Hier, les rues de Dublin étaient envahies par des milliers d’étudiants, venus de toute l’Irlande. Une augmentation des frais d’inscription à l’université est annoncée pour 2011. Les jeunes se sentent menacés, et ont répondu par une manifestation exceptionnelle

Ils étaient 40.000 à défiler hier dans les rues de Dublin. 40.000 jeunes venus de toute l’Irlande pour défendre leur droit à l’éducation. En effet, l’année prochaine, les frais d’inscription à l’université pourraient bien passer de 1.500 à 3.000 euros, alors que les bourses se verraient rabaissées de 10%. Les Irlandais pourraient être nombreux à quitter le pays pour terminer leurs études et trouver un emploi. D’où le slogan du rassemblement : "Education, not emigration", scandé par une masse de tee-shirts jaunes et d’étudiants maquillés.

Photos : Céline Pastezeur
Selon l’Economic and Social Research Institute (ESRI), 150.000 Irlandais émigreraient d’ici 2015. Rick Rossiter, président de l’Union of Ballyfermot College, à Dublin, explique : "On ne veut pas que les gens quittent l’Irlande comme ils l’ont fait dans les années 60 et 70, mais c’est ce qui nous pend au nez. Un jeune sur trois est au chômage, il n’y a pas de travail ici. Donc il faut bien partir là où il y en a, vers le Canada ou l’Australie." Et les politiques n’inspirent pas la confiance des étudiants, qui ne se sentent pas pris en considération. "Le gouvernement cherche à combler ses dettes par tous les moyens", souligne Rossiter, "Il semble préférer sauver les banques plutôt que ses étudiants."

Les Irlandais adoptent la "french way"

Depuis plusieurs mois, le syndicat étudiant Union of Students in Ireland (USI) prépare sa contre-attaque. Une large campagne, menée aussi bien dans les universités que sur les réseaux sociaux, a poussé les étudiants à se rassembler hier dans le centre de la capitale, jusque devant les bureaux du gouvernement. Ensemble, ils ont marché pour manifester leur inquiétude et leur colère. On pouvait lire sur les nombreuses pancartes et banderoles un fort sentiment d’ironie, comme l’illustre par exemple le slogan "Daddy won’t pay (Papa ne paiera pas)". Certains distribuaient aussi des tracts, sur lesquels on pouvait lire que les manifestations françaises "sont un exemple pour tous en Europe".

Un avenir bien incertain pour les étudiants

D’autres, plus percutants, faisaient directement allusion à l’impossibilité pour les étudiants de couvrir leurs frais de scolarité. Selon une étude réalisée par Bank of Ireland, quatre ans d’études coûteraient 42.000 euros, tandis que le niveau maximum de bourses ne s’élève qu’à 24.000 euros pour la même période. La solution, pour la majorité des jeunes, est donc de trouver un emploi à temps partiel. Colm, étudiant à l’Institute of Art Design & Technology de Dun Laoghaire, travaille dans un pub chaque week-end. Il bénéficie pourtant d’une bourse et de l’aide de ses parents.

Clodagh, de la National University of Ireland de Galway, avoue être complètement perdue. Si la réforme passe, elle ne sera pas capable de payer ses frais d’inscription. Elle envisage alors de travailler à temps plein dans la boutique où elle est déjà employée quelques heures par semaine. Selon elle, le futur n’est pas rassurant : "Sans diplôme, pas d’emploi. Sans emploi, pas d’avenir". Elle est venue de Galway spécialement pour la manifestation, avec plus de 1.000 autres étudiants de son université. Ce rassemblement a eu lieu à un moment stratégique. Le budget sera annoncé le 7 décembre prochain. Il était donc grand temps pour les étudiants de se faire entendre et de faire pression pour que le gouvernement change ses plans.

Marie Villacèque et Céline Pastezeur (www.lepetitjournal.com/Dublin) Jeudi 04 novembre 2010

Pour plus d'information, consulter le site de la manifestation : "Education, not emigration"

 
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