actes personnels.

Reconnaître la perte
Naturellement il y a un deuil nécessaire quand on perd une partie de son identité. Cela veut dire qu’il faut accepter -dans la courte parenthèse qu’est l’expatriation- de se donner un peu de temps pour digérer la perte (celle aussi du commerçant sympa, des rendez-vous rituels, d’une certaine indépendance, de son coiffeur…). C’est une chose difficile quoiqu’on en dise et cela mérite quelques larmes et même ce léger apitoiement qui en passant par la colère nous donne envie d’aller de l’avant. Admettre l’étendue de la perte c’est se donner tous les moyens de vivre pleinement le présent. Il n’y a rien de pathologique dans cette épisode. Les larmes séchées, le soleil peut commencer à briller.

Trouver de nouveaux repères
Perdre une partie de son identité ce n’est pas changer totalement d’identité. Cela peut nous faire vaciller mais nous ne tombons pas. Si c’est le cas, c’est que nous n’avons pas suffisamment investi les autres éléments de notre identité. C’est le moment de faire ce travail pour aller vers plus de bien-être et d’équilibre. Perdre son statut, son métier… ce n’est pas perdre ses compétences, c’est juste perdre le contexte dans lequel elles s’exerçaient. Il nous revient donc d’être créative et de trouver un nouvel environnement susceptible de les accueillir. Profitez de l’expatriation pour tester de nouvelles idées, tout le monde en sera ravi.

Les atouts de la communauté d’expatriés : disponibilité, contact facile, accueil positif
La communauté des expatriés se caractérise par une plus grande disponibilité en terme de temps mais aussi d’état d’esprit. Relativement réduite, elle est aussi plus solidaire, le contact se fait le plus souvent avec aisance et chaleur. C’est le moment d’en profiter pour parler de ce que vous savez faire, de ce que vous aimez faire, de ce que vous souhaitez partager… Tout ce qui anime la vie à l’étranger reçoit un accueil positif. Ne vous en privez pas !

Désormais vous pouvez sans réserves jouer la " femme de… ". C’est une expérience comme une autre que certaines vivent avec enchantement.

Nathalie Vogelsinger-Martinez (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) vendredi 7 janvier 2011
Coach de projets professionnels et personnels

Lire aussi: FEMME D’EXPAT, la vie enchantée?

 
Une internationale

EXCLUSIF - Interview de Vianney : ses émotions, sa musique et le Japon

Artiste interprète de l'année aux Victoires de la musique 2016, Vianney est au Japon pour un concert événement dans le cadre de la fête de la musique à l'Institut français de Tokyo, ce samedi 24 juin. Lepetitjournal.com Tokyo a échangé avec l'artiste dès sa descente d'avion sur ses émotions, sa musique et le Japon.
 Bleu Blanc Box
Actu internationale
Actualités de nos partenaires

Investissement locatif : comment être efficace dans sa recherche de bien ?

La rentabilité d'un investissement locatif peut varier considérablement d'un bien à l'autre. Mieux vaut laisser l'élément affectif de côté au moment de choisir le bien dans lequel vous allez investir, pour se concentrer sur des critères vraiment déterminants et rentabiliser l'investissement.
Expat
Expat - Emploi

WONDERLEON – Attirer les talents internationaux de la Tech en Europe !

Il y a deux ans, une poignée de dirigeants de start-ups et de scale-ups françaises à succès, lançaient l’appel #ReviensLéon. Le but ? Inciter les Français expatriés à rentrer au bercail en leur proposant des jobs attractifs dans l’écosystème Tech français « en pleine effervescence » ! Aujourd’hui #ReviensLéon pousse les murs et devient WonderLeon. Son objectif ? « Faire rayonner la ‘’European Tech’’ » en attirant cette fois-ci tous les talents internationaux possibles en Europe. 
Expat - Politique
Magazine
En direct de nos éditions locales