Pourquoi prendre l’avion quand on peut marcher ? C’est la question que pose Stephan Meurisch, un jeune Allemand qui a décidé de parcourir le monde sur ses deux jambes. Lepetitjournal.com d’Istanbul l’a rencontré lors de son étape stambouliote

À 31 ans, Stephan Meurisch a quitté son Munich natal en mars dernier, avec le projet fou de rejoindre le Tibet, à pied. “J’ai tout vendu : mon appart, mes meubles, mes affaires… Je ne voulais pas avoir à revenir si je n’en ai pas envie.” De son ancienne vie, il ne lui reste plus qu’un sac de 27 kilos. Au rythme de 20 à 30 kilomètres par jour, et après huit mois passés sur les routes, il a rejoint Istanbul depuis trois semaines.

Après l’Autriche, la Slovaquie la Hongrie, la Roumanie puis la Bulgarie, il fait une halte en Turquie, jusqu’à la fin de l’hiver, avant de reprendre la route par l’Iran. Facilement reconnaissable, il arbore la parure parfaite du baroudeur prêt à affronter les caprices de la météo : K-Way, treillis imperméable, et les inconditionnelles chaussures de marche.

Stephan Meurisch (photo personnelle)

Voyager pour voyager
Pourquoi le Tibet ? “J’ai toujours voulu y aller, sans jamais vraiment savoir pourquoi. C’est juste un point sur une carte, pour me donner un but à poursuivre.” Des propos qui rejoignent l’adage populaire : “Qu’importe la destination, l’important c’est le voyage.” Rien de politique dans sa démarche, ni même d’écologique. À part peut-être de faire parler un peu de la situation au Tibet, puisqu’il récolte de l’argent pour cette région via son site, et de prouver qu’il y a du bon et du mauvais dans chaque peuple et pays. Un combat contre les préjugés, en somme.

“En Hongrie, les personnes qui m’accueillaient m’ont interrogé sur la suite de mon parcours. J’ai répondu que j’allais en Roumanie. Mes hôtes se sont alors écriés : ‘Mais tu es fou, ne vas pas là-bas, il y a les Roms, leurs chiens, la mafia… c’est très dangereux !” raconte-t-il. “Mais je me suis tellement plu en Roumanie que j’y suis resté quatre mois ! Je n’ai jamais craint pour ma sécurité. Et les Roumains m’ont à leur tour alerté des risques que j’encourais à passer par l’Iran et le Pakistan. Je crois que lorsque les gens disent qu’un pays est dangereux, c’est généralement parce qu’ils n’y sont jamais allés.”

À pied, pour prendre le temps
Son ancienne vie, c’est celle de la plupart des gens : travail, famille, amis… N’ayant pas fait d’études, Stephan a exercé différents petits boulots. Le dernier en date : vendeur en prêt-à-porter. “Avant, je partais en vacances comme tout le monde : deux semaines à la plage et en avion”. Mais il y a trois ans, c’est le déclic. Suite aux conseils de quelques amis, il décide de suivre le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Sept semaines de marche, accompagné d’une amie, au cours desquelles il a découvert sa nouvelle passion : marcher.

“En prenant l’avion on ne rencontre presque que des touristes. Lorsque l’on marche, on rencontre beaucoup de gens. On passe par de très petits villages. On prend le temps de se connaître”, constate-t-il. “Voyager ainsi permet d’appréhender les changements lentement, de se rendre compte petit à petit des passages de frontière. On remarque des petits détails. À Istanbul, on se rend compte que les visages commencent déjà à ressembler à l’Asie.”

Sans argent, pour être au plus près de l’humain
Stephan voyage sans argent. Ses besoins élémentaires sont satisfaits par la générosité des habitants qu’il rencontre : “Lorsque j’ai faim ou soif, je demande aux personnes que je croise de me donner quelque chose à manger ou à boire.” Et lors de ses haltes dans les grandes villes, il fait des petits boulots. À Istanbul, il a rejoint le collectif des free hugers, qui proposent aux passants de les étreindre gratuitement ou contre une lira. Il a ainsi récolté 21 TL en une journée. Il s’arrête aussi parfois dans des écoles, et après l’accord de la direction, raconte son périple aux élèves.

Il a alors des tonnes de souvenirs improbables, d’exemples extraordinaires de générosité et d’hospitalité. Il lui faudrait plus d’une vie pour les raconter tous. À l’image de ce banquier hongrois qui, poussé par la curiosité devant cet étranger et son gros sac à dos, l’a abordé durant un concert en plein air. “Après quelques questions, il m’a laissé écouter le concert. Il est revenu à la fin, me proposant de m’héberger et m’a invité au restaurant. J’ai passé un excellent moment.”

La règle d’or : pas de plan précis
Afin de pouvoir se laisser aller à l’imprévu des rencontres et des expériences, Stephan n’a pas de plan précis. Ses visas, il les prend au fur et à mesure, “le plus tard possible”. Autrement, il devrait arrêter des dates précises, être moins flexible. Que pense-t-il faire après son voyage ? Il n’en a aucune idée. “Pourquoi ne pas aller encore plus loin que le Tibet ?” Au départ, il pensait que son aventure durerait deux ans. Désormais, il parle de trois. Mais rien n’est encore décidé.

Pourtant, le jeune homme est loin d’être un frêle rêveur comme en atteste sa carrure, témoin des mois passés sur la route avec tous ces kilos sur le dos. Pas même un hippie. Ou alors une version moderne, car inséparable de son i-Phone, grâce auquel il communique avec ses proches, met à jour son blog, publie ses photos. Souriant, humble mais avenant, franc comme son crâne saillant, il respire la santé. En guise de préparation physique, rien de particulier. Si ce n’est d’être déjà sportif (volley, marathon…) Et comme s’il n’avait pas déjà assez marché, il a voulu faire le marathon d’Istanbul. “Mais seulement 15 km. Traverser le pont à pied faisait partie de mes rêves.”

Après Istanbul, il cherche à passer l’hiver au sud, et s’est déjà mis en route pour Antalya. Sur son blog, uniquement en allemand, une carte régulièrement mise à jour permet de suivre son parcours (image ci-desssus). Ainsi, ceux qui le souhaitent peuvent le rejoindre et l’accompagner dans son voyage.

Lorsqu’on lui demande s’il connaît l’émission “Ce soir, j’irai dormir chez vous”, animée par Antoine de Maximy, Stephan s’exclame : “Oui, c’est exactement ce que je vis ! Parfois je suis comme lui, assis chez des personnes que je ne comprends pas, j’observe, je souris, je suis l’attraction, mais je m’amuse énormément.”

Fanny Fontan (http://www.lepetitjournal.com/istanbul.html) mercredi 28 novembre 2012

 
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