Singapour

ECO-TOURISME – Kathy Xu, The Dorsal Effect

Ancienne institutrice, Kathy Xu, 32 ans, a tout arrêté pour fonder The Dorsal Effect, une entreprise sociale dont le but est de lutter contre le shark finning en offrant aux pêcheurs une alternative par l’éco-tourisme. L’aventure a commencé en 2013 dans le village de Tanjung Luar à Lombok, connu pour son marché aux requins. Echange avec une passionnée qui ne ménage pas ses efforts pour protéger l’environnement.

Kathy XuDans quelle circonstance vous êtes-vous lancée dans l’aventure de Dorsal effect ?

- C’est partie d’une expérience merveilleuse, celle de nager un jour à coté d’un requin baleine et d’une autre, choquante, lorsque j’ai découvert comment, sur le marché de Tanjung Luar à Lombok, les requins étaient découpés à la machette pour servir les amateurs d’ailerons de requins. 100 millions de requins sont ainsi tués chaque année. A Singapour, je me suis d’abord engagée dans l’association Shark savers puis j’ai eu cette idée de développer sur place une activité d’éco-tourisme qui permettrait de proposer aux pêcheurs de vivre du tourisme plutôt que de la pêche aux requins.

Comment ce projet initial d’éco-tourisme s’est-il développé ?

- Nous organisons en moyenne une excursion par mois. C’est ce qui nous permet d’exister encore aujourd’hui et de faire travailler à plein temps un pêcheur, Suhardi, dont le salaire est assuré intégralement par le projet et qui, ce faisant, a abandonné la pêche au requin. C’est une première victoire, mais l’activité d’éco-tourisme aujourd’hui n’est pas suffisante pour assurer la pérennité de l’entreprise et proposer à tous les pêcheurs du village, une vraie alternative économique qui leur ferait abandonner la pêche aux requins.

Parallèlement à l’éco-tourisme, j’ai travaillé avec des écoles singapouriennes pour mettre en oeuvre des programmes d’éducation environnementale. En novembre 2014, nous avons ainsi accueilli à Lombok un groupe de 25 élèves de la SST (School of Science and Technology) sur le thème de la conservation marine. Ce premier groupe ayant été un succès, nous en avons accueilli un second, de la même école, l’année suivante. En 2016, nous accueillerons deux grands groupes d’étudiants de NUS (National University of Singapore) et SMU (Singapore Management University). Cette nouvelle orientation est prometteuse pour l’avenir. Non seulement elle apporte de l’activité, mais elle permet aussi de sensibiliser les jeunes générations à la protection des océans et des requins.

Comment ça se passe sur place, concrètement ?

- Chaque tour comprend le transport aller/retour depuis le lieu d’hébergement, une excursion en mer à la journée pour découvrir les paysages du littoral de Lombok et l’écosystème marin. J’ai un interlocuteur sur place, Agus, qui s’occupe de la logistique et j’essaye d’être présente à chaque fois. Nous avons besoin d’un minimum de 4 personnes pour pouvoir assurer une sortie, et nous mettons à disposition le nombre de bateaux nécessaires en fonction de la taille du groupe, avec un maximum de 6 personnes par bateau.

Qu’est-ce qui vous motive ?

- Je suis toujours motivée et heureuse de faire quelque chose pour un monde meilleur. Je veux vivre dans un monde où les générations futures pourront encore voir des requins vivants dans les océans. Ce n’est pas toujours facile et c’est parfois frustrant de constater que l’activité ne se développe pas suffisamment, mais ma volonté est intacte, et l’expérience reste passionnante malgré les difficultés. Il y a aussi les réactions positives des touristes et des étudiants qui sont venus, qui ont vraiment appris et ressenti quelque chose. Cela me donne de l’énergie pour poursuivre. Ma plus grande joie, c’est de voir comment ce pêcheur, Suhardi, est devenu conscient de la nécessité de protéger les requins et l’écosystème marin.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

- J’ai cette grande utopie d’arrêter la pêche des requins partout dans le monde. Je suis en train de monter le même type de projet à Taïwan, qui est le quatrième pays au monde à exterminer les requins pour en prélever les ailerons. En Indonésie, mon projet est de continuer de développer l’éco-tourisme à Lombok tout en montant des programmes de conservation marine avec les écoles locales, pour sensibiliser les nouvelles générations. Je rêve aussi de travailler avec le gouvernement indonésien pour la création d’espaces protégés et de parcs marins supplémentaires.

Cécile Brosolo (www.lepetitjournal.com/singapour) mercredi 6 juillet 2016

Reprise de l'article paru dans le magazine Singapour n°7 Une jeunesse Singapourienne. Numéro disponible gratuitement à Singapour dans les endroits référencés ICI et téléchargeable sur ISSUU.

Mag Singapour 7

 
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