“A l’aube de 2009, si nous devions élire les meilleurs albums de l’année passée en fonction de leur qualité musicale, de l’intimité de leur contenu et de l’importance de ce qu’ils apportent à leur audience, le premier album “Jazz Istanbul” de la chanteuse Jülide Özçelik en ferait sans aucun doute partie”, écrivait Fulya Özlem dans Today’s Zaman. Près d’un an après la sortie de son deuxième album, intitulé tout simplement “Jazz Istanbul 2”, elle chantera exceptionnellement au Nardis ce soir. Chaleureuse et pudique, à l’instar de sa voix, Jülide Özçelik se livre au jeu des questions/réponses

Lepetitjournal.com d'Istanbul: Comment êtes-vous devenue chanteuse ?
Jülide Özçelik:
Je suis née à Istanbul en 1975. J’y vis toujours avec mon mari et nos deux filles. Je n’étais pas destinée à la musique mais j’en ai toujours écouté énormément. Chanter était une évidence. Mes parents ne m’ont absolument pas soutenue. J’ai dû me battre et leur tenir tête. J’ai commencé ma formation musicale au département de musique pop du Müjdat Gezen Arts Center, et obtenu mon diplôme en 1998. La même année, j’ai réussi le concours d’entrée au département de musique de l'université de Bilgi et décroché une bourse d’étude. En Turquie, il n’y a pas vraiment d’autre alternative en matière de formation musicale, ni d’école de jazz. Intégrer ce cursus constituait pour moi le meilleur moyen d’enrichir ma technique vocale et mes connaissances de la musique classique turque, entre autres.

Crédit photo Tuncay Gülcü

Qui vous accompagne sur scène et sur vos albums ?
Mon groupe est constitué d’amis de longue date, notamment Cem Tuncer, guitariste et arrangeur. Nous étions dans la même classe à l’université de Bilgi. J’ai rencontré les autres musiciens au fil du temps. M’accompagnent donc au piano : Ercüment Orkut, (Genco Arı sur le premier album), à la basse Kağan Yıldız, et à la batterie, Alpdoğan Türeci (qui remplace Ediz Hafızoğlu).

La richesse de vos deux albums, sortis respectivement en 2008 et 2012, provient sûrement de leur caractère hybride. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Les deux albums ont été produits et distribués par le label Kadıköy Müzik Yapım, spécialisé dans les musiques alternatives. Il s’agit du label créé par mon mari Bahadir, et son frère. J’avais depuis longtemps envie de rassembler mes deux passions : le jazz et le folk anatolien (halk müziği). Il n’y avait pas tant d’autres exemples alors je me suis dit “Pourquoi pas ?” Sur chaque album, la moitié des titres s’attache donc à transposer ces chansons anatoliennes en jazz. Quant au reste, il s’agit de mes compositions (texte et musique).

Justement, de quoi parlent vos chansons ?
Des problèmes quotidiens des êtres humains. Pas seulement d’amour ! (sourire) La chanson Sıradan bir gün (Une journée ordinaire), sur le premier album, est une invitation au retour à l’innocence pour contrer la routine. J’ai aussi écrit deux chansons pour mes filles, une sur chaque album : Nisan Valsı et Zeynoş Funk.

Quelle est selon vous la particularité du jazz turc ?
Y a-t-il un jazz turc ? (rires) Malheureusement, la plupart des jazzmen turcs reprennent les standards. Seuls quelques-uns essaient de créer quelque chose de différent, comme  Erkan  Oğur, Cenk Erdoğan, Bilal Karaman… Lors du Festival de jazz d’Istanbul en juillet, le bassiste Marcus Miller a joué aux côtés du clarinettiste Hüsnü Şenlendirici. Je crois qu’ils nous ont montré ce que pourrait être le jazz turc. Un équilibre harmonieux entre les rythmes et sonorités orientales et anatoliennes, et un swing et des accords incontestablement jazzy.

Votre standard préféré ?
I concentrate on you
, par Carmen Mc Rae.

Arrivez-vous à vivre uniquement de la musique ?
Pas vraiment non, et de moins en moins. C’est d’ailleurs pour cela que Bahadir travaille désormais pour des compagnies turques en Irak. La musique alternative n’est pas soutenue en Turquie. Les sponsors préfèrent les genres plus commerciaux. C’est dommage, je crois qu’ils devraient plutôt choisir la qualité.

Vous serez ce soir au Nardis. Quel album allez-vous jouer ?
Les deux ! Et puis peut-être un ou deux standards. Le concert est déjà complet. J’ai même reçu un mail d’un “fan” de Trabzon qui a acheté ses billets d’avion exprès et n’a pas pu acheter de place pour le concert.


Fanny Fontan
(http://www.lepetitjournal.com/istanbul.html) lundi 19 novembre 2012

Retrouvez Jülide sur son My Space.
Le “Roméo et Juliette” turc, Mecnunum leylamı gördün, extrait du premier album.

En live au festival d’Antalya en juillet dernier :
Zaman

Gizli Cennet
Şu Yalta'dan Taş Yükledim
Aç Kapıyı Gir İçeri

Bugün Neden Gelmedin

Crédits photos et vidéos Antalya : Tuncay Gülcü

 
Une internationale

ETUDES – Les parents les plus généreux avec leurs enfants sont français

Pour beaucoup de parents à travers le monde, payer les études de ses enfants est l’engagement le plus important. Cela passerait avant les factures ou la retraites. Mais qui sont les parents les plus prévoyants ? Et où sont les parents qui sont les plus respectueux du choix de l’orientation de l’enfant ?
Actu internationale
Actualités de nos partenaires
Expat
Expat - Emploi

CARRIERE ATYPIQUE - Anne Barraud, les pieds sur le terrain, la tête dans le potentiel humain

Créer de la synergie dans les équipes, il y a des gens qui savent faire ça en vrai ? Le métier d’Anne est de résoudre des problèmes sur lesquels on s’arrache les cheveux : LES PROBLEMES HUMAINS. Anne est une pure opérationnelle, il n’y a qu’une vérité à ses yeux : le terrain. Les hommes et les femmes. Qu’ils soient péruviens, français ou camerounais. Elle n’a fait qu’une bouchée du défi interculturel. 
Expat - Politique

GLOBAL PEACE INDEX - Seulement dix pays "en paix totale"

Qui veut la paix prépare la guerre. Ce n’est pas ce que semble affirmer le Global Peace Index de 2016. Si la situation des pays en guerre va en s’empirant, celle des pays en paix se serait améliorée. L’Islande, le Danemark et l’Autriche sont en tête de ce classement. En revanche, il resterait, à l’heure actuelle, seulement dix pays dans le monde qui ne seraient pas engagés dans un conflit interne ou externe à leurs frontières. 
Magazine
En direct de nos éditions locales