Fascinés par la dimension artistique et pittoresque des panneaux commerçants du Cambodge, Christian et Sophie Provoost sont allés à la rencontre des personnes qui se cachent derrière ces enseignes hautes en couleur. Ils ont réuni leurs portraits dans le recueil illustré Carnet de rencontres au Cambodge : au fil des routes, paru aux éditions Tuk-Tuk. Voici celui de Mme Sok Ang, guérisseuse d'hémorroïdes basée à une trentaine de kilomètres de Phnom Penh.

L’enseigne, plantée à l’entrée de la maison-clinique sur pilotis de Madame Sok Ang est tout à la fois sobre et très explicite.

Madame Sok Ang est une "krou", c'est-à-dire un maître dans son domaine. Depuis vingt ans, elle traite les personnes souffrant d’hémorroïdes. Elle a appris ce métier peu courant au Kampuchéa Krom, auprès du krou qui l’en a guérie. Au terme de ses soins, le krou a accepté, contre rémunération, de l’initier à sa pratique. Elle a dû pour cela hypothéquer la maison familiale qui se trouve à une trentaine de kilomètres au nord de Phnom Penh, au bord du fleuve Mékong.

Madame Sok Ang est assise les jambes pliées sur le côté, sur le lit-table-bureau du rez-de-chaussée de sa maison de bois. Elle raconte que ses premières années de pratique, elle les a passées essentiellement à vélo, sillonnant les chemins de terre de la campagne environnante pour rencontrer ses malades à leur domicile. Elle dit avoir ainsi parcouru des milliers de kilomètres, le temps d’asseoir sa réputation et son expertise. Aujourd’hui, ce sont les patients qui viennent à elle. Nombreux. Certains même depuis le Ratanakiri, la province septentrionale du Cambodge. D’autres viennent du Vietnam. "Et puis aussi des Chinois" dit-elle, non sans une pointe d’orgueil, pour immédiatement ajouter : "Mais je ne peux pas les accueillir car ils sont exigeants. Ils me réclament des chambres avec climatisation, le temps de leur traitement...".

Le traitement en lui-même dure environ quatre jours, suivant le type d’hémorroïdes et l’avancée du mal. La base du traitement reste néanmoins identique et consiste en l’application locale d’une pommade faite à base de poudre blanchâtre dont Madame Sok Ang, suspicieuse, refuse de dévoiler la composition.

Chenda, une patiente encore alitée, doit repartir aujourd’hui à Kompong Speu, au terme de son traitement. Ang certifie que, des milliers de patients soigneusement répertoriés passés entre ses mains, aucun n’a fait de rechute. A leur départ, elle leur prescrit quelques antalgiques et leur prodigue des conseils diététiques préventifs. "Je préconise pour une semaine d’éviter les fruits de mer, les coquillages d’eau douce, les crabes salés, le prahok, le kapik et le mamm**". "Les patients ne me payent que s’ils guérissent" garantit-elle.

Aucun des quatre enfants qu’elle a eus avec son mari Kong Vuthy ne souhaite prendre la relève. "Alors, je revendrai mon expertise au plus offrant", se résigne Madame Sok Ang.

Un jour, une Américaine d’origine cambodgienne venue se faire soigner lui a proposé de passer six mois aux Etats-Unis pour y exercer ses talents. Son mari ne souhaitant pas la voir partir, Madame Sok Ang a dû renoncer. Le krou qui l’avait initiée, lui, est parti aux Etats-Unis il y a quelques années, en laissant sa famille au Kampuchéa Krom.

Extraits de Carnet de rencontres au Cambodge : au fil des routes, de Christian et Sophie Provoost : lire la chronique du livre

 
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