Singapour

SINGAPOUR - Ré-imaginer l’économie

 

Que sera Singapour dans 20, 25 ou 50 ans ? Quelle vision Singapour projette-t-elle pour les décennies à venir ? Championne auto-proclamée du design et de la smart city la cité-Etat se trouve confrontée à un défi inédit : celui, après s’être donné les moyens de rattraper et, sur un certain nombre d’aspects, dépasser les nations les plus économiquement avancées, de devoir désormais « ré-imaginer » son avenir et les chemins de la croissance et du plein emploi en dehors des chemins balisés.

Les grands chantiers de Singapour pour maintenir la croissance et les emplois

PSA Port - Photo (c) PSA
Port de Singapour - Photo (c) PSA

Quand il s’agit d’imaginer le futur, Singapour passionne parce qu’elle réussit à marier la vision des experts et les attentes de l’homme ou la femme de la rue, à travailler la complexité comme une glaise qui peu à peu révèle, en synthèse, une forme ou plusieurs dans lesquelles pourra s’incarner l’avenir. Dans le livre « SG50 ré-imaginer le futur », écrit au moment du jubilé de Singapour, Joachim Sim avait demandé à 26 leaders, chacun dans leur  domaine de spécialité, de livrer leur perspective de l’avenir. Les textes réunis parcouraient les champs de la politique, de la société, de l’économie, de la culture, de l’éducation, de l’infrastructure, de l’environnement, des ressources et de la sécurité en suggérant autant d’ « ImagiNations »  (Imagining Singapore as a peaceful, caring, prospering… nation). Ce qui retient l’attention, c’est qu’à Singapour comme ailleurs, mais plus sans doute qu’ailleurs, la prospective est une question de survie. Le rapport du Comité pour la Future Economie (CFE) ne le dit pas autrement, qui souligne dans son introduction « Nous sommes dans une ère de changements rapides, avec des cycles d’innovation raccourcis. De nouvelles technologies supplantent des industries entières déplaçant toute leur main d’œuvre, même si elles créent de nouvelles opportunités. Le développement récent de Uber et Grab montre comment les robots et les programmes d’intelligence artificielle déplacent des emplois de routine dans la fabrication comme dans les services ».

L’ambition est de donner à Singapour les moyens de poursuivre sa croissance tout en réduisant sa dépendance à la main d’œuvre étrangère et en développant les qualifications des emplois offerts aux Singapouriens. L’équation est incontournable, qui fait de la productivité le sésame de la réussite totale du modèle dont rêvent les Singapouriens, celui d’un pays riche, dans lequel la qualité de vie est soutenue par de hauts revenus et par un ensemble d’aménités, de produits et de services de grande qualité proposés au meilleur prix.

 

Ouverte et attractive

Dans son rapport, remis en 2017, Le Comité pour la Future Economie (CFE) définit 7 stratégies interdépendantes. Celles-là portent sur l’inter-connection nécessaire avec les autres économies, le développement des compétences (skillsfuture), la capacité des entreprises à innover et à changer d’échelle, le numérique, la cité, la transformation de l’industrie et les partenariats. L’image qui en ressort est celle d’une économie ouverte qui, en dépit des tentations protectionnistes de nombre de ses partenaires commerciaux, doit s’attacher à le rester. Une économie dont le succès et l’attractivité restent fondés sur la qualité de ses infrastructures, bien dimensionnées et intelligentes, sur la qualification des personnes, et sur le caractère très exclusif de son double statut de Capitale et d’Etat qui en font un laboratoire exceptionnel pour tout ce qui touche au développement urbain. Une économie dynamique qui attire les talents, offre aux start-ups un écosystème nourrissant et favorise les changements d’échelle à grande vitesse.

 

23 feuilles de route pour la transformation de l’économie  

Sur la transformation de l’économie, les  travaux du comité ont débouché sur la mise en œuvre d’une démarche prospective par secteur, avec à chaque fois une même méthode, celle d’associer à la réflexion toutes les parties prenantes, et une même feuille de route ( passer en revue les sources de croissance et de compétitivité, l’innovation, l’internationalisation, la productivité, les emplois et les compétences, le support du gouvernement), mais avec l’idée que chaque secteur économique développe, au vu de ses spécificités, un scénario qui lui soit propre. A terme  les ITM’s (Industry Transformation Maps) devraient couvrir 23 secteurs de l’économie, dont 8  avant la fin 2017. Dans un secteur comme celui de l’alimentation et la restauration qui, si on inclut les hawkers, représente 5% des emplois à Singapour et un potentiel de 2% d’amélioration de la productivité d’ici 2020, la feuille de route (ITM) a pris un aspect très concret avec le lancement d’un appel d’offres pour l’équipement de coffee shops sur 2 sites à Tampines et Choa Chu Kang qui mette l’accent sur l’innovation. Rêve de restaurants dont la main d’œuvre trop étrangère et pas assez qualifiée aura déserté les aires de plonge, celles des caisses, des comptoirs d’enregistrement des commandes, et jusqu’au service à la place. L’avenir dira si, en l’espèce, le futur est souhaitable.

 

Bertrand Fouquoire, www.lepetitjournal.com/singapour, Mercredi 19 Juillet 2017

Reprise de notre article paru dans le magazine SINGAPOUR n°09

 

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PSA Port - Photo (c) PSA

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