Co-réalisé par Bruno Deniel-Laurent et Guillaume Orignac, Cham est le premier documentaire à s’intéresser au destin des Musulmans du Cambodge sous le régime de Pol Pot. En libre accès sur le web, le film suit le travail de l’ONG Adhoc, qui recueille des témoignages de la communauté chame sur les exactions subies sous la dictature des Khmers rouges. Les deux réalisateurs reviennent sur le tournage du documentaire et ses principaux enjeux.

C’est en 2004, suite à la rencontre de l’un des gardiens d’une mosquée d’Oudong, puis à la lecture des travaux de l’anthropologue Emiko Stock, que Bruno Deniel-Laurent fait la connaissance des Chams, communauté musulmane du Cambodge. Au fil des discussions avec Guillaume Orignac, l’idée initiale de réaliser un documentaire ethnographique sur les Chams s’est ''peu à peu transformée et recentrée sur la question du sort spécifique de cette minorité sous le régime de Pol Pot''. Aucun film ne s’était jamais intéressé à la question. ''Le moment était opportun pour aller y tourner, d’autant plus que la phase d’instruction pour le dossier n°2 du Tribunal Special des Khmers Rouges avait débuté'', précise Guillaume Orignac.

Les deux réalisateurs s’attèlent alors à la préparation du documentaire, avec d’abord l’ambition de recueillir directement les témoignages des survivants. Mais très vite, ils prennent conscience de la difficulté à faire parler des témoins en tant qu’étrangers, la plupart de ces témoins n’ayant même ''jamais parlé de ce qui leur était arrivé à leur propre famille''. Hisham Mousar, juriste franco-cham qui travaille sur la question avec l’ONG Adhoc, leur apparaît comme l’intermédiaire idéal. Dès lors, le documentaire est recentré sur le travail de l’Adhoc pour recueillir la parole des survivants Cham, et montre exclusivement les interrogations menées par Hisham. ''Le film ne doit pas être pris comme une enquête sur le sort subi par les Chams, même si nous espérons qu’il apporte des éléments sur le sujet. Il s’agit plutôt de l’enregistrement d’un processus très particulier : la transformation d’une mémoire intime en une autre collective où chaque témoignage est repris selon des formes juridiques pour avoir valeur de plainte dans le cadre du procès contre les Khmers Rouges'', explique Guillaume Orignac.

Filmé sans artifice, chaque témoignage permet néanmoins de pointer des problématiques différentes sur la condition des Chams sous le régime des Khmers rouges. Himm Mam, l’un des survivants, se souvient des cadavres qu’il a dû manger avec sa femme pour survivre. A Hisham, oubliant la caméra, dit explicitement l’horreur que l’on devine sans oser se la représenter.

No Satas, une autre des protagonistes du documentaire, découvre grâce à l’entretien l’existence d’un tribunal pour juger les anciens dirigeants khmers rouges, et la possibilité pour les victimes de se porter partie civile. Elle évoque aussitôt sa volonté de voir appliquer une peine capitale à l’encontre des dirigeants. Bruno Deniel-Laurent remarque cependant : ''Elle a intégré, au fur et à mesure de son parcours judiciaire, certains enjeux du procès. A la suite de son dépôt de plainte et de sa prise en charge par maître Olivier Bahougne, elle a participé à plusieurs réunions publiques au sein desquelles elle a encouragé les victimes, notamment les femmes, à se constituer partie civile, insistant sur les bénéfices cathartiques de cette 'libération de la parole'.''

Libération de la parole d’une part, enjeux juridiques d’autre part : le témoignage de la communauté Cham a beaucoup à apporter dans l’historiographie de l’épisode khmer rouge. La reconnaissance judiciaire du génocide des Chams n’est intervenue qu’en 2010, après la réalisation du documentaire, il y a deux ans : c’est dire que tout reste encore à voir, à entendre et à écrire.

Voir le documentaire :
- Cham, première partie
- Cham, seconde partie

Céline Ngi (http://www.lepetitjournal.com/cambodge.html) Lundi 13 août 2012

 
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